Log In

Retour au manuel… Pas Valls… Au travail manuel

Retour au manuel... Pas Valls... Au travail manuel

La vanité est mauvaise conseillère, je ne suis pas le premier à le dire mais l’être humain a cela de bien qu’il ne comprend que ce qu’il veut, en admettant qu’il en ait les capacités. Combien de parents rêvent de leurs enfants en blouse de chirurgien, ou en robe d’avocat, ou en costume trois pièces de notaire, au pire le crayon sur l’oreille d’un architecte ou d’un ingénieur mais pas de ces métiers de crève la faim, de paumés, de dernier de la classe comme ébéniste, mécanicien, boulanger, boucher ou encore plombier. Bien évidemment, ces parents, qui essaient de réussir par procuration tout ce qu’ils ont manqué dans leurs propres vies, ont tort et ce n’est rien de le dire. Tout le monde ne peut être un « bon » docteur ou avocat ou etc. Tout simplement parce que nous avons nos goûts, nos passions, nos sources d’intérêt mais voilà… L’argent est le seul motivateur, suivi de près par l’image que l’on donne de nous à notre environnement…

La fierté des parents de la « réussite » de leurs enfants n’est jamais feinte, ils sont vraiment fiers et heureux, oh pas pour leurs enfants, non, ce serait un peu pour ça mais c’est plutôt pour les voisins, la famille, les amis. On est dans un gigantesque cirque où le spectacle est permanent. Nous nous donnons en représentation, nous faisons mine d’être contents, d’être en colère, mais sans public nous sommes l’ombre de nous-mêmes ou plutôt de l’image que l’on veut que les autres aient de nous, c’est largement différent. Mais lorsque vous avez un gosse qui a du caractère et qui sait ce qu’il veut malgré son manque d’expérience, là, vous avez un talent qui nait, un amour, une passion, une énergie nouvelle inconnue des acteurs que nous sommes et qui ne jouent que pour leur cachet. Je me souviens d’une interview de Kirk Douglas, l’acteur renommé, qui n’aimait pas trop répondre à des questions personnelles ou intimes. Un jour qu’un faiseur de papier people lui demandait pourquoi dans le fond de son cœur il avait choisi d’être acteur il répondit de façon surprenante mais ô combien courageuse. « Je suis acteur pour deux raisons, j’aime ça et ensuite je suis fainéant et c’est le métier qui rapporte le plus en faisant le moins ». Ça c’est des tripes, c’est du vrai talent et de la vérité cinglante qui nous change du « je rêvais d’être acteur depuis mon plus jeune âge, d’ailleurs j’ai joué mon premier rôle à la naissance car je suis né avec des claquettes ».

J’ai rencontré chez ma dulcinée un jeune homme de 22 ans, Jean-Baptiste, qui est un bucheron et qui aime ça. Il m’a communiqué un réel enchantement avec son éclat de soleil dans les yeux tant son bonheur professionnel faisait plaisir à voir. Il a toujours su ce qu’il voulait faire et l’a fait. Il le fait si bien que ses anciens professeurs lui ont demandé de venir enseigner avec eux dans son ancien lycée professionnel et son enseignement est plein d’une sagesse que son âge ne lui prête pas, mais il l’a et c’est tant mieux pour ses élèves. Vous ne pouvez pas vous imaginer la joie que ce gaillard m’a apportée, souriant, aimable, intelligent, clair dans ses propos et ses pensées, tout le contraire de ces légumes qui jouent à la Wii ou qui se droguent avec leurs outils électroniques et autres téléphones portables multifonctions. Quand il vous parle d’arbres vous les voyez, vous entendez ses coups de scie, vous les entendez tomber, vous le voyez en replanter et en prendre soin, vous vivez son univers car c’est celui qu’il aime et il sait vous faire partager son affection pour la nature, pour les plantes, les arbres et même les êtres humains. Dans notre monde où il ne faut plus avoir de passion afin de correspondre au consensus général et au politiquement correct, où il faut aseptiser tous nos propos pour ne pas paraître hors norme et ne s’opposer à quiconque sans prendre le risque de se faire traiter de nazi tant la tolérance dont nous parlons beaucoup trop n’est absolument pas pratiquée, Jean-Baptiste est un être sain, en fait il est lui-même et cela lui suffit.

Le retour au travail manuel vous donne une autre dimension de la vie, des choses, des gens, cela vous remet dans un contexte où vous dirigez, avec plus ou moins de talent, vos outils et n’êtes pas à la merci du rythme ou de la vitesse imposée par les machines qui veulent nous simplifier le travail mais qui, au terme de leur démarche, nous assouvissent complètement. Nous devons maîtriser nos outils et pas l’inverse sinon nous devenons aussi des machines puisque ce sont des machines qui nous gouvernent et nous imposent des directives qui n’auraient peut-être jamais été prises par vous-même par souci d’esthétique ou de qualité. Mais dans le stade ultime en admettant que vous aimiez être l’esclave d’une machine, au moins tentez de faire ce que vous aimez et pas ce que vous devez faire pour gagner votre salaire. Et en fait le problème est là, c’est le salariat qui est la source de nos tourments. Comme le dit mon ami Claude Berger dans son livre « En finir avec le salariat », nous devons sortir de ce système qui nous fait passer d’un capitalisme libéral à un capitalisme d’état sans jamais nous donner autre chose qu’un salaire. Or, ce n’est pas d’un salaire dont nous avons besoin mais de choses qui lui sont de loin bien supérieures, comme la dignité, le respect de soi et des autres, la vie sociale réelle, le retour à l’humanité de chacun et des liens qui en découlent.

Dans cette lutte contre le salariat, nous n’avons que des ennemis, la gauche, la droite, les syndicats, les patrons… c’est bien le diable si nous n’avons pas raison… Mais ce n’est pas gagné.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com