Log In

Une claque dans la Goo…gueule !

Une claque dans la Goo...gueule !

Alors Google a des problèmes avec l’Europe ? Mais, tout le monde a des problèmes avec l’Europe, à commencer par les membres les plus pauvres de sa communauté. Oui, mais Google a des soucis parce qu’il serait en position dominante, pour ne pas dire exclusive, sur le marché des moteurs de recherche. Alors, que va faire notre trop chère communauté européenne, elle va faire une « communication de griefs » à Google, c’est-à-dire un acte d’accusation en bonne et due forme. La porteuse du projet est la commissaire à la concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, en charge du dossier depuis sa prise de fonction, en novembre 2014. Quel est le risque pour Google ? Juste une pénalité de 10 % de son chiffre d’affaires monde (66 milliards US$, soit entre 6 et 7 milliards de dollars, même pas la moitié de ses profits de 2014 (14 milliards US$). Je rigole !

Sachez que 80 % des recherches qui se font en Europe se font sur le célèbre moteur de recherche qui se voit aujourd’hui pris pour cible. Tout passe entre les mains, pas très nettes de ce géant américain, très proche des autorités sécuritaires des USA. La NSA, comme la CIA et le FBI ont des liens ténus avec ce type d’organisation transnationale qui, malgré la richesse qu’elles tirent de leur pluralité de partenaires dans le monde, préfèrent défendre, uniquement, les couleurs du pavillon étasunien pour les pires raisons qui existent ; le contrôle global de notre Big Brother d’outre Atlantique. D’ailleurs la connivence entre l’état américain et Google est presque inutile à rappeler sachant qu’en 2013, la Federal and Trade Commission (FTC), en charge des questions de concurrence et de protection du consommateur, avait finalement blanchi Google d’abus de position dominante. Ce n’est pas une preuve judiciaire de leur complicité, bien évidemment, et leurs avocats le savent mieux que nous, mais cela force les soupçons, n’est-ce pas ? Comment être blanc sur une rive de l’Atlantique et noir sur l’autre ?

Comme à l’accoutumée, le vrai souci n’est pas seulement la position quasi exclusive de l’entreprise américaine sur ce marché mais serait plutôt l’utilisation des données que ces recherches génèrent ; à la fois sur les buts, sur les moyens, sur les résultats, etc… Sans compter les informations sur les intervenants, toutes ces personnes qui recherchent quelque chose et qui se trouvent rassemblés avec leurs habitudes et leurs coordonnées dans la gigantesque banque de données de la firme. Firme qui, par ailleurs, ne donne aucune garantie sur l’utilisation ou la communication des informations collectées dans tous les sens. On peut avoir une position dominante sur un créneau sans pour cela tenir en otage le monde entier, or le géant américain est à la fois en position dominante et Big Brother le contrôleur sans limite, ce qui le rend hyperpuissant, tout autant que l’état US à qui il déverse ce flot de renseignements presque gratuits sur le monde. Comme cette compagnie énorme n’a peu ou pour ainsi dire pas de concurrents, comment peut-on espérer lui retirer cette manne tombant du ciel dans ses serveurs à la solde du capitalisme exacerbé prôné par tous les faiseurs de startups et les tenants du pouvoir américain ? Bonne question, n’est-il pas ?

Nous avons pu constater que nous ne pouvons pas compter sur la bonne foi ou même les bons sentiments des entrepreneurs. Tout simplement parce que leur fonction première n’est pas de générer des emplois, ni de faire du social, ni de payer des impôts mais bien d’enrichir ceux qui en détiennent le capital, les actions, le seul vrai pouvoir reconnu dans notre monde de brutes… Or si les tenants du marché ne méritent pas notre confiance qu’ils ont trahie à maintes reprises, comment faire confiance au marché lui-même puisqu’il est le résultat de leurs pérégrinations cupides ? Donc Google ne changera pas tant que l’absence de compétiteurs lui garantira une intouchabilité certaine. Cette manne ils l’ont et vont tout faire pour la garder, vous pouvez en être sûrs. Si jamais vous n’entendez plus parler de cette lamentable affaire dans les prochains jours, ne vous étonnez pas… Il existe une solution à laquelle nos gouvernants ne manqueront pas de cogiter. La négociation ! Mais pas celle que vous imaginez, sur les montants à fixer pour l’amende à venir, non, non…

Ce qui nous pend au nez aujourd’hui est bien plus grave, en ces temps de discussion de la loi sur le renseignement, la négociation va porter sur autre chose, de bien plus intéressant au demeurant. Si j’étais un déséquilibré mental et donc si j’étais membre de notre gouvernement, paranoïaque et à l’égo surdimensionné, je voudrais autre chose. Je dirais aisément à Google de me céder les informations qu’il collecte, toutes, sans exclusives mais on ne saura jamais si nous les aurons, contre une amende ridicule ou pas d’amende du tout. C’est de cela que nous devons nous méfier, c’est de la traîtrise de nos décideurs politiques à laquelle nous sommes malheureusement habitués voire lassés. La quantité d’informations comme leur qualité va certainement intéresser nos charmants ministres chargés de nous « protéger » comme les mamas italiennes protègent leurs enfants (vous voyez je n’ai pas dit mère juive sinon quelqu’un m’aurait traité d’antisémite).

Mais au bout du compte, que Google paie ou non une pénalité, nous serons toujours surveillés, contrôlés et fichés par les bénéficiaires de toutes ces données, c’est-à-dire, Google, les USA, la France et pourquoi pas l’Europe… Qui dit mieux ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com