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Une vie dépourvue de sens…

Une vie dépourvue de sens...

Nous ne pourrons jamais changer notre modèle sociétal si nous ne changeons pas nous-mêmes. Le premier des éléments qui crée notre mode de vie est notre acceptation des principes de base qui l'animent. L'un de ces principes et non le moindre est l'esprit de compétition. Il a pour conséquences parmi les plus grands maux de notre petit monde comme le racisme, eh oui le racisme, l'égoïsme et j'en passe des dizaines et des bien pires. Je ne pense pas que les capitalistes se lèvent le matin en se disant qu'ils vont martyriser leurs employés. Ils n'en retirent, je crois, aucun plaisir. Les collectivistes non plus, malgré leur rêve déçu de grand soir, ne se lèvent pas le matin en imaginant une guillotine œuvrant sur des patrons. Je suis convaincu que tout est plus subtil…

Si, comme Serge Latouche le dit : « Car, durant des siècles, les gains de productivité ont été systématiquement transformés en croissance du produit plutôt qu'en décroissance de l'effort ». Cela ne signifie pas que les producteurs prennent du plaisir à prendre tout le bénéfice de ces gains de productivité, il ne s'agit pas de cela, il s'agit d'une lutte entre différents pouvoirs qui s'achève par la victoire de l'un, les capitalistes, sur l'autre, les esclaves que nous sommes. Non, le mot n'est pas trop fort, nous sommes réduits à l'esclavage depuis déjà longtemps et ce n'est pas parce que nous votons, que nous avons des syndicats, que nous pourrons l'éviter. En fait nous aurions pu négocier avec les patrons des conditions de répartition des gains de productivité comme des autres gains de la même façon, mais… Nous ne l'avons jamais fait. Oui, je sais, vous allez me dire la CGT, la CFDT, FO, tous ces syndicats ont obtenu des avantages salariaux importants. Certes, mais ils n'ont pas obtenu le seul qui soit d'importance : la participation dans les prises de décision, la collaboration à la fois verticale mais aussi horizontale de tous au profit de tous. Les révolutionnaires ont fait de leur lutte une bataille idéologique qu'ils ne pouvaient gagner car leur idéologie était utopique alors que celle de leurs ennemis était d'un pragmatisme sans faille.

Or cette compétition, qu'elle soit organisée sous la forme de négociation ou de manifestation, n'en est pas moins une manière de faire apparaître d'un côté un vainqueur et de l'autre un vaincu. Mais il n'est pas question, dans une société d'avoir des gagnants et des perdants, nous sommes condamnés à vivre ensemble et à partager cette toute petite bille bleue dans l'immensité de l'univers. Nous sommes tous des partenaires qui n'avons pas vraiment le choix, nous sommes partenaires ou nous nous entre-détruirons. Qui dit compétition dit évaluation, calculs, mesures, classements. D'un côté les plus, en face les moins, en fonction de celui qui tient la plume, les moins seront ses ennemis putatifs et les plus seront les siens, s'il est blanc, les noirs seront les moins et donc les blancs les plus. C'est cet esprit d'évaluation et de comparaison permanentes qui font de notre monde néo-capitalo-libéraliste une machine à créer des inégalités. Nous voulons imposer sur terre une manière de penser qui est uniquement occidentale et judéo-chrétienne et tous les autres sont des sous-hommes, des gens justes capables d'être nos esclaves et que nous dépouillons de leurs biens non sans un certain esprit de lucre vicieux.

Thierry Paquot disait : « dorénavant, la véritable dualité politique n'est plus celle qui distingue la droite de la gauche, mais celle qui sépare les partisans du souci écologique des prédateurs ». La conséquence la plus catastrophique de cet esprit du toujours plus, du commerce avant tout et de la richesse pour seul objectif personnel de nos capitaines d'industrie, est la ruine de la planète. Non seulement sa ruine mais sa destruction. Il est tout de même étonnant de constater que, malgré un accord quasi général parmi les scientifiques non corrompus, peu d'industriels transnationaux se préoccupent de l'avenir de leur source de profits à long terme. Ils veulent tout et tout de suite, demain, la science pourvoira à la recherche de solutions nouvelles et inédites. Mais la science ne nous offre aucune garantie. Bien au contraire, c'est la science qui nous a menée où nous en sommes, comment espérer qu'elle nous en sorte sans, au contraire, nous y enfoncer un peu plus vite et un peu plus fort. La science ne fait que trouver de nouvelles utilisations des matières premières qui hantent notre sous-sol, surtout dans les pays sous-développés, malheureusement pour eux. Elle ne se concentre pas sur les économies que nous devrions faire de ces matières premières pour en laisser à nos suivants, nos enfants, nos petits-enfants et après, comme c'est le cas depuis des millions d'années. Nous avons détruit en deux siècles ce que notre mère nature avait mis des milliards d'années à produire, et ceci grâce, ou plutôt à cause, de la science et de la raison qui croient pouvoir, à elles deux, résoudre tous les problèmes que leur stupidité a générés.

Au début des années soixante, Henri Lefèbvre montrait bien que, si « ce n'est plus par, dans et avec le travail, que l'on se construit » dans la « société bureaucratique de consommation dirigée », « le sens de la vie, c'est la vie dépourvue de sens ». C'est bien le problème.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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