Log In

Lobotomisés, unissez-vous !

Lobotomisés, unissez-vous !

Dans cette folie permanente, qui nous fait nous opposer les uns aux autres pour toutes sortes de raisons aussi stupides les unes que les autres, les conflits et les compétitions se font à tous les niveaux, entre continents, états, régions, départements, villes, villages et même citoyens. C'est l'apanage de notre société de consommation, basée sur une insatisfaction permanente, sur les plus mauvais instincts de l'animal humain, que de nous opposer les uns aux autres et nous confiner à un seul paradigme, celui du consumérisme stérile, égoïste et désocialisant. Effectivement, ce sont les attitudes générées par le matérialisme exacerbé qui nous séparent de nos frères humains en nous faisant penser que nous devons être meilleurs que les autres, que tous les autres… Pourquoi ?

Voilà une bonne question ! Merci de l'avoir posée, comme diraient nos politiciens qui ont souvent besoin de réfléchir avant de nous raconter des histoires à dormir debout, des mensonges qui les montrent tels qu'ils sont, nuisibles. Mais n'oublions pas que ce sont des êtres humains, comme nous les sans dents, et nous ne savons pas si nous serions capables de résister à l'ivresse du pouvoir et des prébendes qu'il fournit à ses détenteurs. Alors pourquoi faisons-nous ce que nos maîtres exigent de nous ? Alors je vais partir d'un exemple que je connais suffisamment bien, moi, en toute humilité. Voilà les données de départ. Sans famille richissime, sans instruction extraordinaire, sans mentor aux pouvoirs énormes, il est compliqué de devenir « le meilleur ». C'est ce que j'ai cru devenir à un moment de ma vie. Chef d'entreprise ou sans cesse à mon compte, mon inconscience et ma naïveté, à qui je devais un courage apparent mais qui n'était en fait que de la témérité, j'ai effectivement cru que j'allais parvenir à entrer dans le monde fermé des gens qui réussissent, qui remplissent les plateaux de télévision, les colonnes de journaux que plus personne ne lit, faute d'intérêt à le faire.

Mal m'en prit, au niveau des résultats obtenus en fonction de mes vœux, mais finalement les échecs m'ont éveillé infiniment mieux que ne l'auraient fait mes réussites. Ces échecs me permirent de me poser la question, au bout du compte, pourquoi avais-je cherché cette reconnaissance ? Outre les raisons purement psychologiques qui ont bâti ma personnalité, je constatai que des conditionnements généralement employés par tout un chacun étaient identiques aux miens et vice versa. Cette façon d'évaluer tout ce que nous faisons, tout ce que nous touchons, tout ce que nous désirons et même tout ce que nous affectionnons et tous ceux que nous aimons, nous oblige à mettre un prix sur tout, je dis bien sur tout. Rien n'échappe à la marchandisation du monde dans sa globalité, depuis la plus petite babiole aux parties, plus ou moins importantes, du corps humain et même des enfants. Tout a un prix et tout est négociable ; sous prétexte d'une liberté totale accordée, tel un droit inaliénable à chaque être humain, même si cette liberté va à l'encontre de nos intérêts d'espèce animale et de notre survie, nous pouvons tout acheter et tout vendre.

Mais cela ne répond pas à la question pourquoi. J'ai voulu gagné beaucoup d'argent pour avoir de la reconnaissance, des miens d'abord et ensuite des autres. Une fois tout ou partiellement obtenue, il me fallut rechercher celle du monde des affaires, des gens qui étaient mes modèles et que je mimais pour devenir ce qu'ils étaient à mes yeux. Pendant ce temps, il fallait changer de voitures pour étaler ma réussite, posséder une plus grande et belle maison, éventuellement une autre appelée maison de campagne, et bien sûr il fallait que ces véhicules soient le plus démonstratif possible de mon succès ou mes maisons ostentatoires. Les derniers gadgets, les plus beaux costumes, les meilleurs hôtels, les plus grands restaurants, tout cela n'était pas suffisant, il m'en fallait encore et toujours plus. Mais à quoi servent 4 ou 5 voitures lorsque nous sommes deux seulement à conduire ? Quelle est la nécessité d'avoir des appartements partout, pour obtenir des revenus de nos placements me direz-vous ? Mais pourquoi faire ? Plus de revenus pour plus de puissance et de pouvoir, pour encore plus de reconnaissance, pour nous différencier des autres humains, faire croire que nous sommes les meilleurs, les plus beaux, les plus grands, les plus intelligents ?

Je remercie tous les Dieux de m'avoir aidé à perdre tout ce que j'avais temporairement pris pour mes possessions. La gifle fut tellement forte qu'elle en changea le cours de ma vie de fond en comble. Mais ce qui se modifia le plus était l'opinion de moi-même et le rôle que j'avais prétendu joué durant ces quelques petites années de folie communicative. La dimension à la fois ridicule et énorme que revêtait chaque être humain dans ses intégrités spirituelle, intellectuelle et physique, tout cela vint se bousculer dans ma cervelle de déchu bienheureux. Ne croyez pas que je dise cela par dépit et que je joue au renard devant des raisins qu'il ne peut parvenir à cueillir, non, je pense ce que j'écris sinon pourquoi l'écrirais-je, pour recommencer à vouloir cette reconnaissance, ce désir qui vous mène tout droit dans l'enfer du soi pour soi, non merci. La cupidité, l'avidité n'ont pas de raisons logiques, ces défauts, alliés à la marchandisation générale, font de notre société un groupe de prédateurs en lieu et place d'une association aux intérêts communs de ses membres. S'il m'a fallu être durement secoué pour en arriver à comprendre que le bien-être ne passera jamais par le bien-avoir, peut-être faudrait-il que nous subissions, tous et chacun, les mêmes affres, les mêmes souffrances, les mêmes drames, pour pouvoir, tels des phénix, renaître de nos cendres…

Je comprends mieux maintenant pourquoi les humains courent, avec empressement et joie, à leur propre perte, ils ont besoin de cela pour réagir… Le problème est que la gifle risque de nous décimer tous et ce n'est pas drôle…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com