Log In

Editôt ou éditard… (152)

Editôt ou éditard... (152)

C'est bien la société de consommation qui a fait de notre terre un tout petit monde où le commerce est devenu un moyen étrange de rapprocher les peuples. Nous sommes effectivement passés du stade d'étrangers lointains à celui de voisins de palier avec nos frères chinois. La mondialisation, la globalisation sont les conséquences immédiates de la libération quasi totale des marchés et des échanges commerciaux. La compétition internationale, comme locale, fait rage et nous voyons des villages tenter de séduire des entreprises qui désiraient s'installer dans une commune voisine, parfois appartenant au même canton. Le dumping social ou la fiscalité étant les manières les plus simples de draguer le chaland, les Chinois, comme les villageois cités ci-dessus, en usent et en abusent. Mais pourquoi faire ?

Bonne question n'est-ce pas ? A quoi cela sert-il de produire des biens dont nous n'avons pas besoin mais que nous désirons comme si nos vies en dépendaient ? Nous avions une voiture, il nous en fallu deux et peut-être plus pour les enfants, nous avions un téléphone mobile, beaucoup d'entre nous en ont au moins deux, sans compter les appareils qui sont rangés dans leurs boîtes pour raison d'inadéquation à la mode présente. Ce sont des exemples mais cela est vrai pour des produits encore plus inutiles que ceux-là. Il est vrai que, parfois, nous pouvons nous poser la question qui fâche et qui consiste à se demander comment nous faisions avant. Il paraît aujourd'hui impossible à bon nombre d'entre nous de se passer de ces petites machines, qui nous relient à ceux que nous aimons (et les autres) en permanence et où que nous soyons. Mais la question à se poser est toujours pourquoi ? Même s'il est vrai que de pouvoir joindre quelqu'un à tout moment, en tout lieu, est un confort agréable, est-ce que cela justifie l'exploitation d'esclaves en Afrique ou en Chine, les uns pour extraire des matières premières les autres pour fabriquer notre téléphone ? Ma réponse ferme et définitive est : NON !

L'hyper-consommation dont nous faisons preuve dans nos pays riches se fait au détriment de peuples entiers. Mais c'est déjà vrai chez nous. L'INSEE nous apprend que l'apparition des grandes surfaces, en fin des années soixante, a éliminé en France 17 % des boulangeries (soit 17800), 84 % des épiceries (soit 73800), 43 % des quincailleries (soit 4300) comme le dit Serge Latouche dans son livre « Petit traité de la décroissance sereine » que je vous suggère, que je vous conseille ardemment de lire. Non contents de détruire le tissu local qui donnait vie à des villages entiers, la disparition, de ce qui semble le plus important aux yeux des politiciens, l'emploi est encore plus dévastatrice. Donc en ouvrant des hypermarchés qui nous proposent majoritairement des produits dont on peut se passer facilement, on a fait disparaître toute une économie de la première nécessité chez des gens dont les facultés de déplacement sont moins bonnes que chez les jeunes citadins. Le problème est donc double, on vend des produits inutiles fabriqués par des esclaves et on retire toute vie dans des régions qui deviennent des déserts humains. Mais où sont donc cachés nos motivations ? Comment ne voyons-nous pas ce que nous sommes en train de faire ?

Je vous propose de tenter une expérience ensemble. Elle est simple à décrire, certes moins facile à réaliser mais c'est un jeu, n'est-ce pas ? On y va ! Vous allez, comme chaque semaine, que vous soyez en vacances en camping ou dans de la famille pour les moins argentés, que vous soyez au boulot durant toute l'année, faire vos courses en fin de semaine. La règle du jeu est très aisée à comprendre, à chaque fois que vous décidez de mettre quelque chose dans votre chariot, posez-vous les questions « en ai-je vraiment besoin », puis-je obtenir le même résultat que celui offert par le produit en question autrement ? Quelles sont les conséquences de l'utilisation de ce produit ? C'est tout bête mais, lorsqu'on sait ce que coûte l'eau et tous les traitements que nous devons lui appliquer avant de pouvoir la consommer, est-il vraiment nécessaire de prendre des produits dangereux, toxiques, polluants, pour ne pas avoir à frotter son évier ou sa salle de bains ? Est-ce que notre futur et celui de nos enfants ne valent-ils pas les quelques minutes et la gymnastique correspondant aux gestes nécessaires au même nettoyage ? Et ça c'est sans parler des conditions dans lesquelles ces produits sont eux-mêmes fabriqués, pollution industrielle des terres et des cours d'eau, intoxication des personnels qui travaillent à leur élaboration, voire esclavage dans le cas de productions faites dans des pays sans respect des êtres humains.

Je sais que je vous fatigue, que je vous saoule avec mes jeux qui vous empêchent de jouir de votre vie sans aucune attention pour ceux qui perdent la leur pour notre confort, je le sais. Mais n'oubliez pas qu'à force de jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler. Nous en sommes aujourd'hui à regarder faire les pyromanes, chargés de combustibles et de briquets, entrer dans nos maisons et mettre en place leurs matériels destructeurs. Les laisserons-nous faire alors que nos enfants innocents dorment dans leurs chambres ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com