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Comment faire de l’oseille avec du… blé…

Pendant que, les 500 personnes les plus riches de notre pays ont augmenté leurs avoirs financiers de 25 % en moyenne, dont Liliane Bettencourt qui, à elle seule, connut une progression de 51 % de son patrimoine, les spéculateurs, qui firent de l’oseille avec le manque de blé l’an dernier à cette même époque, continuent de jouer et de gagner sur une surproduction excédentaire prévue cette année, pendant donc que ces braves gens se repaissent et malgré cette mirifique récolte de blé à venir, il est acquis que 34 pays, dont 27 en Afrique seront toujours en insécurité alimentaire… Notre article d’aujourd’hui s’intitule « comment faire de l’oseille avec du blé »…

 

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A la question que me posait un de mes Chers lecteurs, « êtes-vous un collectiviste qui s’ignore ? », je réponds non aujourd’hui et devant mes témoins lecteurs. Il ne s’agit pas de partager de façon politique et ensuite révolutionnaire les biens et continuer le productivisme et la consommation, outranciers tous deux, dans un esprit de possession égalitaire. Point du tout. Il s’agit de repenser le partage des ressources et des biens plus équitablement entre nous, les êtres humains, et dans le respect de l’univers fini que nous devrons laisser aux générations futures pour qu’elles y connaissent un tant soit peu de bonheur. Il ne s’agit pas d’un discours droite-gauche sur la définition politique de l’égalité, il s’agit tout simplement de justice entre locataires d’une même terre, qui ne nous appartient pas, et, que nous avons uniquement en bail précaire, en attendant que nos enfants en fassent de même pour les leurs. Ce qui est monstrueux est cet amoncellement de biens chez quelques-uns face à la misère, organisée par ceux-ci au détriment des deux tiers, au moins, de la planète qui survivent, quand ils le peuvent, dans des conditions que nous n’oserions faire vivre à nos chiens, qui, de toutes les façons, ne l’accepteraient pas. Non, je ne suis pas un collectiviste, ni un communiste, ni un socialiste, ni un je ne sais quoi de politique façon Vème république. Je ne suis qu’un être humain, comme vous, qui s’indigne de tant de souffrance alors que celle-ci pourrait être non seulement évitée mais ne pas exister du tout.

 

A quoi servent les milliards de nos riches si ce n’est qu’être le premier sur une liste d’élus de la classe à laquelle ils appartiennent, cela leur suffit-il pour être heureux ? Je ne le crois pas et, pire, je ne leur souhaite pas, ce serait tellement dégradant pour eux d’être à ce point de « pauvres hères ».  Je me souviens du sourire de ces misérables, dans le sens financier du terme, en Egypte, qui, pauvres à l’extrême, me proposaient de partager leur maigre repas en signe d’hospitalité. Leurs sourires radieux me donnaient un sentiment de honte, qui étais-je, moi petit rien dans ce monde à la fois gigantesque et si petit, qui avais tout et même trop, pour me plaindre de la vie et des méfaits qu’elle me crée dans mes petites habitudes étriquées et stériles ? Bien sûr qu’ils n’étaient pas heureux, de ne pas pouvoir se nourrir eux et leurs familles comme il serait normal de le faire, de ne pas savoir ni lire ni écrire, mais ils étaient riches d’un espoir qui les rendait sereins, ce sera mieux pour leurs enfants, qui déjà savaient lire et compter, et pour qui l’aventure ne faisait que commencer. C’est de ce bonheur là que je parle, celui généré par la satisfaction d’avoir ce que l’on a, en oubliant les jugements et les évaluations qui créent les classements entre des hommes, qui mangent et qui vont aux toilettes de la même manière et sont donc de la même essence, humaine. Que vous mangiez du homard ou du foul, vous en finirez toujours par déféquer, le principal n’est-il pas de vivre ou plutôt de faire quelque chose de positif de sa vie. Le homard a-t-il donc tant d’intérêt lorsque nous n’avons rien à manger, non, un bol de riz ou de pâtes suffit à nous rendre joie de vivre et rien n’est meilleur que ce bol en question, rien n’est plus goûteux, rien n’est plus fin, que ce pitoyable bol qui nous maintient en vie, à ce moment-là et dans ces conditions, le homard reprend sa juste place, celle d’un ingrédient maintenant la vie.

 

blé

 

Les spéculateurs se sont mis à vendre à découvert du blé dont les cours se dégradent de façon dramatique au regard de ce qu’ils étaient l’an passé, mais, n’est-il pas juste que ce produit de première nécessité reste dans des limites de prix le mettant à disposition de tous, du plus pauvre au plus riche ? Est-il juste de « jouer » sur une matière première qui touche à la survie d’une grande partie de l’humanité ? Qui nous autorise à gagner là où des millions de gens perdent, en sachant que les uns gagnent du papier pendant que les seconds perdent la vie. Sans compter que la prise de position des spéculateurs à la baisse précipite encore plus vite les cours dans leur chute, ce qui, bien entendu, fait rendre gorge à quelques agriculteurs endettés outre mesure. Les dérégulations successives qui ont fait des bourses les plus grands et les plus dangereux casinos de notre boule bleue, les produits financiers qui n’ont d’autres rôles que de créer un argent virtuel qui ne trouvera pas de place dans la survie de l’humanité mais uniquement au bas d’une feuille de papier sur laquelle s’égraineront les zéros à l’infini des plus riches, voilà ce qu’ont fait nos gouvernements, du plus petit au plus grand, du plus libéral au plus socialiste (voir Mitterrand), du plus corrompu au encore plus corrompu…

 

Voilà comment on fait de l’oseille en jouant sur le blé, en martyrisant une partie énorme de la population mondiale au profit d’une poignée d’individus sans conscience, sans scrupule et sans vergogne. Devons-nous les laisser faire plus longtemps ? Pour ma part, non, mais je me sens parfois seul…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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