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Editôt ou éditard… (148)

Editôt ou éditard... (148)

Quel feuilleton haletant, on se croirait en pleines années soixante-dix avec Belphégor qui passait une fois par semaine sur nos écrans qui étaient encore majoritairement noir et blanc. Je vous l'avais annoncé, la crise grecque n'est pas prête de finir. Alors que Tsipras est arrivé dans la soirée de dimanche avec de nouvelles dispositions à proposer à ses trois bourreaux, on nous avertissait que lundi on allait voir ce qu'on allait voir. On a vu… qu'il n'y avait rien à voir, comme d'habitude. On va encore mettre un sparadrap sur une jambe de bois, on va, une fois de plus, ne rien réparer de façon durable et pérenne, on va prouver, une fois encore, que l'Europe n'est qu'un ramassis de commerçants prêts à tout pour ne pas fermer boutique. Rien, absolument rien pour sauver une Europe politique qui n'existe pas, et encore moins pour la créer.

Je suis fatigué de dire ce que tout le monde sait inconsciemment et que personne ne veut voir, que nous nous refusons de voir. Nous ne prenons pas les bonnes voies et nous nous entêtons à vouloir arriver au bon endroit. Tout cela pour ne pas nuire aux intérêts d'une poignée d'individus plus préoccupés de leurs intérêts propres que de ceux de la population dont ils ont la charge, et qui plus est à leur demande. Lorsqu'en 1948, l'Allemagne qui n'arrivait pas à rembourser la dette qu'elle avait engendrée, pour avoir détruit la presque entièreté de l'Europe, a demandé aux pays qu'elle avait attaqués de lui faire cadeau de la moitié de ce qu'elle leur devait, tous acceptèrent. Je pense qu'ils ont fait en ce temps la bonne action qu'ils devaient. Mais pourquoi aujourd'hui l'Allemagne refuse-t-elle ce dont elle a bénéficié jadis alors que les Grecs peuvent être accusés de tout sauf d'avoir mis à mal les pays d'Europe comme le Reich le fit. Pourquoi ces deux poids deux mesures que l'on met en place pour nuire aux plus faibles ?

Je persiste à penser que la sortie de l'euro et même la sortie de l'Europe sera le plus grand bienfait qui pourrait tomber sur la tête des Grecs. Ils souffriront un ou deux ans mais après ils nous dameront le pion, à nous les Français, si fiers que nous sommes de notre deuxième place sur l'échiquier européen, les Poulidor de l'économie de marché européenne. Ils n'ont rien à perdre car les souffrances que nous leur demandons, pour rester dans l'euro et l'Europe, sont équivalentes à celles auxquelles ils pensent échapper. L'être humain a peur de l'inconnu, surtout les banquiers. Si j'en avais le pouvoir, j'annulerai toutes les dettes de tous les pays en faisant un feu de la Saint Jean avec le papier monnaie détenu par les banques et qui n'aurait plus aucune autre valeur que celle du papier hygiénique… Le peuple oublie trop souvent que la monnaie fiduciaire n'a de valeur que celle que notre confiance lui donne. Nous appelons l'argent « monnaie fiduciaire », ce dernier vient du latin qui signifie confiance.

Si vous prenez un torchon, que lui donnez la valeur de dix kilos de patates et que le marchand de patates est d'accord avec vous et qu'il vous croit, vous avez créé une monnaie que vous baptiserez le torchon. Cela signifie que tout ce qui correspond à dix kilos de patates dans toutes les autres catégories de produits vaudra aussi un torchon. Bravo ! Vous êtes digne de devenir ministre des finances et de toutes les façons vous ne ferez pas pire que ceux qui se suivent dans cette tâche depuis des décennies. Le torchon est devenu monnaie parce que le marchand de patates et vous, ainsi que les autres commerçants qui vous suivent, faîtes confiance au système de mesure des échanges que vous avez mis en place. Sans cette confiance, point d'échanges simplifiés par un outil que tout le monde agrée et il ne vous reste rien d'autre que le troc et ses négociations toujours longues et instables. Tsipras est pris en otage entre une partie de son peuple qui souhaite rester dans l'euro et l'Europe mais qui ne veut plus être racketté et une seconde partie qui est prête à tout pour arrêter les sacrifices que seuls les Grecs des classes moyennes et inférieures doivent réaliser.

En fait, le vrai problème est encore une fois ailleurs. Il ne s'agit pas de sortir la Grèce de son mauvais pas, il s'agit de changer de modèle de civilisation. Il s'agit d'abandonner une fois pour toutes la mise à mort de la planète mise à la disposition des capitalistes libéraux qui ne pensent qu'à emmagasiner des morceaux de papier sans valeur intrinsèque dans leurs coffres-forts. Il faut abandonner tous les dogmes qui régissent notre terre, qu'ils soient religieux, politiques ou économiques pour laisser la place à l'être humain et tenter de trouver les raisons pour lesquelles il se retrouve sur cette boule bleue, comment et surtout pourquoi. Nous devons changer de mode de vie et toucher le niveau d'une frugalité heureuse qui nous rendra nos vies et n'épuisera pas nos ressources naturelles sans lesquelles nous ne pourront, de toutes les manières, vivre longtemps. A aucun moment, les Européens comme les Grecs n'ont remis en question la seule raison du malheur du monde, le productivisme, qui alimente à la fois la compétition entre les humains mais aussi tous les foyers de guerre, les pires dictatures, les besoins de drogue et autres médicaments qui permettent aux faibles de ne plus voir leurs tourments.

C'est de cela que nous crevons, c'est contre cela qu'il faut se battre, c'est ensemble que nous y arriverons… Dès que vous serez d'accord avec moi… Ce n'est pas gagné !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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