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« La » Chronique du week-end… (165)

"La" Chronique du week-end... (165)

Il apparaît compliqué aujourd'hui de vivre dans une autonomie complète. Bien sûr, nous croyons tous être autonomes, voire libres, parce que nous pouvons faire la plupart de nos activités seuls. Mais la solitude n'est pas la liberté, loin s'en faut. Mon lave-linge me permet de ne dépendre de personne pour être propre, comme ma salle de bains, ma cuisine au tout électrique, mes ordinateurs connectés, mon téléphone portable me permettent aussi de vivre sans connexion physique avec d'autres humains. En Suisse par exemple, les immeubles, généralement, sont munis d'une salle de lavage où un lave-linge et un sèche-linge sont communs et partagés par tous les habitants du lieu, avec des tours bien organisés pour que chacun puisse faire ce qu'il doit. Cela permet au moins de croiser de temps à autre ses voisins. N'est-ce pas cela un début de vie humaine, le contact ?

Que signifie le mot « ressource » ?

En court nous pouvons dire que c'est ce qui peut fournir ce dont on a besoin. D'où l'exploitation de toutes les « ressources » naturelles. Nous avons besoin de nous déplacer donc nous extrayons du pétrole pour alimenter nos voitures et notre « besoin » de déplacement est satisfait. La question qui se pose opportunément à ce moment précis est ; de quoi avons-nous vraiment besoin ? Par ailleurs, dans mon jeune temps, il n'existait pas de service des « ressources humaines » mais bien un département du personnel. En devenant ressource l'humain s'est changé en objet. On a besoin de fabriquer des voitures alors on embauche des mécaniciens, des peintres, des tauliers, des monteurs. Ces personnels ne sont plus des êtres humains à part entière puisqu'ils sont intégrés dans une chaîne de fabrication où chacun ne peut voir les conséquences finales de son travail sans acheter soi-même le véhicule ainsi construit. Ces gens sont devenus des outils de production, des parties d'un ensemble fait pour une utilité précise qu'aucun des membres de l'équipe ne peut réaliser tout seul. Cette absence de visualisation de son propre travail est le fait des machines. Les hommes ont « besoin » de sens pour bien comprendre leur fonction, leur existence, dans le but qu'ils se sont donnés qui ne se limite pas, heureusement, seulement à la production. Marx l'a dit bien mieux que moi.

La perte du sens de sa vie

Comment retrouver du sens dans ce que nous faisons ? Par le partage ! C'est le voisin croisé dans l'escalier avec son linge propre et avec qui nous allons échanger quelques mots sur le temps, le climat, les enfants, la vie en somme. Sans ce partage les peuples se transforment en neurasthéniques gavés d’anxiolytiques afin de mieux supporter le fait d'être une ressource de leurs patrons, une ressource de leur commune et ainsi de suite jusqu'à l'état, jusqu'à la planète. Dans certains ménages, les membres de la famille deviennent même parfois des ressources des autres membres ou de certains d'entre eux, là, on touche presque le fond. Le plus gros problème n'est pas tant que nous soyons tous plus ou moins stressés, non. Le vrai souci est que nous avons l'impression d'être nécessaire et ceci nous fait accepter avec d'autant plus d'empressement la tristesse de n'être qu'une ressource. Mais la conséquence de cet état est la perte immédiate de toute liberté. Pourquoi ? Parce que nous sommes réduits à l'utilité de nos existences. Or qui a dit que nous devions être utiles ? Cette éventualité ne m'est supportable que dans ma fonction de père. Alors seulement elle reprend tout son sens à son tour, par ce que je dois transmettre à mes enfants, afin de les rendre libres à leur tour, libres de choisir leurs vies, de penser par eux-mêmes et de refuser de devenir des ressources pour rester des humains. Mais nous ne sommes pas des ressources, pas même pour la planète.

Le véritable enjeu

La COP21 se targue de résoudre le problème de la survie de la planète, quelle arrogance, quelle démesure, quelle surestimation de notre misérable rôle dans les milliards d'années qui nous ont précédés et qui vont certainement nous survivre en termes d'humanité. Nous ne sauverons pas la planète car elle n'a pas besoin de nous pour survivre, nous ne sommes pas une ressource pour elle, nous sommes un élément de son réseau comme elle l'est elle-même dans l'univers. Comme les minéraux, les végétaux et les animaux dont nous faisons partie intégrante, nous sommes les éléments d'un réseau extraordinaire, qui maintient des secrets que même la folie des scientifiques et des adulateurs du progrès ne découvriront pas de si tôt. Si la COP21 s'était donné comme but de sauver l'humanité, elle aurait pris, en toute humilité, la place qui lui sied le mieux. Car nous avons détruit une bonne partie des « ressources » de notre terre nourricière sous le prétexte fallacieux de nos faux besoins. Et c'est de cela que nous devons guérir les êtres humains car c'est la raison déplorable des destructions que nous avons commises à son égard. En prenant des buts qui ne sont pas les siens, cette foire de l'écologie qui n'en est pas, cette duperie passera à côté de sa véritable mission ; ouvrir les yeux des humains sur la responsabilité qu'ils ont de se retrouver aujourd'hui le dos au mur, dans l'obligation de cesser d'abord et de corriger ensuite, les méfaits que nous avons engendrés.

Avec toute la science et la technique possible nous sommes incapables de reconstruire ce que nous avons détruit, n'est-ce pas la preuve de notre immense suffisance et de notre présomption intolérable ? La nature n'a pas besoin de nous et nous ne le supportons pas…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Thomas THÉVENOUD et de Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

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