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Ce soir, Guéant…vie de rire

Ce soir, Guéant...vie de rire

Eh oui une fois n'est pas coutume ! Oui, j'ai envie de rire, ça va nous changer un peu, non ? Je voulais écrire depuis plus d'une semaine, voire deux, sur un fait de notre activité judiciaire nationale. Saviez-vous que notre ancien ministre de l'intérieur avait été condamné à une peine de deux ans de prison, avec sursis bien sûr. Décision, qui bien entendu n'en restera pas là, puisque le bénéficiaire de cette largesse judiciaire a interjeté appel immédiatement. Pourquoi peut-on se demander naïvement ? Tout simplement pour gagner le temps nécessaire à l'oubli de cette lamentable affaire d'argent liquide dépensé par les bons soins de sa seigneurie. Je vais vous rafraîchir la mémoire, si c'est nécessaire, bien que tout le monde, apparemment s'en moque éperdument… Depuis quand les grands, les prélats de notre république, de plus en plus bananière, seraient condamnés à de la prison ferme ? Hein ? Je vous le demande !

Petite histoire drôle

Selon Le Canard Enchaîné, un article signé H.L., Lionel Jospin, un autre grand de notre système quelque peu rouillé, avait supprimé une pratique originale du ministère de l'intérieur, les enveloppes, appelés « fonds spéciaux », à distribuer aux personnels méritants de notre police nationale. Donc, contrevenant aux règles strictes instituées par le gouvernement précédent, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, à cette époque ministre de l'intérieur lui-même, monsieur Guéant, prit chaque mois dans la caisse réservée aux indics et autres « frais d'enquête », la modique somme de 10 000 €… Mazette ! La répartition était aussi surprenante qu'interdite, la moitié pour les conseillers de son patron ministre, l'autre moitié pour lui. Il n'y a pas de petits profits. Le jugement des magistrats signalent avec une certaine emphase « un mépris assumé de la loi » et « une certaine indécence » de ce directeur de toilettes… oups, de cabinet, comme le dit ce journaliste. Mais ce n'est pas tout… Ces mêmes juges continuent en écrivant dans le prononcé du jugement, « pour des motivations personnelles, s'est enrichi au détriment de l'intérêt général (…), a transgressé les lois de la République (…), a porté atteinte d'une extrême gravité à l'ordre public (…), aux valeurs de la démocratie républicaine et à la transparence de la vie publique »… Ils ajoutent, non sans un certain plaisir, je suppose, « La question d'une éventuelle peine d'emprisonnement ferme ne semble pouvoir être éludée. » Voilà les faits ! Le jugement étant public vous pourrez vérifier vous-même comme je l'ai moi-même fait. Et il y a d'autres affaires en cours d'instruction qui vont certainement donner du tracas à celui qui voulait, et veut toujours, mettre tout le monde en prison pour un rien.

Mais… Sursis acquis, le condamné fait appel

Faire appel d'une décision de justice repose sur plusieurs motivations. La première de toutes est la lourdeur de la condamnation. Or, dans ce cas précis, la sentence est-elle lourde ? Sachant qu'un primo-délinquant se prend de la prison ferme avec une certaine facilité en fonction de ce qu'il a volé, on peut se demander, en relisant attentivement ces mêmes attendus, pourquoi Guéant fait appel puisque sa sanction est on ne peut plus légère, eu égard à sa position, à son métier d'avocat, et à sa connaissance des règles établies pour défendre la République. Alors, si ce n'est pour la peine prononcée, pourquoi notre ancien super-flic fait-il appel ? Peut-être parce que 2017 approchant, au cas où son chef de parti parvienne à se faire élire, une chance existe pour que cette condamnation soit purement et simplement « vaporisée » ? Est-ce possible dans une république exemplaire comme la nôtre, qui poursuit des rois africains pour des biens mal acquis et donne des leçons de démocratie au monde entier ? Allez savoir… Mais le doute est permis. Oui il est encore permis, il ne le sera plus bientôt mais jusqu'à aujourd'hui il est encore autorisé de douter. Nous avons l'habitude de dire que nous avons une école, une santé, une fiscalité, et j'en passe, à deux vitesses, mais la question qui se pose maintenant est : la justice est-elle, elle-aussi, affublée d'une boîte de vitesses ? Vous souvenez-vous de cette fable de La Fontaine, reprise avec encore plus de succès par un certain Michel Sardou, « Selon que l'on soit puissant ou misérable… » ? Entre un petit bandit et un directeur de cabinet du ministre de l'intérieur, le choix est vite fait, surtout si le bandit s'appelle Mohamed ou est noir, n'est-ce pas ? La largesse dont on peut faire preuve vis-à-vis d'un monsieur qui peut reprendre du pouvoir et un « moins que rien » qui n'en aura jamais, quel choix simple et rapide…

Inégalité quand tu nous tiens

C'est de cela que meurent toutes les républiques, c'est dès ce moment que disparaît la démocratie pour laisser la place à des régimes tous aussi dangereux qu'inégalitaires. Ce sont ces inégalités justement qui créent les désirs les plus violents et qui projettent dans les bras des factieux de toutes obédiences des jeunes qui ont vraiment le sentiment d'être des laissés pour compte… Notre devise, si souvent prononcée les lendemains d'attentats, cette Marseillaise chantée sur tous les tons, dans toutes les assemblées, qu'elles soient sportives, politiques ou populaires, en France comme à l'étranger, sont bafouées par ceux-là même qui sont payés par la République pour les protéger. Qu'on ne me parle plus des valeurs de notre république, quelles valeurs, de quoi parle-t-on au juste ? Les prisons sont pleines de petits trafiquants, de petits bandits sans nocivité autre que financière par le vol ou tous types de larcins, et les vrais dangers sont toujours libres car ils connaissent mieux les juges que le droit. Ils ont les moyens de s'acheter une liberté qu'ils ne méritent pas. Il en va ainsi de notre belle France où les plus fondamentales de nos fondations sont mises à mal par ceux que nous élisons pour nous représenter, c'est dire le peu de respect que nous avons de nous-mêmes. Car, une fois encore, c'est de notre responsabilité que je parle, de celle des citoyens qui font mine de croire aux mensonges qu'ils se racontent eux-mêmes en bons mythomanes fiévreux et résignés.

En conclusion, lorsque vous verrez un jeune aller en prison pour des peccadilles, penser à tous ceux qui n'y vont pas alors même qu'ils sont responsables de la déchéance de notre jeunesse et du mauvais exemple qu'ils donnent à tous ! Et surtout, regardez-vous dans un miroir et posez-vous la question : en quoi suis-je innocent ? Ma réponse est : en rien ! En fait, ce n'était pas drôle du tout !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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