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Tirez sur l’ambulance… Feu !

Tirez sur l'ambulance... Feu !

Après avoir dit tout et n’importe quoi sans rien savoir, nos informateurs préférés, les chaînes d’information continue, voilà que nous apprenons que ce n’est plus un dangereux dépressif qui a tué en se suicidant près de 150 personnes mais un tueur avec préméditation… Sympa l’aventure, non ? Que ce type veuille « changer le système » ou « laisser son nom dans l’histoire » retire toute crédibilité aux premiers propos sur sa fragilité psychologique, non ? Peut-on être à la fois dépressif et calculateur ? La réponse vient de nous être violemment communiquée par ce personnage pour le moins étrange. Mais une fois encore le problème est-il vraiment là ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Pourquoi tentons-nous de décortiquer tout ce fatras d’informations contradictoires ? Beaucoup de pourquoi que peu de gens se posent…

Tout d’abord voyons les faits. Le premier qui m’intéresse est que le temps amène un flot de connaissances à la fois sur le personnage comme sur sa conduite. Première conclusion, pourquoi les journalistes éprouvent le besoin de donner des infos trop partielles et non vérifiées dès qu’un accident, ou un quelconque événement arrive ? Tout simplement parce qu’il y a suffisamment d’imbéciles pour les écouter et les regarder en boucle, la preuve que cela fonctionne et leur rapporte beaucoup d’argent, mesurez le temps réservé à la publicité sur ITélé ou BFM, c’est un fait la pub a pris le pas sur la qualité des nouvelles transmises. On occupe le terrain pour mieux vendre ses espaces publicitaires en faisant croire que le bruit est de l’information. Alors que si l’enquête avait été mené de façon paisible et déterminée, nous aurions eu, certes plus tard, toutes les « vraies » infos en une seule fois et après vérification.

Revenons sur les faits. Un type, dépressif confirmé, en arrêt maladie dissimulé, ayant dans l’idée de marquer de son empreinte sa propre époque en faisant donc preuve d’un ego assez important, éprouvant une rancœur à assouvir contre un système qu’il veut changer, écrase un avion transportant des passagers qui lui sont inconnus sur le flanc d’une montagne. Voilà en une phrase ce qui s’est vraiment passé après avoir reçu de façon partielle un agrégat de stupidités que l’on croyait informatives alors qu’elles ne faisaient que cacher une réalité qui n’apparut qu’après 5 jours de recherches et d’enquête. Ceci prouve qu’il faut laisser le temps au temps pour éviter de dire trop de bêtises. Maintenant, il nous faut répondre à la question que peu ou aucun ne se pose, pourquoi tout ça ? Qu’un pilote soit dépressif, quoi de plus normal, le choix de ce métier ne met pas ses pilotes à l’abri des accidents de la vie, quels qu’ils soient. Ce n’est pas parce qu’ils sont aux commandes d’un avion que ce sont des surhommes, chose qui est souvent dans l’imagerie provoquée par ce métier tant envié et qui fait rêver les enfants.

Par ailleurs, j’attire votre attention sur la grève qui a lieu actuellement parmi les pilotes de la Lufthansa et ceci depuis un mois. Personne n’a relevé le fait que le pilote suicidaire ou assassin, comme d’autres le disent et ce que je ne crois pas, n’avait fait « QUE » 630 heures de vol entre septembre 2013 et le jour du crash. Ce qui signifie que ce pilote volait depuis 19 mois sous les couleurs de Germanwings, filiale à bas coût de la Lufthansa. 630 heures en 19 mois, cela donne à peine plus de 33 heures par mois. Il serait intéressant de voir les fiches de paie de ce pilote dont on dit tout et n’importe quoi. Car l’Allemagne, cet exemple que nos autorités de droite et de gauche n’arrêtent pas de nous donner, voit tout d’abord exploser les dépressions depuis les baisses drastiques des salaires, ensuite remet au travail des retraités qui pour la majorité ne touchent pas plus de 500 € par mois pour 40 heures par semaine et qui eux-aussi commencent à souffrir psychologiquement de cette triste situation. Elle est belle l’Allemagne au PIB resplendissant, non ?

C’est peut-être ce système-là que le pilote « fou » voulait changer, en tout cas je suis convaincu ce système mériterait de changer. Pas de la manière choisie par notre pilote suicidaire mais nous devrions le changer avant d’autres suicides, d’autres morts inutiles… pour de l’argent.

Un autre point est intéressant est la volonté de « marquer l’histoire » de ce pilote. En plus de la dépression et du règlement de compte qu’il voulait réaliser contre le système, il avait aussi l’envie de participer à cette fête du superficiel que représente notre société de voyeurs et d’exhibitionnistes. Cela participe certainement aussi du chemin de croix d’un dépressif qui se voit négligé, oublié, mis sur le côté alors que des gens, encore plus bêtes et stupides que lui pense-t-il, sont sur le devant de la scène et en tirent des profits incroyables et une vie qui semble de rêve. Comment ne pas comprendre que nos jeunes, qui voient le train de vie de leurs stars et la déification de tous ces farfelus qui se précipitent devant les caméras alors qu’ils n’ont rien à dire ni à montrer qui ait quelque valeur pour le monde qui les entoure. Encore une fois, tous ou presque tous les jeunes aimeraient devenir des vedettes, qu’y a-t-il d’étrange à cela, les feux de la rampe, les strass, la reconnaissance populaire, on peut le comprendre à l’heure du chômage dont la courbe n’est pas prête à se retourner.

Dernier point que je veux aborder, la persistance de notre passé dans l’esprit des attardés mentaux qui parlent pour ne rien dire sous couvert d’un pseudo droit à l’information. Qu’est-ce que je veux dire par là, semblez-vous me dire… C’est simple, les êtres humains et en particulier en France, où le culte de l’histoire pérennise cet « art de vivre », n’acceptent pas la rédemption s’ils n’en sont pas les bénéficiaires. Nous n’acceptons pas qu’un ancien prisonnier de nos geôles ou qu’un ancien dépressif puissent être redevenus aussi normaux qu’on peut l’être dans notre société. Comment, en étant rejeté comme malade ou bandit se réinsérer dans une société qui craint ceux qui n’épousent pas les comportements dits « conventionnels » et ne l’oublient ni ne pardonnent jamais alors que ces gens ont payé pour leurs passés respectifs ? Pour finir, ne croyez pas que toutes ces informations arrivent par hasard, le fait est que maintenant il va falloir retrouver les véritables responsabilités et payer. Dès qu’il est question d’argent toutes les corruptions et malversations sont possibles. Lufthansa va devoir payer très cher sauf si elle prouve que ce pilote est un criminel qui de plus le serait avec préméditation… On n’a pas fini d’en parler, rendez-vous dans une quinzaine d’années pour en connaître l’issue… si tout va vite et bien.

N’oublions pas que tout cela peut nous arriver un jour et que juger n’appartient qu’à ceux qui ne commettent jamais d’erreurs et qui se réservent donc le jet de la première pierre. Non, je ne trouve aucune excuse au crime ou au suicide de ce pilote maudit. Mais comme à l’accoutumée la cause est cachée à nos yeux de paranoïaques lobotomisés, la véritable cause, la seule qui m’intéresse.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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