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Ce n’était pas mieux avant !

Ce n'était pas mieux avant !

J'ai acheté dans une brocante un vieil opuscule de la collection « Que sais-je ? », son titre « La participation des Français à la politique » par Jean Meynaud et Alain Lancelot. Je viens de l'achever et le constat est incroyable dans l'absolu comme dans le relatif. Ce bouquin, édité pour la première fois en 1961 et réédité en 1965 (date d'édition de celui que j'ai lu), catalyse tous les reproches que nous nous faisons sur le même sujet aujourd'hui. Est-ce, une fois de plus, la preuve que l'histoire tourne en boucle et que nous ne tirons jamais les leçons de nos aventures, quelles qu'en soient leurs conséquences ? Peut-être… Mais nous pouvons croire aussi que l'homme est un, qu'il soit blanc, jaune, noir, bleu à pois verts, chrétien, juif, musulman, bouddhiste ou athée, domicilié dans un coin ou un autre de notre planète pillée et spoliée par des voyous et quelles que soient les époques. Je préfère cette vision !

Les Français participent-ils à la politique ?

La réponse faite il y a cinquante ans par ces auteurs est la même que celle que nous pourrions faire de nos jours ; non ! La liste, non exhaustive, des raisons de cette apathie qu'évoquent ces éminents professeurs de science politique est à peu de différences près celle que nous aurions pu faire maintenant. Même réponse, mêmes raisons, mêmes résultats ? Ils vont plus loin encore en constatant que ce désintérêt pour la chose politique est plus général et touche beaucoup de pays d'Europe et industrialisés. Lire ce livre aujourd'hui met en évidence que l'ouvrage dévastateur des trente glorieuses en termes de productivisme et de développement de la consommation n'avait pas encore fait tout le mal que l'on sait, et tout le bien aussi. Mai 1968 n'était pas encore passé par là et, surtout, le monde était toujours divisé en deux blocs distincts et opposés, les capitalistes libéraux d'un côté et les collectivistes de l'autre. Le Bien et le Mal, qui changeaient en fonction des opinions de chacun. L'idéal marxiste faisait encore rêvé et Milton Friedmann aussi. Mais, depuis cette « belle époque », pour ceux qui l'ont connue, les choses ont à la fois bien changé dans leur forme alors qu'elles se sont stabilisées et pérennisées sur le fond. Seul point commun certain, les Français ne participent pas plus à la politique aujourd'hui qu'avant, tout en n'en ayant pas augmenté les proportions de désaffection. Étrange…

L'Homme éternel

Comment s'étonner de ce non changement, de cette non évolution, dans notre monde où tout ce qui ne bouge pas est dénigré, critiqué et finalement banni d'une planète vouée à une innovation permanente sous les auspices du Dieu progrès ? Eh bien je vais vous étonner, savez-vous quel est le principal point commun de toutes les époques, de tous les temps ? C'est l'Homme depuis qu'il est apparu sur notre terre nourricière. Il n'a pas changé, un peu moins de poils, plus de vocabulaire, plus de sophistication souvent inutile, mais dans le fond, il est le même. Bien sûr, il fut un temps, je vous rappelle de lire le livre de Marshall Salhins, « Age de Pierre, âge d'abondance: l'économie des sociétés primitives », où les êtres humains étaient plus communautaires, plus solidaires, mais ils ont toujours conservé le comportement profond issu de ce que j'appelle « le complexe d'Adam ». De quoi s'agit-il ? C'est très simple, Dieu n'interdit qu'une chose à Adam, et celui-ci, se croyant encore plus malin que son créateur et soumis à des pressions bien senties d'Eve, fait l'opposé. Il prouve par sa transgression sa capacité de réflexion, son autonomie de décision, son désir d'affirmation de ses compétences intrinsèques, mais aussi son « influençabilité ». Et de cette autorité naîtra son égocentrisme qui sera, en fonction de la société où il s'insère, plus ou moins exacerbé. Cette exacerbation est à son paroxysme à notre époque. Cet Homme égocentriste est le point commun de toutes les ères, c'est toujours lui qui change en or ou en ordure tout ce qu'il touche en fonction de ses choix personnels et de sa manière de contenir son égoïsme dans des limites respectables pour tous. Le Midas éternel, le roi fou par excellence.

Plus égoïste, moins participatif ?

C'est un peu plus compliqué que cela. Il faut avouer que les gouvernants ne font rien pour encourager la participation, je dirais même qu'ils sont intéressés à développer l'inverse. Ceci afin de conserver dans leur microcosme un pouvoir que personne ne leur disputera. Cependant, il est indéniable que la société de consommation, qui place le matériel avant le spirituel, ne peut pas gêner cette tendance. Bien au contraire, la jalousie, l'envie, l'insatisfaction permanente sont les supports de cette économie de marché reposant sur le bien-avoir. Société où nous ne sommes reconnus qu'à partir du moment où nous sommes en vue, que nous possédons maintes et maintes choses aussi inutiles qu'illusoires dans le fond mais si classieuse sur la forme. La délimitation du pouvoir se fait en fonction de votre rang dans la société. Plus vous possédez, plus vous avez de pouvoir. Les personnalités politiques, moins riches au départ, ont compris qu'il fallait laisser la possession aux nantis pour conserver un rôle politique majeur qui protège ceux qui les financent, les riches en question. C'est ainsi que les égoïsmes des riches s'associent avec les égoïsmes des politiciens professionnels afin de manipuler ceux qui les font vivre et se développer.

Alors, participer en sachant cela, est-ce encore possible ? Même si notre désintérêt pour nos frères humains est permanent, cette organisation des choses ne peut pas nous pousser à participer… Sauf, si nous le décidons… Voir le complexe d'Adam ci-dessus, la balle est dans notre camp !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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