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La révolte des gueux

La révolte des gueux

Nous connaissions les révolutions bourgeoises, voilà que les conservatrices arrivent à grands pas. En effet, le fait d'être encore pour l'instant en connexion avec les rythmes de la nature, les paysans sont d'un naturel conservateur. Ils sont, ou plutôt étaient, les protecteurs de la nature. Ils en étaient les garants et assuraient par leur dur labeur la survie de l'humanité en particulier en France où il fallut attendre le XXème siècle pour voir une destruction systématique de notre paysannerie au profit des agro-industriels. Cela ne les empêche pas d'avoir des opinions très nuancées et qui couvrent l'intégralité du paysage politique français. Ne croyez pas que nos paysans soient plus FN, PC, PS ou de droite que le reste de notre population, toutes les couleurs sont représentées mais là n'est plus le problème…

Il ne s'agit donc plus de politique puisqu'ils luttent contre des décisions, ou plutôt leur absence, qui ont été et auraient dû être prises par des gouvernements de gauche comme de droite. Il est malheureux de constater que là aussi, la gauche égale la droite dans l'abjection et la gabegie et vice versa. Je n'ai pas la solution des soucis de nos agriculteurs, comme on dit maintenant, mais je connais leur source, ceci est déjà une bonne façon pour commencer à réfléchir. Imaginez que vous avez d'un côté une administration qui vous subventionne pour produire ce qu'elle a choisi de mettre en avant comme produit, blé, maïs, bœufs, porcs ou toutes matières premières végétales ou animales. Tout d'abord comment un fonctionnaire, ou un politicien sait-il ce que des paysans doivent cultiver ou élever ? C'est le marché qui décide, pas nous les consommateurs, le marché et seulement le marché. Qu'est-ce que le marché ?

Ce monstre sans visage, comme dirait l'autre pays du fromage, est l'ensemble de l'offre et de la demande qui sont face à face et définissent dans un accord total ce qui est bon ou mauvais pour nous, la qualité des produits, leur prix, les techniques employées, les quantités nécessaires, etc. Qui sont l'offre et la demande ? La demande, c'est simple, c'est nous, mais… pas directement. En effet, les distributeurs nous remplacent dans leurs négociations avec les producteurs, ce qui n'est pas vraiment la même chose. Cela ne suffisant pas à noyer le poisson, les distributeurs ont créé ce qu'on appelle des centrales d'achat, ces intermédiaires qui appartiennent au monde de la distribution et à personne d'autres centralisent tous les achats des distributeurs pour mieux écraser les prix des fournisseurs grâce à leur puissance d'achat. Mais entre-temps s'est glissé dans l'interstice laissé vacant par les intermédiaires les transformateurs. Ceux-là sont chargés, dans une société qui n'a plus personne dans ses cuisines d'appartement ou de maison, d'élaborer des produits prêts à consommer pour combler cette absence comme générer un gain de temps pour les consommateurs.

Donc, en résumé, le marché c'est la suite que voici : le producteur, les centrales d'achat des transformateurs, les centrales d'achat des distributeurs, et les distributeurs eux-mêmes. A cela s'ajoutent les transporteurs qui s'insinuent entre chacune des parties prenantes pour délivre les marchandises échangées. Ouf ! Dans cet ensemble hétéroclite d'intérêts et de désirs, comment se répartissent les marges car c'est bien là que se trouve le problème ? Généralement, comme dans toutes les activités rémunérées, ce ne sont pas forcément ceux qui travaillent le plus, ou ceux qui prennent le plus de risques qui gagnent le plus. Dans le monde agricole c'est encore plus vrai qu'ailleurs. Celui qui s'endette pour établir une ferme est le perdant dans cette affaire, il travaille 365 jours par an, ne gagne pas d'argent et n'est même pas respecté, ni par ses « partenaires », ni par son propre gouvernement. Et c'est là que la colère naît.

Y a-t-il des solutions ? Bien sûr ! Nos gouvernants ne les trouvent pas parce qu'elles ne les intéressent pas. Ils ne veulent rien changer à leurs maudites habitudes, subventionner pour diriger la production, imposer les producteurs pour récupérer tout ou partie des subventions, faire disparaître les petites exploitations, encore trop libres à leur goût, au profit des industriels en costume trois pièces qui reprendront leurs domaines en liquidation. Il est plus facile de négocier avec des gens en cravate qu'avec des bouseux en bleu de travail, non ? Et les intérêts sont les mêmes pour tous les porteurs de cravate, le profit à court terme et l'abandon de la liberté au profit de ceux qui les paient. Le jeu du marché est faussé par des intérêts qui ne représentent pas les consommateurs mais bien ceux qui décident de ce dont ceux-ci peuvent et doivent bénéficier. Alors ma solution est simple. Retourner à une paysannerie proche de nous, qui réduit les surfaces et les volumes de production, réduire nos consommations de viande et diminuer drastiquement celles de tous les produits alimentaires fabriqués industriellement. Je sais, vous allez me dire « mais et les emplois ». Et je vous répondrai que tout est lié, que rien ne vient via une génération spontanée, c'est l'enchevêtrement de toutes ces liaisons qui bouche nos vues mais ce serait tellement simple si nous le voulions vraiment.

Mais le vrai problème est là, chacun pour soi et Dieu pour tous, comme disait mon père en se moquant des égoïstes qu'il rencontrait. Tant que nous n'aurons pas compris que tout est lié, que le réseau qui nous englobe est des milliards de fois supérieur à l'Internet et qu'il défend les vies de tout ce qui existe sur notre planète, minéraux, végétaux et animaux dont nous faisons partie, rien ne sera possible. Rendez-vous au cimetière, inconscients que nous sommes.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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