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Editôt ou éditard… (167)

Editôt ou éditard... (167)

Dans cette ambiance de guerre « idéologique », comme disait Fleur Pellerin ce matin ou tous les autres membres de notre gouvernement de guerriers selon les éléments de langage choisis par le général Hollande, le froid s'installe, sur nos peaux et dans nos cœurs. La seconde froidure étant bien plus dangereuse que la première qui peut se résoudre par l'adjonction d'un pull supplémentaire. Dans un monde bâti sur la valorisation de tout et où le travail à conséquence matérielle est sacralisé par la nécessité de la surconsommation pour maintenir nos économies dans un équilibre précaire, ceux qui n'ont pas d'emploi sont rejetés, oubliés et remisés dans les caves de l'histoire. Comment ne pas voir dans la recrudescence des départs pour la Syrie chez nos jeunes Français, une connotation aussi sociale que pseudo religieuse ou idéologique ? Seuls les responsables de cette situation ne le voient pas.

État lapidaire de la situation

Comme je vous le disais encore hier, me semble-t-il, de croissance il n'y aura plus. Plus jamais. Les trente glorieuses, qui portent très mal leur nom, ont été suivies par les trente néo-libérales entre 1983 et 2007. Entre la première trentaine et la seconde, il y eut une espèce de pause qui engendra les baba-cools et bobos de service qui garnissent les rangs de la gauche changée en sociale-démocratie, plus à droite que ne l'est le centre droit du Modem de l'inénarrable Bayrou, à laquelle s'ajoute des Verts qui ne le sont plus beaucoup. Cette pause dura une dizaine d'années environ et elle nous permit de connaître une période où l'intelligence se disputait la première place avec l'impertinence. Les journalistes étaient moins obéissants et résistaient encore aux pressions du monde des affaires, les comiques n'hésitaient pas à réellement « allumer » nos dirigeants et oubliaient souvent de prendre des gants. Une décennie de fraîcheur dans un monde qui ignorait encore quelle décadence l'attendait. C'est durant ces trois époques qui se suivirent et ont été le terreau dans lequel nous mîmes les graines de notre destruction. En marchandisant tout, en imaginant un monde fait de commerce et de profits faciles basés sur une consommation sans limite dans un monde forcément limité, nous avons joué aux apprentis sorciers. Le résultat arrive et nous surprend alors que nous l'avons souhaité !

Sacralisation du salariat

Comme l'argent devenait petit à petit, par le truchement de la consommation poussée au maximum par une publicité toujours plus prégnante, le seul vecteur de la réussite, qui ne pouvait être que matérielle, les autres formes de succès étant rejetées, jugées incontrôlables puisque non valorisables. Il s'imposait au monde que le salariat devenait la seule manière de participer à la fête qui débutait. C'était la seule façon pour les citoyens de base de gagner quelque argent et les intégrer à ce qui devint la classe moyenne. Il faut d'ailleurs noter que la détermination de la classe à la quelle nous appartenons ne se fait pas eu égard à ses revenus uniquement mais aussi à la gestion de ces revenus et à la mise en circulation des avoirs ainsi gagnés dans le circuit économique. En clair, si vous gagnez beaucoup d'argent sans le dépenser vous n'êtes pas forcément classé dans la catégorie de la classe de vos revenus. En revanche, si vous jouez le jeu stérile de l'économie circulaire, sans autre but que de faire tourner la machine, on vous intégrera dans cette fameuse classe moyenne à laquelle appartiennent les Français majoritairement et qui considèrent cela comme une victoire sociale. Ils ne se rendent pas compte, et moi itou, que cela n'est qu'un subterfuge pour nous caresser dans le sens du poil et nous obliger à une résignation silencieuse et coupable. Donc,si vous n'étiez pas salarié ou si vous ne l'êtes pas aujourd'hui, vous ne participez pas à ce jeu mortifère et vous êtes déclassés, abandonnés et il ne vous reste que les yeux pour pleurer.

Emploi ou activité

Comme je vous l'ai déjà dit, c'est l'absence de vision de nos dirigeants, l'abandon de la recherche d'un monde meilleur, la croyance en une solution matérielle à la quête du bonheur des humains, ainsi que la prévarication et la corruption à des fins d'enrichissement personnels, qui nous a mené dans le mur vers lequel nous nous précipitons. Sans avenir, sans une vision précise d'un futur qui, à défaut d'être agréable, laisse au moins vivre dans la paix intérieure et extérieure, les jeunes n'ont aucune raison d'espérer. Les faux prophètes, les faiseurs de sectes, les marchands de bonheur artificiels, les voyous bénéficient de recrues toutes prêtes à se jeter dans leurs filets. Dès lors que nous quitterons le domaine de la surconsommation et donc sa conséquence immédiate qui est la recherche d'une source de revenus la plus importante possible pour pouvoir exister via notre mode de consommation, nous commencerons à imaginer une autre forme d'existence. Celle-ci devra être articulée autour d'une activité qui, à la différence du salariat, ne mettra pas en place des relations de pouvoir mais de complémentarité, de partage et distillera du lien en lieu et place de la compétition. Cette vision du monde peut convenir à nos enfants car elle leur proposera une vue de l'avenir un peu, voire beaucoup, moins désagréable et surtout un but positif, celui de la vie en commun, celui d'une vie faite d'amis réels et de connexions émotives remplaçant celles d'internet. Cela permettra aussi, en désolidarisant le revenu du travail, qui ne sera plus du travail mais de l'activité, de réparer toutes les inégalités qui n'ont jamais été aussi énormes qu'en ce moment et qui génèrent la source de tous nos soucis, avec nos jeunes comme avec tous.

Alors au lieu de faire la guerre, monsieur Hollande, réparez la société que vous participez à démolir, donnez une chance à cette jeunesse qui ne demande qu'à donner sa vie à des idéaux moins lamentables que la mauvaise interprétation de textes sacrés qui les fait mourir pour de vains combats.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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