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Allo ? La brigade des moeurs ?

Tous les inspecteurs de la brigade des mœurs sont sur la brèche, ils n’ont plus une seule minute à eux, tellement ils sont occupés à courir après les troupes de l’UMPS qui se livrent à un racolage éhonté sur la voie publique. C’est à celui qui rasera gratis demain, qui rasera gratis toute la semaine prochaine ou encore les cinq prochaines années… Cette surenchère nous fait chaud au cœur, surtout à ceux qui ont voté pour eux et qui sont considérés maintenant comme leur propriété ce qui leur permet d’aller draguer ailleurs et surtout en eaux troubles…

 

racolage.jpgSi je suis d’avis, et depuis toujours, que toute opinion est bonne à écouter, et, que nous ne pouvons nous passer d’entendre presque 20 % de Français qui ont voté pour la Le Pen, cela ne veut pas dire que j’adhère à ses idées. Cela signifie simplement que tous les Français ont le même droit à la parole, fût-elle désagréable à ouïr. Je discutais hier soir avec une de mes amis, grosse tête de la Science Politique et intelligente comme pas deux. Sa question était simple, « pourquoi, dans cette grave crise qui touche le monde entier et qui ne fait que commencer, ne pourrait-on pas imaginer un gouvernement d’union nationale où toutes les tendances se mêleraient pour tenter de résoudre notre problème commun ? » Qui peut se targuer d’avoir toutes les bonnes solutions ? Qui peut honnêtement croire que seule sa stratégie portera ses fruits ? Seul un décérébré pourrait penser cela…Eh bien, mauvaise nouvelle… Nos hommes politiques sont des décérébrés, tous, pas un ne manquerait à l’appel de l’asile de fous qu’ils devraient habiter. Et voilà notre problème majeur, « de quelque tendance que vous soyez, de droite ou de gauche, vous ne serez qu’une moitié de la pensée totale », Raymond Aron.

Je ne veux pas être la moitié d’un homme, je veux être entier, dans tous les sens du terme.

 

Alors, quand j’entends le roquet de service faire le lit de la Le Pen, pour mieux se rouler dans la fange de la compromission à tout va, sans aucune vergogne et au grand dam des électeurs qui l’avaient choisi au premier tour, et, qui, maintenant, se retrouvent coincés entre voter pour lui et son virage serré à droite ou voter contre lui pour des idées qui ne sont pas les leurs, je suggère à ces cocus de la république bananière où nous vivons d’aller à la pêche le 6 mai. Et j’imagine qu’ils seront nombreux au bord de l’eau, les cocus du premier tour, à regarder passer les cadavres des luttes fratricides que les deux candidats se livrent sans cogiter assez pour créer un nouvel itinéraire.

Hollande aussi flirte avec les « gauchistes en colère » qui votèrent pour le FN par dépit et par volonté de nuire à un système éculé qui ne satisfait personne, à part ses dirigeants et leurs amis. Evidemment, lui, y met plus de forme, il ne peut pas leur dire qu’il va, à l’instar de son petit adversaire, tailler dans l’arabe et le nègre, mettre des flics dans leurs salles à manger et des douaniers brutaux aux frontières. Non, il ne peut pas le leur dire, mais on sent bien qu’il aimerait, malgré la certitude de ne jamais faire ce qu’il avait promis ou envie de promettre, comme tous les hommes politiques.

 

Nous avons un problème d’éthique à régler en France, oh pas que chez nous je sais, mais bien malin celui qui voudrait donner des leçons, dans ce domaine, à tous les autres. Faut-il que le fauteuil soit confortable pour ne pas vouloir le quitter à ce point ou à prétendre l’occuper à la place du mécréant précédent.

Et nous entendons tous ces commentateurs, politologues, journalistes spécialisés, sondeurs, tous sont autorisés à parler car bardés de compétences aussi inutiles que banales qui volent à l’altitude du niveau de « l’amer ». Ces conologues se disputent mais disent tous la même chose. Comment Sarkozy et son orchestre va-t-il garder à la fois les centristes tout en s’accaparant les frontistes. Non messieurs, ce n’est pas un grand écart, c’est la connerie française. Plus personne n’est prêt à défendre ses idées, on donne du compromis à tous les étages de l’éthique et surtout au sous-sol, on a sacrifié notre intérêt commun à nos fausses libertés individuelles et le consensus est devenu une pâle acceptation de tout, y compris du pire et donc de la trahison.

 

Eh bien non, messieurs les théoriciens de la décadence annoncée de nos consciences politiques, nous n’avons pas à regarder un homme faire le grand écart de la morale ou de la philosophie politique, si elle existait encore, sur notre dos et à nos frais. Nous n’avons pas à l’applaudir de son succès dans la séduction d’un parti qui ne satisfait pas les limites non extensibles de l’éthique. Tout le monde a le droit à la parole, oui, mais qu’on leur donne raison pour avoir leur sourire, non.

 

Partisans de Hollande, le candidat du gouda, c’est pas gagné… Les grands écarts sont bien réussis par les politiciens à géométrie variable comme le petit de l’Elysée, et, en réalité, c’est bien plus simple pour lui.

 

Etant petit, son centre de gravité est plus bas, il risque moins de tomber et de toute façon s’il tombe, il ne tombera pas de haut.

 

Haroun.

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