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Putsch au Burkina Faso ? Encore…

Putsch au Burkina Faso ? Encore...

L'Afrique se rappelle à notre bon souvenir grâce, ou à cause, d'un nouveau coup d'état au Burkina Faso. Ce pays, voisin d'états bien embêtés par leurs propres problèmes internes et externes, comme le Mali, la Côte d'Ivoire, le Niger, va par sa nouvelle intervention militaire dans les affaires publiques aggraver la situation. Devant une scène internationale vide de toute stratégie autre que celle des intérêts de ses multinationales qui exploitent ce continent magnifique, la prise de pouvoir, durant la période de transition, de Gilbert Diendéré à la présidence du conseil national de démocratie n'augure rien de bon. Ancien chef d’état-major et bras droit de Blaise Compaoré, que le peuple avait rejeté dans le silence coupable des partis politiques burkinabés, est-il l'homme de la situation ?

A qui profite le crime ?

La France, dans le rôle hypocrite qu'elle entend jouer depuis le début de la crise au Burkina Faso, prétend qu'elle ne prend plus de positions diplomatiques sur le plan des valeurs et des principes démocratiques dans ce pays. Après avoir semé le trouble, voire la guerre civile qui opposa l'actuel président ivoirien à son prédécesseur, la France veut jouer les Tartufe ou les Ponce Pilate, alors que la Françafrique, ou France à fric, n'a jamais été aussi persistante. Quand nous déciderons-nous à laisser les Africains maîtres chez eux ? Quand les matières premières africaines seront épuisées définitivement est la seule réponse valable. L'Afrique n'est que le réservoir disponible qui contient ce dont nous avons besoin au meilleur coût et dans lequel nous puisons sans compter pour satisfaire nos caprices de consommateurs lobotomisés. Quelle est l'importance réservée aux peuples autochtones ? Aucune, ils ne sont que la main d’œuvre taillable et corvéable à merci, chargée d'exploiter dans les pires conditions imaginables les mines et les extractions les plus dangereuses possibles et qui font des victimes quotidiennes dont nous nous moquons sans aucune vergogne. Voilà ce qu'est l'Afrique pour les riches que nous sommes. Depuis l'arrivée des Chinois sur ce continent magique, c'est pire encore, ils sont des vampires encore plus assoiffés de sang africain, des prédateurs qui cultivent la corruption, moins discrètement que les Français, et qui prennent un maximum de marchés.

Corruption = mère de la migration

Maintenant des questions se posent ; pourquoi ce nouveau coup d'état ? Qui se cache derrière Gilbert Diendéré ? Bien évidemment nous savons que des intérêts sont bien dissimulés par les rideaux de fumée des informations téléguidées de nos médias, mais nous le savons de façon intuitive, nous n'avons pas de preuve concrète, pas de quoi confronter les criminels qui organisent la spoliation d'un continent au profit d'une poignée d'industriels mafieux. Par ailleurs, nous sommes tellement contents d'avoir nos portables à si bon compte, si nous devions payer les matières premières au prix juste ils nous coûteraient plus chers, et ça nous ne pouvons l'accepter, quitte à être complices des condamnations à mort de travailleurs sous-payés et réduits à l'esclavage. Nous voyons là une des raisons majeures de la migration économique et salvatrice qu'envisagent des quantités toujours plus importantes d'Africains. Connaissant un peu l'Afrique et les Africains, je peux vous assurer qu'ils ne souhaitent pas venir chez nous, ils espèrent simplement travailler dans le respect minimal de la personne humaine qui n'existe pas chez eux, et par notre faute unique. Chez nous, ils savent que l'être humain a encore, pour l'instant mais ça diminue, quelques droits et se fait respecter.

Élimination de l'espoir

Lorsque le 4 octobre 1984 Thomas Sankara lut son discours devant une ONU médusée par son talent et son éloquence, sa clairvoyance et son intelligence, il signa lui-même son arrêt de mort. Assassiné le 15 octobre 1987 lors d'un coup d'état qui mit un "ami" de la France au pouvoir ; cette condamnation fut exécutée. Que l'on soit collectiviste ou pas, le discours de cet homme d'état, qui était l'espoir de l'Afrique, revêtait une vision de l'avenir de ce continent qui aurait pu éviter les catastrophes en cours sur les routes de la migration organisée par des voyous. Malheureusement, la prise en mains de leur continent par les Africains ne convient pas aux intérêts des compagnies transnationales qui détiennent les clefs de son pillage permanent, avec l'aide active et corrompue des marionnettes mises en place par les gouvernements des pays exploiteurs. Il n'y a pas d'espoir pour sortir de cette situation, aucun. Il suffit de quelques francs CFA pour corrompre des gens réduits à la misère et ils sont prêts à vendre leurs âmes au diable pour sauver l'avenir de leurs familles. Comment pouvez-vous espérer convaincre ces personnes maintenues dans une misère économique et alimentaire, à qui on ne donne même pas le minimum d'instruction lui permettant de comprendre ce qui lui arrive, alors qu'avec quelques francs d'un salaire minable on peut le réduire au silence coupable et résigné de l'esclave consentant ? Impossible… jusqu'à aujourd'hui !

Relisez le discours de Thomas Sankara. Sans a priori pour ou contre le collectivisme, vous vous rendrez compte que ce visionnaire proposait une solution équitable pour tous… Chose que nous sommes incapables de faire !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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