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Ethos, logos ou pathos ?

Ethos, logos ou pathos ?

J'ai été beaucoup contacté par des lecteurs suite aux articles que j'ai écrits suite aux attentats de la semaine passée. Plusieurs personnes s'étonnent de ma distance par rapport au consensus général vis-à-vis des actes innommables commis par des personnages au parfum de souffre, qui mélangent religion, voyoucratie et désordres infantiles. Mais ce n'est pas de la distance, c'est un gouffre qui sépare ce que je pense et ce que voudrait nous faire penser les Hollande, Sarkozy, Juppé et tous ces braves gens qui vivent au crochet d'une société moribonde que nous alimentons par transfusion de notre propre sang, celui du peuple. Ils souhaitent nous voir unis contre un ennemi qu'ils ont créé de toutes pièces, afin de masquer leur désir inavouable de prendre la démocratie en otage et nus retirer tout jugement de bon sens. Ils veulent nous faire vivre dans l'émotion au lieu de nous faire réfléchir, là est mon seul souci, je fais le contraire !

Émotion ou réflexion

Ces dirigeants ne croient pas que nous sommes capables de comprendre les situations qu'ils génèrent au détriment des intérêts de leur peuple, ce même peuple qui les nourrit grassement. Par ailleurs, ils savent que c'est par le cœur que la manipulation fonctionne le mieux, par les sentiments, par l'émotion. Et en fait, les terroristes qui nous effraient tant sont gouvernés aussi par leurs émotions, en cela nous sommes tous identiques, bourreaux et victimes. C'est bien en jouant sur leurs manques de reconnaissance, de projection sur leur avenir, de respect dû à tous les êtres humains, que leurs chefs arrivent à les conduire docilement vers une mort certaine en détruisant ce que la société représente de mal en la représentant tel un ennemi. Nos gouvernants font de même, et je vous mets au défi de me montrer une seule interview où les uns ou les autres de nos politiciens de tous les partis sont sortis de l'émotion pour nous convier à une réflexion plus objective, si c'est possible après de tels malheurs. Aucun d'entre eux, la guerre, la mort, la douleur, la vengeance camouflée sous des mots comme anéantissement, éradication, tout cela reste dans le pathos et nous conduit à avoir des comportements infantiles basés sur le « c'est lui qui a commencé » donc je vais le sanctionner. Ce n'est pas raisonnable et nous pratiquons à notre tour une certaine forme de terrorisme intellectuel.

Retour en arrière

Nous oublions beaucoup de choses. Les armes utilisées en Syrie comme partout proviennent de chez nous. Elles ont permis sans doute à notre PIB d'atteindre les 0.3 % qui ont fait jouir Sapin d'un bonheur immense au point d'appeler lui-même les journalistes de l'AFP. Nos alliés, comme les royaumes dictatoriaux du Golfe, la Turquie, sont aussi les alliés cachés des jihadistes qui viennent ensuite nous massacrer dans nos villes. Ils leur procurent des armes, de l'argent, achètent leur pétrole pour le revendre à des pays de la communauté européenne, forment leurs troupes plus ou moins discrètement et les informent. Les armes que ces pays distribuent allègrement aux assassins de nos enfants sont fabriquées chez nous comme dit plus haut et participent à la continuité de cette guerre aux prétextes flous. Cela ne nous a pas suffi de mettre à feu et à sang la Libye, l'Irak, l'Afghanistan, il faut que nous détruisions maintenant la Syrie ? Bien sûr que les dirigeants de ces pays étaient des êtres abjectes aux yeux des faux démocrates des pays riches. Mais était-ce une raison, en dépit du droit international, de les attaquer pour leur imposer notre vue de la démocratie qui est, elle-aussi, une certaine forme de dictature ? Nous avons armé les ennemis de Bachar comme nous l'avons fait des ennemis de Kadhafi, de Saddam Hussein et des autres voyous qui échappaient à notre contrôle et ne nous obéissaient plus. Maintenant, comme ce fut le cas de Al Qaida, ces gens-là refusent nos diktats et notre façon de vivre, ils veulent leur liberté.

Cessons de pleurer et commençons à penser

Nos enfants ne sont pas encore dans leur sépultures que nous craignons d'autres attaques à entendre nos gouvernants, c'est leur rôle de continuer à nous effrayer, c'est comme cela qu'ils nous bloquent dans l'émotion et donc souvent la colère. Mais ne les laissons pas, après qu'ils aient aidé de manière sous-jacente les terroristes à prendre les vies de nos jeunes, continuer à nous duper. Je sais que c'est difficile de réfléchir lorsqu'on a perdu son enfant et je n'ose imaginer ma propre réaction si cela m'était arrivé. Mais nous le devons. Nous ne pouvons pas devenir les complices des assassins de nos gosses en faisant perdurer une situation tellement embrouillée que personne n'y comprend plus rien et encore moins ceux qui l'ont générée, nos propres gouvernements manipulateurs qui veulent régenter le monde selon leurs désirs et leurs volontés. Nous sommes responsables de ce que font nos dirigeants car nous sommes ceux qui les ont mis en place et qui continuent à les écouter malgré les millions d'erreurs et de bévues qu'ils commettent quotidiennement depuis au moins la fin de la seconde guerre mondiale. Que nos soldats, que nos enfants soient tués par nos propres armes me semble rédhibitoire, ce n'est pas supportable. Que ce soit nos alliés ou nous-mêmes qui les vendons à ces brutes épaisses, c'est du pareil au même et nous devons cesser de distribuer des produits maudits semant la mort et la détresse, chez nous entre autres. Je vais même plus loin, cela aide les dirigeants de la planète d'avoir des fous qui se sacrifient afin de leur permettre de nous réduire à l'état de machines sans cervelles. Et puisque ce sont eux qui les arment, je vous laisse conclure…

Tous nos états se sont bâtis sur des combats et nos frontières d'aujourd'hui sont les fruits de guerres innombrables et meurtrières, pourquoi devons-nous continuer, pourquoi laissons-nous nos représentants jouer aux échecs planétaires en acceptant de rester leurs pions ? Là est la question.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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