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Antisémitisme primaire, secondaire et plus si affinité ?

Nous avons l’habitude de dire, formulant ainsi un dicton fort connu et relativement ancien, « à quelque chose malheur est bon »… Cela est vrai, aussi vrai qu’un verre peut être à moitié vide ou à moitié plein en fonction de celui ou celle qui le regarde. Ce n’est pas tant ce qui est dans le verre qui importe, ni en qualité ni en quantité, mais bien le point de vue que nous adoptons lorsque nous le voyons. Vous avez sans doute remarqué qu’il devient de plus en plus fréquent d’être taxé de racisme, pire encore d’antisémitisme. Je crains qu’il en soit de ces traits de caractères ignominieux comme du verre à moitié… plein ou vide ?

 

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Quand vous parcourrez l’article d’un de mes blogueurs habituels, ici, vous constaterez qu’il est parfois très facile de devenir un antisémite aux yeux des plus racistes et fascistes énergumènes qui peuplent la gente politique israélienne. Je profère là un sacrilège, il est interdit de dire le moindre mot de travers concernant Israël sous peine d’être taxé de nazi, de raciste et d’antisémite. Etrange, est-ce que le fait d’avoir eu six millions de morts, qui furent assassinés uniquement sur un préjugé racial ou religieux, donne le droit ensuite d’utiliser cette ignoble conduite à des fins politiques, de faire aux autres ce que l’on nous fit précédemment sans craindre de sanction ou au moins quelque réprimande internationale. Est-ce que la souffrance passée nous accorde, par son existence, une rédemption totale et définitive de toutes nos mauvaises actions passées, présentes et à venir ? C’est la question que pose cet article. Si nous jouons de nos malheurs pour en obtenir du bonheur ou en dans tous les cas, le droit de faire ce que bon nous semble, fut-ce mal aux yeux du monde dans son entier, méritons-nous quelque indulgence ? Je trouve tout à fait admissible que des entreprises boycottent les compagnies israéliennes qui gagnent de l’argent dans les territoires occupés. En dépit des demandes incessantes et des résolutions des institutions internationales, à la solde des USA, c’est dire ce que pensent ceux qui ne protègent pas Israël, cet état, qui se veut constitutionnellement de religion juive exclusivement, continue de développer ses colonies dans un territoire qui ne lui appartient pas. Sans revenir sur la création de l’état d’Israël, qui fut faite sur la seule raison de l’existence de la Shoah, ces terres sacrées ne le sont pas uniquement pour les religieux juifs mais bien aussi pour les chrétiens et les musulmans. Ces terres étaient occupées depuis aussi longtemps que les juifs antiques, et peut-être plus, par les peuplades que nous baptisons maintenant, sans respect ni pour l’histoire ni pour ces personnes, Palestiniens. Or Palestiniens est une nationalité ou une appartenance à un espace ou un territoire que l’on oppose aux juifs, dénomination qui caractérise une religion et non pas une appartenance à un espace ou un territoire. Ne mélangeons-nous pas tout sous couvert de la propitiation que nous pourrions ressentir et exprimer en faveur du peuple de religion juive qui fut massacré pour des raisons qui n’en sont pas ?

 

Nous avons vu encore dernièrement comment « l’affaire Dieudonné » permit des amalgames troublants et des insultes, qui étaient les mêmes que ceux que disaient les tueurs de juifs dans les années qui précédèrent la guerre et la déportation en masse de nos concitoyens de confession juive. Ces insultes, cette fois, s’étaient retournées contre ceux qui les utilisaient jadis et Dieudonné fut mis au ban de la société et n’a pas fini de se faire embêter, peut-être à juste raison, la justice, si elle existe, le dira. Sous couvert de racisme et d’antisémitisme, le communautarisme dont bénéficie la communauté de confession juive, si je puis dire « grâce » à leur souffrance passée, me semble tout à fait anticonstitutionnelle et irrespectueuse des droits de l’homme dont toutes les autres personnes devraient bénéficier aussi. Cette protection devrait être accordée aussi aux Rom, aux Africains, etc. Combien de fois ne me suis-je pas fait insulter de pied noir au retour de ma famille d’Afrique du nord, ou de sale rital lorsque les gens connaissaient mon nom et mes origines et maintenant de sale musulman après mon séjour de plus d’une dizaine d’années en Egypte. Je ne porte pas plainte pour racisme et personne ne vient prendre ma défense et crier au charron. Je ne crois pas que le malheur soit bon à justifier le mal que nous pouvons faire en retour, que nous pourrions croire juste et logique telle une vengeance, mais dans ce cas, nous ne serions plus dans un état de droit et nous reviendrions à la barbarie et à la loi du Talion. Nul ne peut s’arroger le droit d’être à la fois, plaignant, procureur, juge, juré et bourreau. C’est ce que firent les brutes épaisses qui peuplèrent et peuplent encore les groupes nazis, qui survivent encore et toujours malgré le dégoût qu’ils génèrent chez tous les autres groupes humains. Et ce n’est pas parce que six millions d’innocents furent sacrifiés à une idéologie abjecte, que nous devons laisser faire l’état d’Israël dans des territoires qu’il a volés à un peuple voisin, qui possède une histoire mêlée à la sienne, je dirais même imbriquée depuis des millénaires à la sienne, pour des raisons expansionnistes et politiques de bas étage. Comme le dit l’article en question, dans ce cas serions-nous tous antisémites ? Non, je ne le crois pas, mais il ne faudrait pas que le favoritisme, dont nos frères de confession juive tirent profit, devienne la source d’une rancœur de toutes les autres catégories de population de notre pays qui désespéreraient de ne pas connaître de pareils avantages. C’est peut-être comme cela que des pans entiers d’une population peuvent devenir des racistes et des antisémites, manipulés par des faiseurs d’opinion et des bonimenteurs souhaitant accaparer un pouvoir qu’ils ne méritent pas et voguant sur la vague des mécontentements croissants…

 

N’est pas antisémite qui veut, encore faut-il avoir des raisons, au moins une. L’état d’Israël en donne malheureusement. Il est juste, à mes yeux, de boycotter les entreprises israéliennes qui se développent dans les territoires occupés. Cessons de donner à ces brutes la joie d’avoir des arguments pour refaire les exécrables actes qui furent commis jadis, pas seulement pour la religion juive, mais pour tous les martyrs humains que la planète a connus depuis l’avènement de la stupidité humaine et de la haine.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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