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« LA » Chronique du week-end… (142)

"LA" Chronique du week-end... (142)

Il est incroyable de voir comment les pays riches traitent les états qui le sont moins, par leur faute bien entendu. Je ne sais rien de ce qu'a fait la personne qui risque la peine de mort en Indonésie, et, en fait, je m'en moque un peu dans le sens où cela ne regarde que l'état et la justice où il est jugé, où il est ou sera puni. Bien sûr je suis contre la peine de mort, même si je ne suis pas certain de ne pas découper en tranches fines celui ou celle qui ferait du mal à un de mes proches, mais ce n'est pas pour être politiquement correct. Je suis contre la peine de mort juste parce que nous n'avons pas le droit de retirer la vie de quiconque, et que la meilleure façon de traiter de la violence n'est pas d'être aussi violent que ceux que nous devons sanctionner pour leur barbarie. Mais dans cette affaire, avons-nous le droit de juger la justice d'un pays libre de ses actes et de sa politique pénale ? Là est la vraie question !

Nous nous sommes donnés le droit à l'ingérence parce que nous sommes plus puissants que les autres et que nous pensons, voire que nous sommes convaincus, que nous sommes meilleurs que les autres. C'est un mélange d'arrogance et de mépris vis-à-vis de nos voisins de palier qui ne sont ni meilleurs ni pires que nous, ils sont humains. Que notre ingérence soit humanitaire, politique ou judiciaire, c'est une ingérence que nous ne tolérerions pas si nous en étions victimes. Qui est certain d'avoir raison, d'avoir tout compris et de tout savoir ? Personne et certainement pas nos hommes politiques dont les conduites sont orchestrées en fonction d'intérêts qui sont pour le moins troubles et à géométrie variable. Mettons-nous à la place des Indonésiens qui eux, à tort ou à raison, jugent que notre Français, surpris dans un laboratoire de drogue, est coupable. Nous ne connaissons rien du dossier mis à part la version donnée par l'avocat du coupable présumé et les médias mettent à leur sauce cette version qui ne fait part que de la défense de Monsieur Atlaoui. Imaginons-nous que nos coupables putatifs de nationalité étrangère fassent intervenir leurs gouvernements respectifs pour interférer dans nos décisions de justice ; comment réagirions-nous ? Comment réagiraient les Hollande, Taubira et autres prétentieux de notre microcosme « parisianniste » ?

Si un état indépendant doit tenir compte des avis des pays dont sont originaires les gens qui enfreignent leur droit, où est la justice et où est l'indépendance ? C'est bien notre puissance économique et militaire qui nous donne le pseudo droit de tancer et de menacer d'autres états moins forts que nous. Nous ne devons pas espérer être respectés si nous nous mêlons des affaires des autres, surtout si nous ne connaissons pas forcément les tenants et les aboutissants des affaires où nos ressortissants sont impliqués. C'est aussi par ingérence « démocratique » que nous avons semé la bestialité et la destruction partout où nous sommes passés, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, en Afrique noire de façon générale, enfin partout où nous défendons nos intérêts personnels contre l'intérêt général. Alors ce Monsieur est peut-être innocent, comme beaucoup des condamnés à mort qui croupissent dans les geôles américaines ou chinoises, ou saoudiennes ou qataries, etc. Mais il est peut-être aussi coupable et c'est à la justice d'en décider mais pas la justice française, celle du pays où il a été pris dans une situation plus ou moins étrange et explicable. Quand on voit le peu d'entrain que mettent nos services diplomatiques à défendre les droits des français pris en otages dans les pays du golfe, sous des prétextes que l'on sait contraires à nos propres principes, comment ne pas s'étonner de la vindicte de nos hommes et femmes politiques lorsque d'autres Français sont dans des situations similaires dans des pays qui n'investissent pas en France des sommes colossales.

Est-ce à dire que différentes catégories de français existent en fonction des pays avec lesquels nos intérêts sont plus ou moins liés ? L'ingérence est interdite par principe. Un pays libre et indépendant, gouverné par un dictateur ou pas, fait ce qu'il veut chez lui comme nous faisons ce que nous voulons chez nous. Et, jusqu'à preuve du contraire, je ne crois pas voir chez nous des raisons de donner des leçons à quiconque, fut-il Indonésien. Sous prétexte de démocratie, nous avons fomenté des troubles au Moyen Orient, sans même réfléchir aux conséquences de nos actes et sans nous préoccuper des suites à donner à nos investigations, à nos attaques armées, à nos comportements pour le moins aussi barbares que ceux contre qui nous les avons menés. Où est notre exemple ? Qui peut reprocher aux Indonésiens de vouloir faire régner l'ordre chez eux avec leurs propres méthodes fussent-elles contraires à nos principes chez nous ? Le mépris avec lequel nous traitons nos voisins moins riches et moins puissants que nous n'a d'égale que la fatuité de nos élus et leur médiocrité générale dans toutes les affaires qu'ils gèrent sous couvert d'un mandat que nous leur avons donné, bien légèrement, et qu'ils outrepassent avec gaîté et enthousiasme.

L'ingérence n'est que le droit que se donnent les riches sur la manipulation des pauvres et leur excuse dans les exactions que cette même ingérence génère chez ces pauvres qui ne demandent rien à personne.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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