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« La » Chronique du week-end… (158)

"La" Chronique du week-end... (158)

Tous les vieux grigous, dont je fais partie en tout premier lieu, ont l'habitude de dire « ah, c'était mieux avant »… Ont-ils raison ou tort de le dire n'est finalement pas vraiment le problème, d'ailleurs qu'ils aient raison ou tort, est-ce important et si ça l'est, pour qui ? Cependant, il est tout de même possible que les évolutions comme les avancées au sujet desquelles nous sommes si fiers, en bons adorateurs du Dieu progrès, ne soient pas aussi positives que l'ont fait mine de le penser. Pourquoi le présent serait-il mieux que le passé sans que celui-ci puisse, parfois voire souvent, paraître ou être plus favorable à ceux qui en parlent, les êtres humains en l'occurrence ? Le passé comme le présent et le futur revêtent les mêmes avantages et inconvénients, ils sont bons et mauvais comme tout ce que les Hommes font.

Une pièce comme on les aime

Hier je suis allé voir une pièce de 1968, « Je ne veux pas mourir idiot » jouée au Théâtre Dejazet en hommage à Wolinski et il est vrai que j'ai pensé que le passé était mieux que le présent au sortir de la salle. Pourquoi ? Tout d'abord parce que c'était ma jeunesse, et que tous nos souvenirs, dans tous les cas les miens, nous rappellent le temps béni de notre insouciance, celui où nous avions les têtes pleines d'idées et de projets plus ou moins étudiés et préparés. En revoyant ces acteurs échanger des propos entendus des centaines de fois à cette époque déjà lointaine, je revoyais mes camarades de lycée, de fac, avec qui nous refaisions le monde et ces dialogues endiablés ne tarissaient pas avant le petit matin. Nous avions des idées, pas forcément ni uniquement de nous, mais nous réfléchissions à de nouveaux mondes possibles, nous imaginions que nous pouvions faire autrement… J'ai pleuré pendant le spectacle, de rire eu égard aux dialogues mais aussi sur mes jeunes années. Pas pour les regretter et les ensevelir sous un monceau de souvenirs que j'embellirais à loisir, non. Surtout parce que je vois un présent sans ambition, sans prétention, s'offrir aux cerveaux lobotomisés des joueurs de Wii et de play station, un présent vide de sens où l'anticipation, la recherche de nouvelles opportunités pour nous sortir de notre torpeur n'existent plus. Un présent de résigné !!!

Une pièce à voir, jeunes et vieux

Le monde n'a de valeur que par ce qu'il contient et ce à quoi il donne vie, c'est à dire, les espèces minérale, végétale et animale, espèce animale dont nous sommes à la fois le meilleur et le pire exemple. Si nous sommes vraiment ce qu'il y a de plus abouti sur notre planète, je veux parler de l'espèce humaine, ce dont je doute à voir la magnificence de notre univers, comment nous contenter aujourd'hui de vivre, ou plutôt de survivre, si médiocrement, sans aucune pensée sur nous-mêmes, nos finalités éventuelles et l'intérêt de notre passage à la fois si long et si court sur terre ? C'est sur cette absence de réflexion que mes larmes se déversaient dans le silence de mon cœur. Ce silence qui entoure d'une chaleur fraternelle tous ces jeunes que nous étions et qui n'existent plus que sous la forme de bobos sociaux-démocrates fraîchement créés ou de libéraux récupérés via la société de consommation. Nous avons perdu quelque chose d'important en diluant nos idéaux dans le confort douillet de nos intérieurs luxueux que nous ne voulons partager qu'avec les nôtres, pas ces « migrants », rien que les gens comme nous, résignés à vivre en robots de la société consumériste dans laquelle nous nous abandonnons corps et âmes. Oui, dans ce cas précis, le passé est mieux que le présent, quand le passé nous faisait utiliser ce qu'il y a de plus beau en l'Homme, l'association indispensable de sa raison et de ses émotions, l'esprit et le cœur.

Une techno parade en guise de preuve

Voilà ce que je pensais en quittant mon siège pourpre de théâtre parisien, en marchant vers la lumière de cet après-midi de septembre au soleil inattendu mais toujours bienvenu, en sortant d'une salle sombre où de talentueux acteurs m'ont rajeuni de cinquante ans pendant plus d'une heure. Et c'est là que ma surprise fut totale, en atteignant la porte du Dejazet qui me rejetait loin dans une civilisation qui me déplaît sur un trottoir sali par une foule improbable. Cela avait commencé juste avant mon entrée mais ce n'était que les prémices, maintenant, c'est une véritable techno parade à laquelle je suis confronté. Une foule de plusieurs milliers de jeunes écoutaient une musique qui s'apparente plus à du bruit qu'aux mélodies auxquelles mes oreilles sont habituées. Beaucoup de ces gamins avaient des bouteilles de vin, rouge, blanc, rosé, des bouteilles de plastique contenant des cocktails alcoolisés de leur fabrication, des joints plus ou moins bien roulés, certains étaient saouls, d'autres en train de le devenir. Et c'est là que j'ai pu voir la différence entre l'époque passée, la mienne, celle de ma jeunesse, et celle de mes petits-enfants. Sans autre avenir que la jouissance dans le moment présent, sans aucune pensée réservée à un futur qui ne s'annonce pas si rose, nos jeunes se noient dans le plaisir sans bonheur de la consommation qui ne génère que l'insatisfaction permanente, le malheur continu, le harcèlement du toujours plus.

Même si ce n'était pas mieux avant dans tous les domaines, il en est qui me manquent, le principal étant la nécessité de penser et de converser sur des idées qui sont de la philosophie à l'état pur et dont manque notre présent. Nous avons perdu notre amour de la discussion, de la confrontation et du dialogue pour adhérer au politiquement correct consensuel et dictateur.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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