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Editôt ou éditard… (156)

Editôt ou éditard... (156)

Faut-il ou ne faut-il pas remettre la légion d'honneur aux auteurs du sauvetage, in extremis, du Thalys de vendredi passé ? Bonne question, sacrée bonne question ! Pourquoi, par ailleurs, un ou deux des sauveteurs français ne souhaitent pas recevoir cette récompense honorifique en public mais plutôt à huis clos ? La peur est-elle invitée à la cérémonie de remise de ces médailles alors qu'elle est la source de cette affaire ? N'est-ce pas la mission de chaque être humain de défendre ses frères ? N'y a-t-il pas là quelque chose de parfaitement normal, logique, à donner sa vie pour sauver celle de ses frères ? Est-ce du courage que de donner le peu que nous avons pour neutraliser les destructeurs de nos vies, quels que soient les idéaux de ces barbares ? Cela me ramène à un de mes derniers articles, que sommes-nous prêts à sacrifier pour rester ce que nous sommes, des êtres humains ?

Alors que notre président Hollande est à la parade, ce qui augure bien de sa campagne électorale commencée le 7 mai 2012, et montre sa superbe dans cette photo où il trône au milieu de ces jeunes hommes en polos aussi humbles que courageux. Oui, ces hommes sont courageux, d'un courage que nous devrions tous avoir pour défendre tout ce qui touche à l'intégrité de notre Humanité. Mais ce n'est pas parce que nous devrions l'avoir alors même que nous en sommes bien loin, que nous ne devons pas remercier ces jeunes de l'avoir conservé pour nous tous. Mais, pour mettre un bémol à cette envolée lyrique qui caractérise les louanges faites à nos nouveaux héros, s'ils n'avaient pas été militaires, auraient-ils réagi ? S'ils n'avaient pas été Américains seraient-ils intervenus ? S'il n'y avait eu que des Français, aurions-nous aujourd'hui à pleurer des victimes au lieu de décerner des signes de reconnaissance ? Je ne veux pas gâcher la fête, mais je suis en droit de me poser ces questions, et je vais même plus loin. Si j'avais été dans le train, à la place de ces gens braves, qu'aurais-je fait ? Aurai-je risqué ma vie comme ces jeunes gens l'ont fait ? Le plus triste est que je ne le sais pas. Il faut être dans la situation pour savoir si la peur est en mesure d'annihiler toute humanité de son être. Même si mes intentions sont bonnes, je ne sais pas ce que j'aurais fait et c'est là le problème.

La peur est le moteur de beaucoup de nos décisions. Je respecte la décision que le ou les Français, qui ont prêté main forte aux Américains et à l'Anglais, ont prise de rester dans l'anonymat. Ils ont des familles, ils ont des vies, ils ne veulent pas les perdre, ceci peut se concevoir et est respectable, surtout du fait qu'ils ont agi, eux. Ils ont pris des risques mais ne veulent pas en rajouter face à l'ignominie des sauvages qui errent dans nos rues et qui s'y dissimulent. Ils ont le même courage mais ne veulent pas attiser de désir de revanche chez des gens qui n'ont pas besoin de cela pour nous prouver leur barbarie. Je dois avouer que leur attitude, à ces courageux anonymes, me plaît énormément. C'est une réaction qui mélange la passion et la raison qui sont le socle de l'Humanité. La passion seule est dévastatrice, comme la raison, ensembles et réparties égalitairement, ces qualités sont les soutiens extraordinaires de notre espèce mais aussi de tout l'Univers. La passion anime les terroristes, la raison anime les scientifiques fous qui veulent changer l'Homme en machine. L'amour ne peut tout faire, l'intelligence non plus. Nous devons prendre conscience de nos limites et ne pas surjouer des rôles qui ne sont pas pour nous. Acceptons le fait que la nature nous a doté de dons fantastiques et que c'est l'honorer que de les utiliser dans son intérêt qui est aussi le nôtre.

Effectivement, nous devrions tous être capables de nous battre pour sauvegarder notre espèce, sans distinction d'aucune sorte. Seule la peur nous interdit de le faire. Il n'y a rien d'héroïque finalement à défendre ses frères, c'est logique, normal dirait notre président. Mais cela est devenu un événement hors du commun et cela nous oblige à des mises en scène, à des spectacles qui montrent la grandeur de certains pour mieux exposer la petitesse des autres. Nous peuplons nos écrans de héros, de stars, de vedettes, qui, chacune à leur manière, sortent de l’ordinaire où la masse informe que nous représentons se complaît. C'est une autre façon de nous limiter que de parler d'héroïsme alors qu'il n'y a que normalité. En fait, lorsque nous voyons ces jeunes soldats américains, musclés, dépassant notre petit président d'une tête, nous fêtons leur courage et, dans le même temps, nous prenons conscience du fait que nous ne sommes pas tous comme eux. Cela nous remet dans nos propres limites et nous oblige à prendre la décision de leur être reconnaissant tout en sachant que nous ne ferions jamais ce qu'ils ont réalisé. C'est à la fois un exemple positif et négatif. Ils sont extraordinaires et moi je ne suis rien… Mais cela est faux ! Nous sommes tous des êtres humains, aussi valeureux, aussi courageux que ces personnes admirables. Nous devons juste nous débarrasser de nos peurs instinctives toutes basées sur l'aspect matériel de nos vies sans avenir, et savoir sacrifier ce qui nous est le plus cher pour des causes qui le méritent vraiment par leur éthique et leur respect de l'Humanité.

Alors, que nous n'ayons pas le courage de nous battre pour défendre nos acquis sociaux et lutter contre la roublardise de nos gouvernants, c'est difficile à admettre. Mais je suis certain que lorsque des valeurs réelles, supérieures seront mises en danger, nous saurons réagir… Enfin, je l'espère !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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