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Charité bien ordonnée…

Cette propension que nous avons à regarder chez les autres, avant de nous voir nous-mêmes, pour oublier nos soucis, est très développée chez le genre humain. Cela nous permet de dormir sur nos deux oreilles… Quoi que j’ai essayé, ce n’est pas évident, j’ai été obligé de plier mon oreiller en fer à cheval pour tenter l’expérience… Je n’ai pas dormi… pour tenir l’oreiller en question.

 

Wither_-_Emblem_Wisdom.jpgJe parlais récemment de corruption et ma camarade de blog, Pascale, a donné l’exemple de la Grèce, ce en quoi elle a raison… Mais… Le favoritisme, qui est une corruption permanente tout en ne montrant que peu de vice, en est une preuve flagrante. En admettant que je sois président… Peu de chance mais essayons quand même… N’aurais-je pas, moi aussi, l’envie irrépressible de mettre à l’abri mes enfants, mes amis ? Je ne le saurai jamais, mais à dire vrai, je ne suis pas sur de l’éviter, dans tous les cas je me pose la question et c’est déjà pas si mal. Ce n’est pas facile de résister à ce type de tentation, ne serait-ce que par pur instinct de survie… On voit cependant plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la dense forêt qui pousse gentiment dans le nôtre, comme il est écrit dans la bible et fût repris par ce satané La Fontaine, qui en quelques vers décrivait les turpitudes de ses contemporains qui n’ont pas changer depuis.

 

Dessin : « Sapiens Dominabitur Astris ». Traduction libre du texte : « Qui acquiert la sagesse sera maître des astres ».

 

Si nous, pauvres hères sans pouvoir, sommes tentés de réaliser les vœux de nos plus chers, comment pouvons-nous donner l’exemple à nos gouvernants, si plein de pouvoir qu’ils en croient leurs misérables personnes à ce point intouchables qu’ils en commettent de bien pires. Ce dont nous manquons le plus, finalement, n’est-ce pas de discernement, de recul, par rapport à nous-mêmes et ensuite par rapport aux autres. Ne croyez pas que j’excuse ces abuseurs de confiance, bien au contraire, eux ont réclamé le pouvoir et s’érige devant nos yeux esbaudis en Monsieur Propre et ne sont que des suppôts de leurs « mécènes », généreux donateurs de leur confort. Et c’est cela que je leur reproche le plus, nous avons des travers identiques mais eux ont fait vœu de nous défendre, contre tous dont eux-mêmes et ils ne le font pas. Ils font pire tout en nous donnant des leçons.

 

Quand un président sacrifie son pays, son peuple, aux intérêts des marchés et de sa propre pseudo réussite, n’est-il pas à l’opposé de son mandat. Quand il sait prendre une décision qui n’a d’autre intérêt que sa réélection en amusant le public que nous sommes, quand il sait prendre des engagements qui ne pourront être tenus pour sauver les apparences tout en protégeant ses amis qui connaissent ses manigances, quand il prône l’inverse de ce qu’il a fait durant les 10 années où il a servi l’état, d’abord en ministre de l’intérieur et ensuite comme président, cet homme là est corrompu. Mais nous avons toujours, selon les sondages, presque un tiers de notre population qui est prête à le réélire dès le premier tour et près de moitié qui voterait pour lui lors d’un second tour éventuel. Le problème n’est plus la corruption de l’homme, mais bien de notre volonté d’oublier ce qu’il a fait pour essayer de conserver notre statut. Comme je le dis sans cesse, nous sommes responsables de ce qui nous arrive, nul n’en est garant à notre place. Nous avons le gouvernement que nous méritons et les hommes qui le composent sont ceux que nous avons choisis. La démocratie a cela de bien qu’elle permet à n’importe qui d’avoir un pouvoir sur ses congénères pour peu qu’il sache leur chanter la bonne sérénade.

 

Comme d’habitude la faute est au système que nous chérissons et qui se pérennise par notre résignation et notre soumission. Le matérialisme de notre société décadente fait que nous n’avons plus de principes moraux, que nous avons abandonné la philosophie au profit de l’économie de marché, qui est beaucoup plus simple à comprendre, mais qui nous éloigne de la fraternité que la France met en exergue en permanence, comme la liberté et l’égalité. Cette devise n’a malheureusement plus rien de commun avec les réalités, ô combien tristes, de notre vie quotidienne.

 

Un de mes amis me disait hier encore ; « le pouvoir corrompt » puis il se reprit et ajouta « l’argent corrompt ». Trop facile… Beaucoup trop et inacceptable… L’argent n’est qu’un outil, dans sa réalité il n’est qu’un moyen facilitant les échanges, il n’est pas doué d’une vie plus ou moins magique, il n’est que du papier. Mais si l’argent devient une fin en soi, un objectif qui permet d’évaluer les uns par rapport aux autres, il perd de son sens pratique pour gagner en fonction sociale et ce n’est pas son rôle. Or l’argent fiduciaire n’a pas cette possibilité de changer par lui-même les finalités de son existence, c’est bien nous qui lui donnons une signification qu’il n’a pas et ne devrait jamais avoir. Idem pour le pouvoir, dans notre histoire nous avons eu des dirigeants, qu’ils soient rois ou président, qui n’abusèrent pas de celui-ci, qui traitèrent les affaires de l’état dans un esprit de justice et d’équité, il est vrai qu’ils ne sont pas nombreux. Ce n’est donc pas le pouvoir qui corrompt mais bien ce que l’homme qui le détient en fait.

 

Le seul qui corrompe vraiment est l’homme, mais c’est à nous, et nous seuls, de lui remémorer ses devoirs pour qu’il ne franchisse pas les limites qui font de lui un voyou ou un tyran.

 

Le voulons-nous vraiment ? Ne préférons-nous pas conserver nos petits avantages, même s’ils diminuent de jour en jour ?

 

L’avenir nous le dira… Mais moi, j’ai vécu plus qu’il ne me reste à vivre, je ne pense pas voir l’avènement d’une société, qui ne sera pas parfaite bien entendu, mais qui sera plus juste.

 

Haroun.

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