Log In

Avenir de la Révolution ?

C’est le grand jour ! La fin du « show » a bien sonné pour nos deux candidats américains qui nous font autant rire que pleurer. Cela me suggère de penser à une solution pour se débarrasser de ce genre de clowns, un peu comme les nôtres ici pour la foire d’empoigne des brutes politiciennes en lice pour ce tournoi où ils gagnent tous et nous perdrons tous aussi, nous les sans dents. Quand je pense que l’Amérique de 1763 fût la première à fomenter une Révolution… A quand la prochaine ?

Révolution ?

Rivarol disait à Louis XVI, devant le spectacle des révolutionnaires devant les grilles du château de Versailles, alors que celui-ci lui demandait si c’était une révolte : « Non Sire, c’est une Révolution ! ». Étonné, le futur décapité lui répondit : « Comment pouvons-nous éviter cela ? ». La réponse de Rivarol, venue du plus profond de sa philosophie pragmatique, fût : « La seule façon d’éviter les Révolutions, c’est de les faire ! ». Tout est dit, n’est-ce pas ? A voir le bain de boue, très bien imagé par la couverture du dernier « Der Spiegel », qui voit les deux grands finalistes de l’élection pestilentielle étasunienne ; on se demande ce qu’attendent les Américains pour en refaire une contre la tyrannie de ces partis qui monopolisent le pouvoir et le maintiennent dans la médiocrité que l’on connaît. Les deux candidats se valent et ne croyez pas un mot de ce que les médias à la solde de Wall Street de Clinton, ni ceux à la solde du dernier cow-boy décérébré nommé Trump tels Fox News et d’autres. Ils se valent et en fait n’ont de valeur que le prix des vêtements qui les couvrent. Dans leurs uniformes vous ne trouverez que des intérêts, que l’avidité du pouvoir, que des rêves de grandeur personnelle avant celle du peuple que ces deux menteurs ne défendent pas vraiment. Mais si ces guignols animent des journalistes en mal de buzz, c’est pour mieux camoufler la pauvreté de nos propres débats et candidats. Une Révolution ne serait pas de trop…

Quid rerum ?

Cela signifie « quelle révolution? » en latin. Si on se réfère au Larousse, il faut attendre la 3e proposition pour voir une signification qui touche au politique… C’est dire que la révolution n’est pas forcément ce que nous croyons. Mais comme le dit Jean-Claude Milner, « la révolte cherche à satisfaire un besoin, une révolution crée des valeurs, des institutions et change le sens des mots ». Il s’agit donc bien d’une volonté exprimée par un groupe de changer les choses en profondeur. Les policiers se révoltent contre l’état ces jours-ci, alors que nous portons de nos vœux une révolution qui anéantira complètement les systèmes politiques mis en place par l’oligarchie qui nous tient la dragée haute depuis trop longtemps. On fait bien la différence entre un changement limité et un bouleversement complet, c’est un peu ce qui sépare la révolte de la révolution. Et c’est bien d’une révolution dont nous avons besoin, pas d’une révolte. Bien évidemment, les adeptes de la société corrompue actuelle vont crier au charron, nous traiter de bolchéviks, de partisans de la terreur et de rédempteurs de la guillotine. Mais c’est faux. Une révolution peut être, et même doit être, non-violente. Ce n’est pas parce que la prise de la Bastille donna lieu ensuite à une période terrible dénommée, avec raison, « terreur » que nous sommes obligés de refaire le même parcours. Nous aurons beaucoup de difficulté à réformer un monde qui ne nous obéit pas, je dirais même qui nous méprise. Nous n’avons aucune prise, sur aucune des institutions, sur aucun relais de pouvoir. Seule une révolution peut être envisageable pour bousculer un ordre trop bien établi.

En sommes-nous capables ?

Ma réponse est non ! Définitivement non ! Pourquoi ? Parce que nous avons perdu « la croyance révolutionnaire ». Nous n’avons pas ou plus le culte de cette religion laïque qui nous fait mettre en avant l’intérêt de tous avant celui particulier de chacun de nous. Et pourtant… La révolution de 1789 apporta une dimension philosophique de l’homme avec l’attribution de droits qui n’appartiennent plus à un citoyen mais juste à un homme quel qu’il soit. La citoyenneté n’est plus un frein, nous avons tous les mêmes droits, citoyen ou pas, qui que nous soyons et quels que soient nos choix politiques ou sociétaux personnels ou notre couleur de peau ou notre religion. L’homme libre est né grâce à nos aïeux qui donnèrent leurs vies pour nous léguer cette liberté que nous sacrifions aujourd’hui pour mieux profiter d’une société qui ne souhaite que notre consommation matérielle et économique. Comment faire renaître, comment ressusciter cet esprit et cette croyance révolutionnaire ? Sacrée question que voilà ! Alors que nos écoles ne parlent de celle de 1789 que dans le cadre d’un rejet de la monarchie en oblitérant complètement les avancées humanistes qui en découlaient et en découlent encore. Comment voulez-vous que ces enfants puissent imaginer une révolution qui ne soit pas anti-monarchique et pour quelles raisons ? Pour donner quoi ? Nous leur apprenons à consommer l’histoire comme des bonbons ou des téléphones mobiles, juste sur le plaisir immédiat qu’ils procurent et en oubliant les justifications de leur existence propre.

Faire une Révolution demande des révolutionnaires. En avons-nous ? Une poignée… Sera-ce suffisant pour mettre notre société cul-par-dessus-tête ? Non ! Faut-il baisser les bras pour autant ? Non plus ! Au contraire, le prosélytisme commence ici et maintenant. Venez-vous ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

« L’ASSEMBLEE NATIONALE est toujours otage de Denis BAUPIN, Patrick BALKANY, Thomas THÉVENOUD et Sylvie ANDRIEUX qui sont toujours députés. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

1 Comment

  1. Daniel JAGLINE djexreveur Répondre

    Je ne suis moi pas certain du tout d’être de la trempe révolutionnaire dont il faudrait-être pour ressembler à ceux d’antan, je suis même sur que non d’ailleurs, car je suis un pleutre, un pleutre qui se soigne, mais un pleutre tout de même et si l’on peut améliorer ce que l’on est je ne suis pas de ceux qui sont parvenus à se révolutionner eux même au point de se transformer fondamentalement et radicalement, en tout cas pas à ce sujet là!
    Une révolution pacifique ne me semble concevable que si une masse critique proche à minima du majoritaire, au moins au départ, est réellement prête à se lever et rester debout le temps suffisant et nécessaire pour infléchir la volonté et le soutien d’au moins la moitié des autres qui à priori étaient auparavant indécis ou opposés, postulat très personnel je vous l’accorde, mais je vois pas comment autrement, sauf à accepter d’y adjoindre une violence que nous sommes d’accord je crois pour considérer inadaptée, ou en tout cas ne correspondant pas à la vision que nous avons de la révolution espérée!
    Sommes nous proche de cela ? Non
    Nous sommes un minorité à vivre de cet espoir là et encore moins à avoir assez d’enthousiasme et de volonté pour donner notre vie à en convertir d’autre à nous suivre!
    Beaucoup semblent penser qu’il est possible de transformer ce système de l’intérieur, j’aimerais qu’ils aient raisons mais j’en doute fort, et là aussi de toute façon nous sommes minoritaires à envisager une telle option.
    Pour une révolution de la société, il faudrait au préalable une révolution exponentielle d’individus!
    Comment une telle hypothèse est-elle imaginable?
    J’ai peur, et c’est malheureusement la conclusion à laquelle je ne peut m’empêcher d’arriver à chaque fois que je me pose cette question, que la grande majorité d’entre nous (et j’en fais aussi parti dans une certaine mesure) ne soyons pas prêt à perdre le peu qu’il nous reste encore.
    Je redoute que nous ne soyons pas tombés assez bas encore pour avoir assez de désenchantement et de sentiment de n’avoir plus rien à perdre, j’espère me tromper à ce sujet mais tout m’amène à penser comme cela fonction de mais propres analyses.
    Ceci dit cet état de fait pourrait basculer plus rapidement que beaucoup n’en ont conscience encore, et ces conditions que je crois ne pas être encore réunis, pourraient changer radicalement dans un avenir plus rapide que beaucoup ne l’imagine, y compris celles et ceux qui croient encore tout diriger et tout maîtriser.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com