Log In

Discussion intéressante

Discussion intéressante

Je discutais politique hier soir avec un « jeune » de quarante ans. Bien évidemment, nos approches n'étaient pas identiques malgré de nombreux points communs. Ses questions sur ma vision pour éviter le pire scénario pour notre minuscule planète marquaient une inquiétude sourde, sous-jacente, qu'il avait du mal à avouer. Il est vrai que, dans notre société, le bonheur est obligatoire, enfin quand je dis le bonheur, je devrais plutôt évoquer le plaisir. L'abandon de la multiplicité de points de vue, au profit d'un consensus qui sent plus l'abandon que le résultat d'une lutte négociée, n'y est pas pour rien.

Où le bonheur se cache-t-il ?

Nous devons sourire puisque nous sommes tous d'accord. Nous devons sourire puisque nous sommes comblés de bienfaits matériels. Nous devons sourire puisque nos amis virtuels se comptent pas milliers (sans en avoir plus de dix en réalité). Nous baignons dans le bonheur. Mais ce n'est pas du bonheur. C'est l'aboutissement d'une joie temporaire liée à des événements plus qu'à des émotions. Le plaisir de tourner la clef de contact de sa nouvelle voiture est immense mais ce n'est pas du bonheur car, dès l'instant où l'action génératrice de ce plaisir se réalise, un besoin nouveau apparaît. La première joie passée la nécessité d'acquérir le modèle supérieur se fait sentir dès la sortie du garage par l'entremise des panneaux publicitaires qui vous confirment que vous avez joué petits-bras en achetant le véhicule que vous êtes en train de conduire. Bien sûr, celui-ci correspond à vos moyens voire un peu au-dessus grâce au crédit. Mais, vous êtes vraiment nul de ne pas avoir pris l'autre, celle qui vous aurait certainement valu d'être remarqué dans votre quartier, celle qui vous aurait fait prendre pour ce que vous n'êtes pas… L'insatisfaction est la conséquence première de l'économie de marché et est donc la destructrice de tout bonheur avant même qu'il ne naisse en vos cœurs.

Quelle solution as-tu à proposer, me demanda ce jeune homme ?

Je lui ai parlé de décroissance nécessaire, voire obligatoire, je lui ai parlé de communalisme et de la Commune de 1871 qui peut en être un exemple. Je lui ai parlé de partage, de retour au lien social, de retour de l'humain au premier rang de nos préoccupations. Je lui ai dit qu'il valait mieux passer une soirée à jouer à un jeu de société en famille, ou avec ses voisins, ou parmi ses amis que de regarder des émissions qui ne font que montrer des compétitions incessantes dans tous les domaines, la meilleure voix, le meilleur acteur, le meilleur camping ou hôtel ou restaurant, toujours les meilleurs après d'atroces luttes où les gens montrent leurs plus bas instincts. Nous devons sortir du toujours plus et toujours mieux pour entrer dans le royaume du satisfaisant. Le bonheur c'est la satisfaction. Mon interlocuteur me comprenait parfaitement et partageait quelque peu mes vues, mais… Son embarras reposait sur le comment. Comment allons-nous passer de notre monde à ce nouvel univers où tout sera différent. Il est vrai que, dans les discours, tout est bien plus simple. Nous sommes dans l'ambiance du « y a qu'à… faut qu'on… » que j'écrirais, si je l'osais, « caca… faux con… », dans cette ambiance où jamais rien de concret ne peut prendre naissance.

Une alternative, deux voies

La première de ces solutions possibles est de se prendre en main, de décider de se satisfaire du nécessaire et d'abandonner le superflu, l'inutile, le reflet d'une abondance qui ne nous enjoue pas autant que nous le laissons paraître. Ce sera difficile, très difficile, mais ce sera bénéfique. Malheureusement, cette voie me semble utopique aujourd'hui, à cause du manque de conscience des peuples de l'état de délabrement de notre nature. A cause aussi de notre volonté à continuer de faire mine de s'y intéresser tout en continuant de la détruire avec entrain, pour ne pas nuire aux intérêts de l'oligarchie au pouvoir partout dans le monde et dans chacun des pays. La seconde solution repose sur l'absence d'action qui consiste à continuer comme nous le faisons depuis des siècles à gaspiller, à détruire, à consommer plus que de raison, à extraire toujours plus de nos sols sans aucun remord pour les futurs humains à qui nous laisserons une poubelle pleine en guise de planète. Cette absence de réaction entraînera des catastrophes que même l'imagination débridée des réalisateurs de films d'horreur ne peuvent créer. Des guerres, pour de l'eau, pour de la nourriture, engendreront des migrations de centaines de millions de personnes et peut-être même plus. Et après une dernière conflagration mondiale, les survivants seront bien obligés de se contenter de ce qui restera disponible et seront devenus décroissants sans le souhaiter, sans l'organiser, sans le prévoir et le structurer pour le bien de tous sinon de la majorité. Entre ces deux solutions le jeune homme ne savait que faire.

Finalement, nous avons le choix, comme toujours. Nous sommes responsables, nous avons le choix et nous devons choisir. Aujourd'hui pas demain, aujourd'hui car il est déjà trop tard dans bien des domaines. C'est à ce moment que nous entendîmes, ce jeune et moi : « à table ». Le monde mourra par notre manque d'intérêt à son égard.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com