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Qui coule ? L’Europe ou les émigrés…

Qui coule ? L'Europe ou les émigrés...

Le naufrage de l’Europe ressemble à celui des émigrés des terres africaines, qui traversent plutôt mal que bien la Méditerranée, et touche à son paroxysme dès que des solutions sont demandées par la vox populi au traitement de ces milliers d’âmes qui franchissent la mer au mépris de leurs vies. Nous sommes incapables de prendre une quelconque décision, pire, nous sommes incapables de penser, d’imaginer, une solution quelle qu’elle soit, tout simplement parce que nous n’avons pas compris ce que ces gens voulaient, veulent et voudront de plus en plus. Dans notre société où tout ce qui est grand parait merveilleux, nous pouvons constater que c’est faux, ce ne sont que des illusions basées sur une folie des grandeurs généralisées qui a entravé nos modes de pensée.

Nous devrions, comme le souhaitaient Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, Ivan Illich, retourner vers des structures sociétales plus légères, plus souples où l’organisation ne prend pas le dessus sur ce qui est à organiser. Il nous faut retourner à de vraies valeurs et en particulier une que nous avons complètement abandonnée pour cultiver le bien-avoir au lieu du bien-être ; cette valeur est l’être humain. Notre humanité de robots consommateurs lobotomisés ne supporte pas que des misérables se noient devant ses yeux à l’heure du repas. Elle veut sa tranquillité d’esprit, vivre « cool » dans un monde de brutes, la paix, la profusion de tout, l’obésité pour nous les civilisés riches ; la guerre, la manque global et les maladies pour les autres, les pauvres, les noirs, les arabes, tous ces gens qui viennent manger notre pain fait par des ouvriers pauvres, noirs ou arabes, dans des fournils parfois insalubres. Ces précurseurs de l’écologie politique et de la décroissance avaient tout compris alors que même que la majorité d’entre nous n’avaient même pas vu qu’il risquait d’y avoir un problème, un jour, plus tard, dans l’avenir.

C’est justement l’inégalité entre les nantis que nous sommes et les démunis que sont ces candidats à l’expatriation, l’absence de tout respect vis-à-vis de ces gens qui sont victimes de notre inconscience dans la gestion des ressources de notre propre monde. Cette arrogance dont nous faisons preuve en appuyant sur la fierté d’avoir accompli le travail nécessaire à la possession de tous nos avoirs, comme si nous savions ce qui est bon ou mauvais, c’est tout cela qui fait que nous devrions non seulement repêcher ces hommes à la mer mais aussi leur assurer, chez eux, de profiter de ce qu’ils possèdent afin de ne pas se déraciner. Non seulement nous les spolions pour notre confort mais nous leur donnons aussi des leçons de vie, nous leur assénons des reproches à chaque fois qu’ils ne veulent pas faire ou vivre comme nous ; comme si nous étions des modèles, comme si nous étions parfaits ; nous sommes des fats. La honte de la mort de ces candidats à l’esclavage rejaillit sur nous plutôt que sur eux, au moins eux, ont-ils eu le courage de risquer leur vie pour tenter de la changer pour leur famille comme pour eux-mêmes. Nous, nous nous donnons la peine de naître avec une cuiller d’argent dans la bouche, la bonne couleur de peau et l’assurance de mieux nous en sortir, eux n’ont pas cette chance.

Il faudrait moins de 2000 milliards de dollars pour sauver le monde de la pauvreté, nous en avons dépensé cinq fois plus pour sauver des banques qui, aujourd’hui, nous le font payer très cher et ont oublié que nos impôts les ont sauvées de la banqueroute. L’Europe des financiers et des multinationales que nous avons bâtie devrait mourir de honte de voir ces êtres, capables de faire ce que nous ne pouvons même pas imaginer, alors que nous assistons, repus et obèses, à leur fin dans les eaux troubles d’une Méditerranée hyper polluée et que l’Europe se noie dans les multiples services de son administration inefficace et oisive. Nous n’avons aucune justification de notre mauvaise volonté à assumer nos responsabilités vis-à-vis de l’Afrique en général et de la Libye en particulier. Nous avons tout gâcher depuis longtemps avec nos Dieux convertisseurs qui ne valent pas mieux que ceux de Daesh ou de Al Qaïda pour avoir fait avant ce qu’ils font maintenant. Nous prenons sans compter et surtout sans payer, nous vendons ensuite en faisant crédit à ces états que nous avons mis entre les mains des pires mécréants corrompus de l’Afrique. Ensuite, nous leur accordons des financements internationaux qui leur permettent de rembourser nos prêts et les enfoncent toujours plus profond dans les dettes et la misère. La boucle est bouclée et les peuples africains n’ont plus comme ultime rêve que de venir profiter de la belle vie qu’ils trouveront dans le pays qui les a privés de tout. Pour sauver ces gens dans ces bateaux qui dérivent, le mieux ne serait-il pas qu’ils ne les prennent pas, qu’ils restent dans leurs pays ou encore que nous les acceptions comme eux acceptent que nous pillions depuis des siècles.

Si nous cessions de faire ce que nous faisons depuis trop longtemps, peut-être que les événements seraient différents, vous ne croyez pas ? Quand BHL, en costume trois pièces et chemise blanche, accompagné du petit Sarkozy et de son marchepied, ont fait assassiné Kadhafi, avaient-ils réfléchi aux conséquences de leurs actes ou ont-ils créé ce gigantesque bazar volontairement ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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