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« LA » Chronique du week-end… (155)

"LA" Chronique du week-end... (155)

Encore un voyage de plus, dans ces trains où les gens ne se parlent pas, par timidité, par discrétion, par crainte. Peu importe les raisons pourvu qu'on ait le silence, n'est-ce pas ? Ces grandes voitures où les places sont toutes offertes aux regards et où l'intimité ne peut régner ne sont pas propices aux conversations inopinées, aux bavardages sans intérêt majeur mais qui font que nous sommes entre êtres humains et heureux de partager ce moment avec nos frères et sœurs. L'effet de masse génère la peur, dès que nous sortons des dimensions raisonnables d'un groupe, la frayeur remplace la convivialité, la gêne se substitue à l'audace, trop de témoins, trop de public pour une représentation qui ne nous donnera jamais d'applaudissements.

Il est vrai que les compartiments étaient les préférés des voyageurs, mais ils ont été sacrifiés sur l'autel de la rentabilité, de la profitabilité par siège, par m², ou par toute mesure qui déshumanise mais qui enrichit. Je me souviens d'avoir fait, lorsque j'étais étudiant et ensuite jeune marié, des études pour l'ex compagnie Sofres à la demande de la SNCF. Les « marketeurs » de notre régie nationale venaient de créer les trains corail, les premières bétaillères payantes pour humains qui succédaient aux anciennes voitures justement à compartiments. Le résultat des études fut clair, les gens ne voulaient pas changer leurs habitudes, mais pas bêtement, juste pour contrarier les comptables de la SNCF, non, ils demandaient la restitution de leur intimité, le retour des cellule qui permettaient de nouer des liens, courts mais réels, entre passagers. Mais il faut croire que les polytechniciens ont la même formation que les énarques, il suffit que leurs clients, comme les électeurs pour les seconds, souhaitent une chose pour que ces benêts diplômés leur offre le contraire. Il en fut donc des compartiments comme de l'Europe, nous demandâmes des compartiments nous eûmes des wagons de marchandise, nous refusâmes l'Europe pour mieux se la prendre en pleine face quelques mois plus tard.

Nous pouvons décemment nous poser la question de l'utilité de tous ces sondages, ces études de marché, comme celle par exemple au moment du choix du nom de notre stade de France. Nous avions payé, de nos impôts, des millions de francs pour nous faire recommander par des consultants, experts es commerce et opération financière, qu'il ne fallait pas que le nom du lieu contienne les mots « stade » et « France »… Résultat de cet amas d'argent jeté par les fenêtres, le site s'appelle « stade de France » ! Allez comprendre ce qui motive nos édiles et autres hauts cadres administratifs, peut-être les commissions versées par les sociétés des amis qui font des études inutiles car les décisions sont déjà prises ? Si nous totalisions les dépenses somptuaires et inutiles qui nous ruinent dans notre beau pays, eh bien, justement, nous ne le serions pas… ruinés ! Entre les fuites fiscales et les gaspillages, nous pourrions rembourser les 2100 milliards de dettes que nous avons en dix années. Ces opéras et autres hauts lieux de la musique créés pour la gloire de quelques ministres et présidents qui se suivent et se gargarisent des mêmes gabegies, avec chacun son petit monument, sa petite trace dans l'histoire, quelle caricature. Avec des budgets qui se multiplient au mieux par deux ou trois, au pire par quatre, cinq ou six. Et tout cela, pendant que certains ne peuvent pas se soigner, ou dorment à la belle étoile, ou se font supprimer des classes d'école, des services hospitaliers, des transports ou encore des bureaux de poste.

A quoi bon demander nos avis, à quoi bon voter, nous sommes réduits en esclavage dans un pays livré à la tyrannie des politiques aidés pas leurs commensaux de l'éna et leurs fonctionnaires hors cadre. Ne voyez-vous que l'on se moque de nous, que nous sommes les dindons d'une farce même pas bonne à manger ? Et les dindons ont au moins la satisfaction d'engendrer le bonheur des convives autour des tables, pour des moments festifs pleins de joie et de gaîté. Nous, en fait de bonheur, nous n'avons que celui de consommer les nouveaux produits que nos industriels, assassins de la planète et responsables de tous nos maux qui bénéficient de notre résignation. Donc, nous n'avons pas à nous plaindre, nous pouvons nous téléphoner en se voyant pour rien, nous avons des voitures qui consomment de moins en moins de carburant mais toujours plus nombreuses, nous avons de l'eau courante dans laquelle nous mettons un point d'honneur à mettre le plus de détergents, de pesticides, d'engrais, d'herbicides et toutes les formes de poison possibles, pour la rendre impropre à la consommation et faire engranger des profits aux compagnies des eaux qui nous rackettent en permanence.

Et là-aussi, qui nous demande notre avis avant de faire toutes ces belles et grandes choses qui rendent notre univers toujours plus matériel et dépersonnalisant ? Personne ! Mais c'est logique puisque nous ne nous intéressons qu'à nous et nos petits ego… Vivement la fin disent certains, réagissons disent d'autres dont je suis… Allez du courage !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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