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Ce que vous auriez dû lire le 5 mai…

Il parait évident à tout le monde que le débat est un franc succès pour les deux candidats. Comme à l’accoutumée, les uns comme les autres, dans l’intérêt du moral des troupes de gens crédules et naïfs qui font la majorité des supporters de Sarkolande, tout le monde est content et heureux. Tout le monde se félicite de la raclée médiatique infligée à l’adversaire, et, de la victoire proche, grâce à ce débat magique qui oblitère les facéties de l’un comme les bévues de l’autre (je vous laisse choisir, en fonction de vos opinions, qui est le facétieux et le maladroit).

 

hollande-sarkozy-2-mai-2012.jpgIl est toujours plus facile de donner des pronostics quand on connait le résultat d’une compétition quelle qu’elle soit. Mais, croyez-moi ou non, j’écris cet article en ce beau matin du samedi 5 mai 2012, face au majestueux mont Canigou, dans les Pyrénées orientales, où je vais participer, ce soir, au mariage d’un couple d’amis. Vous ne pouvez pas vous imaginer du bonheur d’être confronté à la splendeur de la nature, il faut, pour bien goûter de la beauté de celle-ci, être un tant soit peu contemplatif. En nos temps de vitesse et de superficialité, la contemplation devient grossière, presque vulgaire, tant elle coûte et n’a aucune chance de rapporter quelque argent. Tout ce qui ne donne pas de profits est tellement dépassé, tellement ridicule et sans intérêt (c’est le cas de le dire). Mais, moi, j’aime ça… contempler les merveilles que cette planète nous livre sans calcul, sans demander un quelconque paiement en retour, et quand bien même en demanderait-elle, nous la règlerions en pollutions de tous genres, en gâchis de toutes espèces. Pendant ce temps, de drôles de messagers courent d’une ville à l’autre, d’un podium à une scène, d’un buffet de gare au restaurant le plus chic, pour essayer de changer un sort qui désormais est figé, fixé, rendu définitif.

 

Au sortir du débat, comme à mon habitude, je n’ai pas voulu écrire à chaud. Bien m’en a pris, le temps a des vertus que nous avons oubliées et il a la mesure de la seule richesse qui vaille la peine, notre vie. Il était comique de voir tous ces commentateurs dire qui de Sarkozy ou de Hollande avait remporté un match qui ne peut avoir que des perdants, nous. Quand des hyènes se disputent un cadavre, seul le cadavre en pâtit, les hyènes seront repues, plus ou moins, mais rassasiées tout de même aux frais de leur victime. C’est ce qui m’amuse dans le spectacle surréaliste de tout ce peuple, 18 millions de personnes (dont je fais partie), qui resta, bouche bée, plusieurs heures durant, suspendu aux lippes avides des demandeurs de pouvoir.

Bien sur, je rêve du jour où Sarkozy se prendra la porte dans les babines, lorsqu’elle se refermera sur lui et qu’il se retrouvera dans la rue qu’il n’aurait jamais dû quitter. Sa démarche de gamin des banlieues le montre bien, il n’a pas la hauteur (dans tous les sens du terme) de la fonction que 53 % des votants de 2007 lui ont demandé de remplir. Les Français ont été trompés sur la marchandise, mais, à l’impossible nul n’est tenu, nous pouvons la renvoyer d’où elle est venue, nous ne sommes pas obligés de la supporter plus longtemps. Cependant, je rêve surtout d’un monde politique qui visera vraiment l’intérêt du peuple qu’il dit défendre, qui affranchira ses décisions de tout parti pris ou avantage personnel, qui rétablira une Justice sans laquelle l’Homme redevient l’animal qu’il n’a jamais cessé d’être dans son tréfonds. Oui, je rêve, en bon idéaliste que je suis… Je suis un contemplatif idéaliste, les deux pires tares qu’un être puisse porter en ce XXIème siècle décadent.

Et vous savez quoi ? J’en suis heureux…

 

Je ne souhaite qu’une chose, et je vous réaffirme ici que je ne suis pas de gauche, Dieu de la politique merci, et encore moins de droite, c’est que Hollande soit élu et qu’il ne fasse que la moitié de ce que les témoins du mal, nous en l’occurrence, ont entendu de ses promesses. Seulement la moitié serait déjà tellement bien, tellement surprenant, tellement rassurant. Je pourrais enfin, tout en restant dans l’opposition, reprendre confiance dans l’espèce humaine et croire encore plus fort en sa capacité à aller vers le mieux et le bon pour tous. Je ne sacrifierai jamais ma liberté individuelle à un groupe quel qu’il soit. Mais nos petites libertés individuelles ne peuvent assister au drame permanent de l’injustice, de la malhonnêteté, de la misère, de tous ces maux que l’individualisme du consommateur à l’extrême, de la partialité au profit de petits ensembles qui ne pensent qu’à s’enrichir matériellement aux dépens de la majorité de ceux qui souffrent et qui travaillent pour survivre.

 

La seule chose qui m’inquiète avec Hollande, mais le jeu vaut la peine d’être tenté, est que, malgré son désir de bien faire, il n’a pas plus de vision que le petit qui va bientôt déménagé de l’Elysée. On va retomber dans une gestion à la petite semaine qui n’a d’autre but que de gagner les prochaines élections… C’est de cela que nous crevons, de l’immaturité de nos édiles et de leur étrange culte de la personnalité, surtout les leurs.

 

Je fais partie de ces pauvres diables qui croient que tout le monde peut vivre ensemble, que tout le monde peut s’accepter sans souci… On peut rêver, non ?

 

Votez bien, votez Belgique !!!

 

Haroun.

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