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Editôt ou éditard… (157)

Editôt ou éditard... (157)

La raison de mon silence est ma présence sur le continent américain, eh oui, moi le démolisseur de la société de consommation, le chantre du retour à une écologie politique à la fois sévère et riche de son retour vers l'humain, je suis aux USA. Mais j'ai une bonne excuse, je rends visite à ma famille, rien de plus sacré que la plus petite cellule sociétale que la terre ait portée depuis la nuit des temps. Je constate que le monde du mercantilisme aigu n'a pas changé depuis ma dernière visite mais que beaucoup d'Américains ont néanmoins une vue assez claire des malheurs qui nous attendent tous. Même s'ils font encore mine, majoritairement, de ne pas en faire cas. Bien sûr, les thuriféraires de Donald Trump montrent que rien n'est gagné, à voir les sondages maudits qui lui donnent des chances de réussir à capter les votes de tous les lobotomisés étasuniens. Mais en fait, il ne mérite même pas une ligne de mon article, c'est un dangereux personnage.

Et la présomption d'innocence alors ?

En revanche, je voudrais, si vous me le permettez, revenir sur des faits étranges qui sont arrivés ces derniers temps dans le milieu de la presse et de l'édition. Nous venons de constater une fois de plus que le mieux est l'ennemi du bien, que trop d'information tue l'information et la rend inopérante. Quand je dis inopérante, il s'avère que sa mission de transmettre des nouvelles ne soit pas vraiment accomplie. Les informations, qui firent la part belle aux goulus du scandale et qui retinrent l'attention du chaland ces derniers jours et dont je parle sont celles qui touchent le royaume chérifien. Deux journalistes, déjà connus et reconnus pour un de leurs précédents livres qui déplut fortement au roi du Maroc, se sont retrouvés accusés et mis en garde à vue pour tentative de chantage à l'encontre de Mohamed VI et des proches. Avez-vous remarqué que les journalistes sur la sellette se sont vus cloués au pilori par leurs charmants confrères. Pas un journal pour parler de la liberté de la presse ou de la présomption d'innocence, non, non, tous devaient hurler ensemble telle une meute de loups affamés contre ces journalistes et auteurs pervertis et corrompus, voire extrêmement malhonnêtes. Comme il est facile de tirer sur une ambulance, de hurler avec les loups et de ne pas réfléchir avant de détruire une réputation. L'instantanéité des informations fait que nous n'avons aucun recul ni temps pour se poser et regarder les choses en toute quiétude. Mais peut-être est-ce le but ?

A qui profite le crime ?

La rapidité d'intervention et la mise en branle de tous les supports fut dramatiquement instantanée. On aurait pu croire, pour peu que l'on raisonne un peu, que tout était prêt d'avance. Etait-ce le cas, pour ma part, cela ne fait aucun doute. Un maître du barreau dans le secteur du pénal, adulé des médias, dont le charisme et la faconde attirent les caméras comme le miel les mouches, était sur le champ de bataille avant même que la guerre fut déclarée. Les mains pleines de preuves accablantes contre des maîtres-chanteurs, il ne lui fallait plus que créer le discrédit sur les personnages avant de porter l'estocade qui les réduiraient à rien, ou presque. Bien entendu, entre un dictateur qui peut se payer un roi des assises et deux auteurs maladroits et un peu vénaux mon choix est simple. Je n’hésite pas, de deux maux il faut choisir le moindre et ce sont les auteurs qui auront ma préférence. Je sais, ce n'est pas bien de prendre parti sans être au fait de tous les détails que nous ne connaîtrons effectivement jamais. Mais je suis comme ça, quand tout le monde est contre quelqu'un au même moment, je ne peux pas croire que ce soit la vérité dans ce monde où rien n'est gratuit, et où donc tout s'achète.

Nouveau jeu : qui est le plus pourri ?

Que de battage pour une vénale histoire de chantage. Il est certain que la victime de cette pseudo malversation, d'auteurs connus et reconnus, est suffisamment importante pour mobiliser toute la presse et pourquoi pas le gouvernement… Et c'est là que le bât blesse. Peut-on imaginer que ce scandale aurait eu le même retentissement, alors même qu'il touchait un partenaire proche du gouvernement français, sans que ce même gouvernement fut au courant ? Non, nous ne pouvons pas l'imaginer, c'est absolument impossible. Ceci prouve une fois de plus la soumission continuelle et totale de la justice à l'exécutif. Montesquieu avec sa République aux trois pouvoirs autonomes et distincts doit se retourner dans sa tombe, lui qui était le précurseur de ce qui devint le pays auteur des droits de l'homme. Ce pays est une république bananière comme tous les états pseudo démocratiques qui n'en ont que le nom et pas les principes. Comme c'est le cas ici aussi, autre pays qui fut générateur du rêve américain, fait de courage, de liberté et de démocratie comme ses fondateurs l'imaginèrent. Mais tout cela est grave, la traduction de ces faits est simple et claire. L'exécutif est désormais maître de tous les jeux, il détient toutes les ficelles et les filouteries pour nous faire faire ce qu'il souhaite en nous endormant des propos lénifiants et obéissants d'une presse aux ordres. Non content de nous manipuler, ils se comportent en complices d'un régime totalitaire et, de ce fait, pérennise la corruption et le pourrissement de ce pays merveilleux qu'est le Maroc.

Voilà le monde dans lequel vous vous résignez de vivre, un monde où les voyous parlent et défendent les voyous sans prendre aucun risque du fait de notre couardise notoire…

Je ne peux m'y résoudre, la lutte non-violente et continue est la solution que je préconise. La question est : A qui puis-je la préconiser ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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