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C’est parti…

Les investitures se suivent mais ne se ressemblent pas… Du Fouquet’s aux vacances sur le yacht de Bolloré, on passe à… rien. La simplicité, les richesses et les forces des symboles, une allocution bien sentie qui marque une rupture totale avec le style de son prédécesseur… Comme le disent les commentateurs, soi-disant politiques, nous passons d’une hyper présidence à une présidence « normale »… Mais le début ne préjuge jamais de la fin d’une histoire…

 

Investiture.jpgCe qui est semblable entre les deux derniers présidents de notre République, et certainement la seule chose que l’on puisse trouver en commun entre eux,  repose sur l’espoir que les Français avaient et ont mis en et sur eux. Sarkozy a déçu ces espoirs et l’a payé chèrement, que va-t-il en être de Hollande ? Sera-t-il capable de réaliser tout ou partie de ses promesses et surtout de garder ce contact populaire que les Français adorent. La distance que les présidents à grosse tête mettent très rapidement entre leur nation et eux fait penser à leurs électeurs, en particulier, qu’ils ont été floués, rien n’est pire que le sentiment de s’être fait tromper, trahir. De cette haine nait ensuite des ressentiments qui coûtèrent à plusieurs de nos ex-présidents de ne pas renouveler leur premier mandat, il en fût ainsi pour Giscard et pour Sarkozy. Ces deux là sont les seuls des sept présidents à s’être fait renvoyer au vestiaire avant la seconde mi-temps. Pompidou mis à part, pour cause de décès, De Gaulle, Mitterrand, Chirac ont tous trois assuré les deux mandats autorisés constitutionnellement. Donc, trois ont fait deux mandats, un est décédé avant la fin de son premier septennat et deux se sont faits jetés comme le peuple français pensait qu’ils le méritaient. Le match est pour l’instant dominé par les doubleurs de mandats d’une courte tête sur les mono-mandats, Pompidou étant hors concours. Hollande permettra soit l’égalisation entre les deux équipes soit donnera un avantage certain aux récidivistes, les paris sont ouverts et les « boucs m’écœurent » attendent les mises, plus que cinq ans à attendre.

 

Maintenant, on finit de rigoler et on passe au boulot, au vrai… Angela, la générale en personne, fera les honneurs militaires au Hollande de passage dans la capitale allemande, Berlin pour ne pas la nommer. Barack Obama l’attendra de pied ferme pour l’obliger à tenir les engagements de ses prédécesseurs en Afghanistan et lui dire combien il aime son idée de croissance et de relance. Pour le lui prouver, Obama a fait chauffer son imprimerie nationale pour libérer de nouveaux milliers de milliards de billets verts sans aucune valeur réelle. Si Hollande veut de la croissance, Obama la désire aussi, ne serait-ce que pour renouveler son contrat de travail à durée déterminée pour les quatre ans qui viennent. Ce grand beau premier président noir d’un pays, où le racisme est toujours intact, aimerait bien redoubler sa période de formation… Allez savoir qui sera le prochain président américain, en fait on s’en moque puisque les candidats, là-bas, auront grosso modo les mêmes velléités d’imperator.

 

Si l’on revient sur le discours de notre nouveau Président, on peut constater que la hauteur de vue, l’esprit de Justice, la volonté de réunir ont été les pensées maîtresses de celui-ci. Le point inquiétant, de ce type d’introduction au mandat qui commence, pour Hollande, est qu’il met la barre haute, très haute et qu’après avoir créé autant d’espérance au niveau des attentes populaires, la moindre faute ne sera pas facilement pardonnée. Seuls ceux qui ne promettent rien ont une chance de réaliser cette absence de promesses. Ne dit-on pas que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ?

Cependant, je dois avouer que cela m’a réellement fait plaisir d’entendre les propos de François Hollande. Je suis dans l’opposition, toujours, et pour longtemps, mais si notre Corrézien national fait 25 % de ce qu’il a dit, il restera à jamais dans l’histoire de la France et dans ma mémoire en particulier. Contrairement à beaucoup de nos anciens présidents, Hollande a parlé de philosophie, en rétablissant un niveau éthique dans les phrases qu’il nous a lues, il a cité des mots qui touchent au fondement même de la vie de la Cité, relisez bien son texte et je ne crois pas qu’un seul mot soit là par hasard (hasard auquel je n’accorde aucun crédit comme vous le savez). Liberté, Justice sont des sources de discussions interminables entre philosophes de toutes les époques, même s’il a parlé de la dette et de l’économie, cela a été fortement encadré par les mots réservés aux membres de la communauté des Français et c’est là le plus important.

 

Monsieur Hollande, ne nous trompez-pas comme l’ont fait d’autres que vous avant vous. Vous avez fixé l’enjeu, vous avez le ballon, c’est donc à vous de jouer. Nous, le public dans les tribunes, attendons de vous que vous respectiez à la fois vos engagements mais aussi que vous réalisiez les rêves que vous nous avez offerts.

 

Sans cela, vous redeviendrez un politichien comme les autres, ce que vos adversaires comme vos soutiens ne souhaitent pas. Passée la rancœur de la défaite, même vos pires ennemis seront à votre disposition si vous animez la révolution qui nous évitera de la faire nous-mêmes.

 

A bon entendeur…

 

Haroun.

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