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1789 ou 1793 ?

1789 ou 1793 ?

Enfin une bonne nouvelle, je viens de recevoir un premier commentaire sur le livre que j'ai écrit et dont la distribution vient de commencer (Mon éditeur : Amazon : FNAC :). Malheureusement c'est un commentaire qui demande quelques éclaircissements qui ne tiennent pas en une ligne. Aussi, dans un souci de clarté générale, j'en ai fait un article qui vous permettra de mieux comprendre ma « non-violence » ou, dans tous les cas, ce que cela englobe pour moi. En effet, je dis souvent, je dirai même je clame mon esprit non-violent dans quelques uns de mes articles. Dans le huitième chapitre de mon bouquin je livre une nouvelle Constitution, de ma « fabrication », qui fait appel à la Déclaration des Droits de l'Homme. A la différence que la mienne n'est pas celle de 1789 mais celle de la Convention, adoptée le 24 juin 1793…

1789 ou 1793 ?

La différence n'est pas anodine et ce qui étonna mon lecteur, que je remercie de m'avoir rendu moins pauvre, repose sur le dernier article de la déclaration de mon choix. Pour faire court, la Constitution de 1789 ne compte que 17 articles, celle de 1793 en possède 35. C'est le dernier de ces articles qui interpelle mon fidèle lecteur. Je vous livre cet article :

Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

La question est : peut-on se réclamer de la non-violence et autoriser l'insurrection populaire ? Bonne question, n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas un hasard si j'ai préféré l'un à l'autre de ces deux fragments de notre histoire. La non-violence est un concept philosophique basé sur une définition assumée d'une certitude intangible et définitive pour ses adeptes : « si on détient une vérité, il est possible d'aller jusqu'au sacrifice de sa vie pour la voir établie sans pour cela user de la violence pour y parvenir ». Ne cherchez pas, c'est de moi, mais globalement tous les non-violents respectent ce concept. C'était le cas de Gandhi par exemple, qui n'était pas un non-violent anodin non plus. Mais attention, Gandhi a aussi dit : qu'il aimerait « mieux que l'Inde défendit son honneur par la force des armes plutôt que de la voir assister lâchement et sans se défendre à sa propre défaite ». Qu'est-ce à dire, que même les non-violents peuvent se muter en personnages violents ? Eh bien oui, c'est d'ailleurs confirmé par d'autres auteurs et philosophes qui pratiquaient le même concept, Hannah Arendt, Chateaubriand, Henry David Thoreau et j'en oublie beaucoup. Hannah Arendt justement parlait de circonstances qui justifiaient le passage à la violence.

Alors, violents les non-violents ?

Non, ils ne le sont pas car c'est le dernier moyen qu'ils utiliseront pour faire valoir leurs droits, mais s'ils arrivent à cette extrémité, ils seront aussi barbares que tous les autres si les circonstances l'exigent. Et tout repose sur le niveau de ces exigences. Je vous dis souvent, je l'ai d'ailleurs fait en parlant de cette triste affaire de chemise déchirée du DRH de Air France. Lorsqu'une société n'écoute pas ses salariés, lorsqu'une république renie le droit à la parole de ses citoyens, lorsque tout débat devient impossible, l'exaspération devient telle que la violence naît subrepticement, à notre propre insu, elle devient le seul moyen de ré-établir le contact, dans tous les sens du terme. C'est en quelque sorte l'électrochoc que l'on inflige à une personne ne réagissant plus. Lorsqu'une manifestation pacifique se fait bousculer par des CRS ou gendarmes, armés comme des militaires qui vont au front alors qu'ils battent leurs concitoyens dont leurs enfants font peut-être partie, que vous reste-t-il pour préserver votre propre intégrité ? Rien ! Que la violence afin de réveiller les bourreaux qui vous persécutent. L'exemple de Sivens est assez démonstratif. Vous envoyez des gendarmes avec des grenades, offensives ou défensives je ne sais plus, contre des manifestants aux mains nues que pensez-vous que les non-violents feront ? Ils se battront comme tous les êtres humains qui veulent se faire respecter, ne fut-ce que par cette sombre méthode. Mais finalement le problème n'est même pas là où on le pense…

La Constitution de 1958 contient la déclaration de 1789

Pourquoi, d'après vous, Charles De Gaulle a-t-il éliminé les autres déclarations possibles et en particulier celle de 1793 ? Il faisait disparaître le droit à la violence populaire. En faisant ceci, il décrédibilisait la violence qui n'était pas d'état. Mais si l'état est injuste, devons-nous nous laisser marcher sur les pieds ? Certes non, puisque l'état c'est nous, le peuple. Comment nos représentants peuvent-ils imaginer qu'ils ont plus de droits que nous qui les nommons, les élisons? C'est ainsi qu'à chaque attentat, qu'à chaque acte violent commis par des malfaiteurs, les pires mots sont utilisés pour qualifier la « barbarie » de ceux qui les commettent. On continue de décrédibiliser ceux qui n'ont pas d'autres moyens de s'exprimer. Sans vouloir remettre les derniers événements parisiens à l'ordre du jour, croyez-vous que si nous avions été « justes » avec les peuples plus pauvres que nous et surtout moins armés, tout cela serait arrivé ? La question est posée ! Mais afin de réfléchir sainement je vous donne l'exemple de la Chine qui est aussi autoritaire et dictatoriale contre ses contradicteurs que l'était un Bachar ou un Kadhafi, pourquoi ne sommes-nous pas allés les former à notre définition des droits de l'homme ? Parce que nos gouvernements ne s'attaquent qu'aux plus faibles qu'eux, surtout si leurs territoires contiennent beaucoup de richesses. En choisissant la déclaration du 24 juin 1793, je rends au peuple son droit à l'usage de la violence pour se débarrasser d'un gouvernement qui l'humilie, bafoue ses droits et qui ne veut pas quitter le pouvoir que seul le peuple lui a donné temporairement…

Je suis non-violent. Mais le problème est de savoir si nos gouvernants retrouveront la sagesse et si le peuple français, dans sa majorité, n'aura pas peur de les y forcer, le cas échéant, à cause de leur refus obstiné de lui obéir. Si le gouvernement obéit au peuple qui l'a mis en place, nous serons tous non-violents.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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