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Les castrats… Le retour ?

Les castrats... Le retour ?

Non, je ne suis pas prophète, ni devin, ni rien du tout. Ce n'était quand même pas difficile de prévoir la volte face de notre très cher Tsipras. Mais son orchestre le suivra-t-il ? Là est la question. Je pense que l'industrie des lubrifiants sexuels bat son plein en Grèce en ce moment car je crois savoir que les 61.3 % des 10 millions d'électeurs s'attendent à un week-end assez soutenu en matière de… Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Je suis désolé d'être trivial mais, il faut tout de même avouer que nous assistons en permanence à un véritable cirque politicien dans toute notre belle Europe. Mais ce n'est pas grave, j'adore les voix des contre-ténors et la musique de Haendel, Du Buisson, Vivaldi, Gluck ; donc on a la musique, on a les castrats dans la politique grecque, que demande le peuple ?

Mais ceci est un raccourci digne du nivellement par le bas qu'organisent nos dirigeants de la Vème République depuis toujours. En fait dans une alternative il y a toujours deux solutions, deux voies, qui, pour être différentes parfois n'en sont pas moins intéressantes à étudier. Donc nous avons la première possibilité qui repose sur le renoncement, l'abandon du combat que menait jusqu'ici Alexis Tsipras et l'agrément à la fois parlementaire et populaire à cette issue. La seconde est plus stratégique et conviendrait plus à ce que je souhaite, c'est l'acceptation gouvernementale des dix conditions qui feront mourir les Grecs dans la misère, mais le refus du Parlement cet après-midi qui précipiterait la Grèce dans une crise politique assez dramatique qui donnerait certainement encore plus de pouvoir à l'extrême droite déjà forte dans le pays. Il y a une éventualité que je ne considère pas comme une solution qui serait l'acceptation du Parlement et une révolution populaire à plus ou moins court terme. Le souci de cette épilogue de la crise économique grecque est que je ne sais pas si tous les Grecs sont des castrats ou pas, la date de la révolution dépend de ce facteur…

N'oublions pas que nous parlons bien d'êtres humains, que nous ne sommes pas des technocrates qui ne voient que des statistiques et des dollars partout sans même plus imaginer que des gens souffrent, plus ou moins, en fonction de leur insoutenable légèreté. Dans le premier cas, où tout le monde accepte en silence l’obsolescence programmée du peuple grec, quels sont les risques ? Pour les banquiers, aucun au contraire, même si par hasard une renégociation de la dette s'effectue un jour. Pour le pays, l'endettement va encore se creuser sans pour autant donner aux Grecs ce qu'ils souhaitent, travail, services publics minimum, et autres plaisanteries comme les aides sociales. La récession perdurera du fait même de l'impossibilité des Grecs de consommer puisqu'ils auront moins de retraite, des salaires plus bas, des chômeurs de plus, des prix en hausse du fait de la TVA et de la privatisation des services. Voilà ce que j'appelle une très mauvaise solution mais qui correspond exactement au profil néo-libéral prôné par la générale Merkel et son ministre des finances pour qui tout roule à merveille.

Pour ce qui est du second cas avec sa variante, c'est un peu plus compliqué et profondément machiavélique. Rappelons-nous que Machiavel n'a jamais écrit de choses immorales ou abjectes, qu'il était brillant et voyait dans l'âme des hommes comme certains voient dans le marc de café. C'est juste une partie d'échecs qui se joue entre les Grecs et le reste de l'Europe, Allemagne en tête. Dans un premier temps si le Parlement refuse ce qu'a accepté Tsipras, le gouvernement sera désavoué et devra vraisemblablement démissionner et ouvrir la voie à de nouvelles élections. Celles-ci risquent d'être la rampe de lancement que les extrémistes de droite attendent et il ne m’apparaît pas impossible de voir Syriza s'étaler de tout son poids sur un sol piétiné par les chaussures de combat des fachos grecs. Il faut bien admettre que Syriza a été le vecteur de tels espoirs que la trahison n'en serait que plus pénible et difficile à pardonner. J'imagine assez bien les voix passer de l'extrême gauche à l'autre extrême comme l'ont fait tous les communistes de tous les pays où cela se présentait. Avec l'extrême droite au pouvoir, je pense que l'OTAN déciderait d'envahir la Grèce en voulant y rétablir une démocratie à sa façon, contre le vote populaire, c'est à dire en massacrant et en plaçant les intérêts américains en première ligne. Pour la variante à base de révolution populaire… L'OTAN ne laissera jamais partir la Grèce de son organisation, l'avis du peuple ne comptant plus nulle part, seuls les intérêts des plus forts seront défendus. Quand un gouvernement pro-Russe fut élu en Ukraine, l'extrême droite ukrainienne, aidée par les USA et l'Europe, a chassé celui-ci qui ne correspondait pas à l'intégration de l'Ukraine dans un élargissement de l'Europe ; pour ensuite faire entrer ce pays dans l'OTAN, et surtout pour encercler la Russie ; il se passera exactement la même chose.

Ou vous devenez américain ou vous mourrez ! Telle est la loi de notre petit monde où la démocratie pleure sur la Grèce, son berceau.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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