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Affaire Mérah, affaire sans fin

Le procès du frère du tueur de Toulouse, appelée « affaire Mérah », a enfin connu son épilogue. Les victimes sont mécontentes tout comme les accusés. Voilà une conception de la justice tout à fait remarquable, non ? Heureusement, victimes et accusés sont enfin réunis dans leur contestation de celle-ci…

Une affaire dans l’affaire Mérah

Je n’aime pas les avocats parce qu’ils ne cherchent qu’à faire libérer leurs clients même lorsque ceux-ci sont coupables. Oui, je sais, je suis naïf, pauvre utopiste que je suis. Tout le monde mérite d’être défendu, c’est certain et cela fait partie intégrante d’une démocratie bien sentie. Mais un coupable reste un coupable et si le talent d’un avocat le fait libérer, la justice y trouve-t-elle son compte ? Et les victimes ? Dans le procès qui opposait le frère de l’assassin aux victimes de cet absent important, la question qui se posait était le degré de complicité entre Abdel Kader Mérah et son frère Mohamed. Aucune preuve n’a été apportée de manière intangible de cette complicité. Et donc la relaxe fut donnée aux accusés dans le cadre de cette question uniquement. Pour le reste ils furent condamnés.

Même si cela ne convient pas aux victimes, la justice a fait son travail. Mais… Quand un nazi tuait dans un camp de concentration soit un adepte de la religion juive, soit un résistant, soit un homosexuel, soit un tzigane, soit… En condamnant à mort ce nazi, avions-nous la preuve tangible que l’ordre avait bien été donné par Hitler ? Ou par quiconque ? Ou était-ce juste l’application d’une théorie prônée par des chefs loin des camps en question ? Hitler serait-il innocent de ces odieux crimes ? Bonnes questions, non ? Et pourtant nous étions tous d’accord à Nuremberg pour dire qu’Hitler était coupable et il l’était.

Affaire Mérah, affaire ratée

Il est difficile de condamner quelqu’un juste sur des présomptions mais pourquoi dédouane-t-on les théoriciens de crimes dont ils sont les instigateurs ? Cela la justice ne peut pas s’en occuper car celle-ci est matérielle et non pas spirituelle ou intellectuelle. Nous avons voulu un monde sans morale, sans Dieux et surtout sans éthique en lui préférant un univers où tout doit être matériel, concret comme l’est le droit. C’est notre choix, volontaire et affirmé. Cela pose une question fondamentale, le droit est-il suffisant ? Quand Ferrand se joue de la justice sous le prétexte fallacieux que ce qu’il faisait était légal, est-il vraiment innocent ? Cela revient à dire que le droit peut protéger ceux qui l’utilisent à des fins différentes de celles pour lesquelles il était destiné.

C’est le cas de tous les puissants, de tous ces gens qui peuvent se permettre d’avoir de riches cabinets d’avocats qui connaissent les arcanes des textes et sans doute aussi les juges. Il en est de la justice comme de la médecine ou des affaires, elle est à deux vitesses. Dans le cas de Mérah, le résultat du procès est à cette image. En appliquant le droit, comme il est convenu dans toute saine République, nous ne faisons que renforcer ce précepte qui consiste à faire de nous des irresponsables. En faisant l’impasse sur l’éthique nous donnons, que dis-je, nous livrons la République et son peuple à la recherche de preuves qui sont, pour les uns, faciles à cacher, mais pas pour d’autres…

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
Jean de La Fontaine dans la fable « Les animaux malades de la peste ».

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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