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Souvenir, souvenir… Oubli, oubli !

Souvenir, souvenir... Oubli, oubli !

« Voulez-vous donc donner à l’État de la consistance, rapprochez les degrés extrêmes autant qu’il est possible ; ne souffrez ni des gens opulents ni des gueux. Ces deux états, naturellement inséparables, sont également funestes au bien commun ; de l’un sortent les fauteurs de la tyrannie, et de l’autre les tyrans : c’est toujours entre eux que se fait le trafic de la liberté publique : l’un l’achète, et l’autre la vend. » Si les anciens socialistes qui sont au pouvoir se souvenaient de leurs études au lycée, ils se souviendraient certainement « du contrat social » de Jean-Jacques Rousseau qui a écrit ces mots. Précurseur de Marx et de ses camarades collectivistes il jeta les bases d’une société plus libre et plus égalitaire qui respectait la Nature avec une majuscule. Bien entendu, les bobos aux commandes ont oublié depuis longtemps leur engagement de jeunesse… Dommage.

Ce qui est choquant n’est pas que ces gens furent de gauche et se retrouvent à faire des réformes de droite que même celle-ci n’a pas eu l’audace de réaliser, non ce n’est pas cela. C’est d’ailleurs, pour ma part, la preuve de la connivence réelle et profonde entre les deux faux ennemis que sont les partis qui se partagent le pouvoir depuis le départ du général De Gaulle. Bien sûr, les seuls à dénoncer cet état de fait sont les partis extrêmes, de gauche et de droite, mais ce n’est pas à cause de leurs positions extrêmes que tous leurs points de vue manquent de sens, au contraire même, puisque ces partis, relégués au banc de la société, n’ont rien à perdre à dire la vérité. Mais en France, notre manichéisme est tel que si vous êtes aux extrêmes, vous êtes forcément hors d’état de donner une quelconque opinion, c’est comme ça au pays des droits de l’homme… Non, donc, ce qui est choquant est qu’ils n’ont aucun scrupule à dire et faire le contraire que ce qu’ils prônaient jusqu’au 6 mai 2012. Depuis, ils ont changé, ils ont muté, ils sont passés de l’être humain au stade ultime du traître patenté, y compris la traîtrise envers soi-même et sa propre histoire. Triste !

Lorsqu’on voit comment est traité le conflit Mory Global ou comment le code du travail va être remanié en douceur pour faire en sorte de mettre les salariés en situation de quémandeurs, de vulgaires mendiants tant au niveau des salaires que de leurs pauvres droits qui diminuent telle une peau de chagrin. Les propos de nos politiciens au pouvoir sont tellement confus, tellement alambiqués que l’arnaque n’est pas loin. Or Rebsamen, vieux complice de notre traître en chef, l’autre pays du fromage, nous enfume comme des petites abeilles à qui les apiculteurs viennent prendre le miel, à la différence que ceux-ci le font pour notre plus grand plaisir, ce qui n’est pas le cas de nos racketteurs du gouvernement. Le code du travail a vécu. Vous verrez que cette avancée magistrale qui permit de mettre en place, il est vrai d’une façon un peu trop compliquée, des règles qui obligent les patrons comme leurs employés à vivre et travailler ensemble. Même si tout n’est pas parfait, loin s’en faut, il faut avouer que les barrières mises entre les positions des uns et des autres ont permis d’avancer et de développer notre pays.

Lorsque les patrons prennent le pouvoir total, comme c’est le cas maintenant, sur les limites imposées par ce code, tout est à craindre. La compétitivité sera mise en place sur le dos uniquement des salariés, on ne touchera pas aux dividendes, ni aux jetons de présence des conseils d’administration, ni aux frais somptuaires des dirigeants de nos grandes entreprises, seules bénéficiaires des aides et autres avantages procurés par nos impôts, les petits entrepreneurs en étant toujours exclus. Je ne suis pas pour autre chose que l’égalité et pas celle demandée et orchestrée comme le firent les états collectivistes qui montrèrent les limites de cette solution à la fois productiviste et source de corruption. Nous le constatons depuis toujours, à toutes les époques depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, ce n’est pas l’argent ni le pouvoir qui corrompent l’homme mais bien l’homme qui corrompt l’argent et le pouvoir. L’égalité n’est pas le même salaire pour tout le monde, ni les mêmes appartements pour chacun, l’égalité c’est de réduire les différences qui sont devenues monstrueuses et génératrices de conflits profonds qui poussent à la violence, d’avoir des gens qui dorment dans la rue lorsque les autres se baignent dans le champagne et se gavent de caviar aux nez et aux barbes de ces misérables.

Jean-Jacques Rousseau, avant beaucoup d’autres, avait vu, avait compris que les inégalités étaient la source des maux de l’État. Comme je vous l’ai déjà maintes fois conseillé lisez « Pourquoi l’égalité est bonne pour tous » de Richard G. Wilkinson and Kate Pickett. Ce livre n’est pas la bible tout comme celui de Thomas Piketty mais ils sont, l’un comme l’autre, des inspirations à saisir et à travailler. Ce ne sont pas les différences de revenus qui font les inégalités, en tout cas pas seulement, ce sont les inégalités sociales car là nous touchons au plus profond des êtres, à leur définition intrinsèque et à leur insertion dans l’univers. Ce ne sont pas que des conditions matérielles qui régissent les hommes mais un ensemble qui marie le spirituel, l’affectif et le matériel.

Il est triste que ce soient des socialistes, eux qui naquirent et se développèrent sur l’espoir qu’ils engendraient chez tous les peuples du monde, qui massacrent aujourd’hui jusqu’à l’esprit même de l’homme, pour l’asservir au pouvoir de l’argent, ce contre quoi ils luttèrent jadis… La droite est nulle, la gauche est nulle, votez nul !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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