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Liberté, qui es-tu vraiment ?

Liberté, qui es-tu vraiment ?

Je parlais hier de liberté mais encore faut-il savoir ce qu'elle représente. Par exemple, nous avons un corps, il est nôtre et à ce titre nous devrions l'utiliser à toutes fins qui nous plairaient. Il n'en est pas ainsi, car notre liberté se limite à celle des autres et leur manières particulières de la mettre en œuvre. Mais eux-aussi, tous ces autres que nous frôlons sans un sourire, sans aucune marque d'attention, sont libres mais ne peuvent faire ce qu'ils veulent sous le prétexte qu'ils doivent aussi respecter ma liberté. Autrement dit ce n'est pas une liberté totale que nous avons mais bien une liberté relative. D'une façon sociale, mais avant tout humaine, nous nous devons de ne pas faire à autrui ce que nous ne tolérerions pas que les autres nous fassent. C'est même tellement vrai que c'est dans le texte des droits de l'homme de 1793, les seuls que j'apprécie totalement.

Vous vous dites sûrement que je dois être piqué ou fêlé du casque pour ressasser ce mot sans cesse ? Vous avez raison, c'est le maître mot de ma vie, le seul qui mérite que nous nous battions pour lui. En fait, mon souci est autre, chaque jour je prends un peu plus conscience du fait que les êtres humains confondent tout, que la confusion règne de plus en plus dans leur esprit et cela me semble logique car ils n'ont plus ni le vocabulaire, ni la culture qui leur permettraient de rester zen et de parer à toutes éventualités. Nous ne savons plus parler, et en particulier les jeunes, nous savons encore moins écrire, et plus du tout les jeunes, seules les images comptent et tous les Dieux savent qu'il est facile de les trafiquer, de tricher avec elles. La résistance de la liberté est à ce prix qu'elle ne dépendra que de ceux qui l'auront comprise dans sa dimension philosophique. Cela ne signifie pas que nous soyons obligés de devenir tous de grands philosophes, je ne parle évidemment pas de BHL ou de ses frères de studios télévisuels, je parle ici de la vraie philosophie, celle intelligible par tous car reposant sur des vérités premières simples, très simples, aussi simples à expliquer qu'à la vivre. Ce serait vrai dans la mesure où chacun aurait au moins eu une idée de ce que pensaient et disaient les créateurs de la philosophie, nos antiques maîtres à tous.

Pour expliquer mon propos je prendrais l'exemple de la GPA, la gestation par autrui, l'enfantement par procuration, juridique et financière. Nous sommes libres de nos corps et de nos esprits, nous pouvons donc en jouir sans entrave, théoriquement, tant que nous ne gênons personne. Donc en quoi cela perturberait qui que ce soit si je me décidais à porter un enfant pour ensuite le donner à quelqu'un qui ne peut en avoir ? Mis à part le fait que je sois un homme, eh oui, personne n'est parfait, il me paraît difficile de croire qu'un enfant que l'on porte ait un prix, ait une quelconque valeur. Entendons-nous bien, je ne dis pas qu'un enfant intra-utérin n'a aucune valeur, je dis simplement que je ne comprends pas comment on peut fixer un prix à ce futur enfant. Ce qui rend les choses encore plus compliquées repose sur le fait que certains disent qu'un enfant existe à la naissance alors que d'autres pensent que sa véritable vie commence dès la conception. Pour mettre tout le monde d'accord, que l'enfant ait une existence à partir de telle ou telle date, comment fixe-t-on son prix ?

La question est encore plus large, quel est le prix d'une vie humaine, ou celui d'un organe qui sauve une vie, ou celui du morceau de peau compatible qui sert de cellule souche et va aider un grand brûlé ? Dans notre société où tout est économie, où tout est monétisé, tout est valorisé, il est difficile, voire impossible, de répondre à cette question. En fait cela dépend du marché si l'on en croit notre monde social-libéral de gauche comme de droite. Cela signifie que les yeux bleus vaudront plus que les yeux marrons, que les organes de gens blancs vaudront un prix et ceux de gens noirs un autre (je plaisante mais…), que le ventre d'une Espagnole vaudra moins que celui d'une Française lui-même inférieur à celui d'une Suissesse. Cela signifie que l'offre et la demande vont réguler un marché qui, comme tous les autres, n'a pas ou si peu de règles éthiques. Je vois déjà dans les pays du Maghreb ou d'Afrique ou d'Asie des poulaillers humains ou des mères porteuses seront parquées dans leurs petites cages dans l'attente de leurs accouchements à répétition, rançonnées par des mafieux qui graisseront les pâtes sales des politiciens et des policiers corrompus.

Nous ne pouvons faire confiance au marché, tout simplement parce qu'il ne s'agit pas de lui fixer des règles, ceux qui les fixent étant les premiers à tricher, mais tout bonnement parce que ce qui touche à l'argent n'a pas ou plus d'éthique et qu'un « chef d'entreprise » n'a pas d'autre velléités que de faire des profits sans transgresser les lois ou en se mettant à l'extrême limite de celles-ci. Je ne veux pas entrer sur le terrain de la philosophie ou de la religion qui génèrent toujours des combats stériles et stupides, contentons-nous de ne rien accepter qui touche à la marchandisation de tout ou partie de l'être humain. Nos libertés individuelles ne sont pas illimitées, elles existent parce qu'elles ont justement des limites, celles de l'éthique et du respect de la personne humaine. On doit absolument comprendre qu'il ne s'agit pas de vivre 1000 ans si la vie se cantonne à la visite des centres commerciaux le dimanche mais bien de changer notre vie en une suite de réalisations personnelles qui valorisent celle-ci autrement qu'en euros ou en dollars. Une minute avec mes enfants vaut mille fois plus que mille ans dans des boutiques, le bonheur n'a pas d'unité de mesure et c'est tant mieux car ainsi vous en êtes le seul juge. Alors la liberté de jouir de son corps, oui… mais non ! Sans éthique, la joie, le bonheur, disparaissent au profit de l'argent roi.

Vous voyez qu'on peut être contre la PMA, la GPA et les recherches biologiques qui mènent au transhumanisme sans être au Front National ! Ne croyez pas les politiciens de droite, de gauche, du centre et des extrêmes, ils sont identiques, ce sont des menteurs ! La force est en nous et nulle part ailleurs.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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