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L’un qui prend l’autre qui gaspille

L'un qui prend l'autre qui gaspille

Pendant que notre président commémore à tour de bras et à grands frais, David Cameron fait son tour d’Europe, avec sa sébile et son sourire enjôleur. Pendant que l’un dépense l’autre engrange ou en tout cas essaie de le faire dans le seul intérêt de son pays, même si c’est au détriment de ce que les européistes appellent la Communauté Européenne. Communauté qui n’est finalement qu’une strate administrative supplémentaire, qui coûte une fortune, dirige tout dans le continent ou presque, et tout ceci sans aucune légitimité populaire quant à son existence ou à son personnel. Ce simulacre d’association de pays faisant mine de défendre l’ensemble mais dont chacun se gargarise de ses victoires solitaires contre ses propres membres… Étrange association !

Quand je pense qu’à la naissance de toute société commerciale, toute association sans but lucratif ou tout groupement d’êtres humains il est nécessaire d’avoir ce qu’on appelle en droit « affectio societatis », cette sensation humaine d’avoir quelque chose à partager avec une ou plusieurs autres personnes. En fait, il est indispensable d’avoir ce minimum d’émotion, d’affection et de sentiment en commun avant de vouloir partager l’atteinte d’un objectif quel qu’il soit. Il n’y a pas d’affectio societatis entre les membres de la CE, tout d’abord parce que ce ne sont pas des personnes mais des états, ensuite parce que ce qui les a animés ne repose que sur une seule chose, l’argent ou l’économie si vous faites partie des gens qui y croient encore. Or, on le constate dans nos vies quotidiennes, les êtres humains, même lobotomisés, ne peuvent se contenter de l’aspect matériel et concret de leurs vies. Ils ont un besoin irrépressible de sacré, de spirituel, de tout ce qui les sublime et les transcende, sinon ils dépérissent et deviennent des machines à produire de l’argent sans aucune humanité et sans émotion comme on les voit dans le métro ou dans les transports publics en général. Ils n’en sont pas perdus pour autant, mais leur humanisme laisse place peu à peu à une mélancolie, comme au disait au 17ème siècle, qui les oblige à se gaver de somnifères et autres tranquillisants.

Alors Cameron fait mine d’avoir cette affectio societatis lorsqu’il s’agit de défendre ses propres intérêts d’abord et ensuite ceux de son pays. Il se prend à courir chez tous les voisins continentaux qui sont prêts à l’accueillir les bras ouverts car ceux-ci croient que leur accueil et leurs largesses à venir feront changer d’avis les Britanniques vis-à-vis de l’Europe. Comment comprendre l’attitude de nos partenaires qui sont prêts, aujourd’hui plus qu’hier, à abandonner la Grèce et à l’éjecter de la communauté, et qui se disputent entre eux pour découvrir les meilleurs moyens de garder nos voisins d’outre-Manche dans celle-ci. Si cette « affection » entre les membres avait existé chaque membre aurait été cher aux autres et aucun n’aurait souffert sans que ses associés ne l’aident, ne le soutiennent. Sans même parler d’affection car, je le sens, vous me prenez pour plus naïf que je ne suis, si nous voulions vraiment créer une communauté qui tienne la route, un peu de respect n’aurait pas été de trop. Or que constatons-nous ? Dès que nous avons l’occasion de nous valoriser en dévalorisant nos « amis » nous y prenons un certain plaisir, nous nous battons pour prendre des marchés à nos « partenaires », nous critiquons leur méthode de gestion et nous ingérons dans leurs affaires nationales comme ils le font pour nous. De quelle Europe parlons-nous ?

Nous ne partageons aucun point de vue ou si peu, nous n’avons pas les mêmes stratégies, nous n’informons même pas nos « camarades de jeu » de nos intentions et nous précipitons dans le premier imbroglio venu comme en Libye… Mais que faisons-nous ensemble ? Les premiers fondateurs de ce qu’on appelle l’Europe n’avaient pas envisagé cela de cette manière, dans tous les cas je l’espère. Avec l’avènement du néolibéralisme outrancier, en fin des années quatre-vingt, avec l’ouverture au monde sans rideau de fer, les multinationales qui n’ont pas besoin d’associés chez leurs voisins puisqu’elles y sont installées et les lobbies qu’elles utilisent ont pris possession de l’Europe en corrompant les personnels qui travaillent pour elle et donc pour nous, ou contre nous, je vous laisse choisir. Si vous aviez lu le Canard Enchaîné de cette semaine vous auriez vu comment ces lobbies ont manipulé le marché de la chimie une fois de plus au détriment de la santé des peuples mais au profit des assassins en puissance que sont les Monsanto, Bayer, Sanofi et j’en passe… L’Europe n’est plus une organisation d’états, c’est un syndicat patronal réservé aux multinationales et aux banques. Et je dois vous confirmer que ce syndicat fonctionne à merveille au grand dam des lobotomisés que nous sommes.

Alors que les Anglais veuillent s’en aller, c’est bien, que les Grecs s’en aillent aussi et c’est ce que je leur conseille, c’est bien aussi, mais l’idéal serait qu’on mette tout ça à terre et que nous recommencions de zéro et sans préjugé pro-croissance ou pro-PIB. Nous devons mettre sur un plateau de la balance le véritable intérêt des peuples et ensuite le reste viendra naturellement. Un peu simpliste ? Je vous garantis que si les choses sont si compliquées ce n’est que par la volonté des êtres qui profitent de cela et font croire qu’ils sont intelligents alors qu’ils n’arrivent même pas à résoudre les problèmes qu’ils ont créés…

Mais c’est vous qui voyez…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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