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David et Goliath… Mais, qui est David ?

Quelle surprise ! Quel choc ! Je m’attendais à une émission plate et sans intérêt. Elle n’était pas plate, c’est sur… Elle était sans intérêt, bon c’est vrai… Mais, la surprise dont je parle valait quand même la peine d’être vue et vécue. Je parle, comme vous vous en doutez, de l’émission de France 2, « des paroles et des actes »… Quand je pense que je n’aime pas la télé…

Francois-Hollande-et-Alain-Juppe.jpgC’est vrai qu’il était fringant à son arrivée notre Hollande national. Calme, ne prononçant le nom du locataire en bail précaire de l’Elysée que contraint ou forcé ou piégé, il a été à la hauteur. Il connaissait parfaitement, non seulement ses dossiers mais avait mieux préparé son passage au petit écran que ses interlocuteurs successifs. Ces journalistes ont posé des questions bateaux qui ont permis au capitaine de notre pédalo une navigation sans encombre. Mais en fait de pédalo c’était plutôt un destroyer qui a démoli, sans beaucoup de problème ni de stress particulier, les petits torpilleurs scribouillards ou le préposé de l’UMP chargé de gêner, voire de détruire, notre beau capitaine.

Je dois avouer qu’il m’a paru encore plus sérieux que Bayrou dans l’imprégnation qu’il a réalisée de ses dossiers de travail. Il est non seulement un présidentiable indiscutable depuis son show du Bourget, et, son interprétation d’hier soir, malgré la chorale qui essayait de chanter en dissonance ou en playback, mais il apparait maintenant comme le seul en mesure de résister au « président sortant ». Il a la volonté, la connaissance, la faculté d’adaptation et la clairvoyance nécessaires. Ses compétiteurs ont soit l’un soit l’autre mais ne cumule pas tous ces talents, en revanche les mandats pas de souci… Comme à l’accoutumée, on se verra donc dans l’obligation en France, de voter pour le moins mauvais de la bande et je confirme mon opinion, aujourd’hui c’est notre socialiste de service. Ce n’est pas pour me plaire. Il reste encore un tout petit peu de dogmatisme chez lui qui le rend encore un peu trop gauchiste pour vraiment rassembler tous les Français. Mais nul n’est parfait, loin s’en faut. Le principal de toute façon c’est de vider le squatter de l’Elysée, même si c’est pour y mettre un nouveau locataire modeste mais travailleur.

Après les questionnettes de nos journaleux entra en scène le clown triste du cirque de l’Elysée. J’ai tout de suite vu qu’il allait dans le mur. Quand il est apparu de dos, marchant d’un pas qui se voulait assuré, se dirigeant vers le siège qui lui était assigné, j’ai vu qu’il allait s’en prendre plein les dents, et, je dois dire que j’ai bien aimé… Pourquoi ? Non, pas par méchanceté, pas non plus parce qu’il ne représente pas mes vœux, Hollande ne les représente pas mieux, mais parce que Juppé a toujours été présenté comme l’intellectuel du RPR, l’homme qui comprenait tout, qui analysait bien et qui réfléchissait vite. Chirac le tenait, et le tient peut-être encore, en grande estime, entre énarques en plus… Quand Juppé parle d’arrogance en regardant Hollande, on a vraiment l’impression que la charité vient de faire brûler l’hôpital qui se moquait d’elle. Suffisance, arrogance, dédain sont des mots où les gouvernants de notre futur ex président se retrouvent comme chez eux, tout comme lui-même. D’être intelligent c’est comme la beauté, si on le sait on prend le risque de tout gâcher et c’est ce qu’a fait Juppé hier soir. Sa brillance supposée n’a pas ébloui ni Hollande, ni les téléspectateurs, ce sont des umpistes qui me l’ont dit.
Comment savais-je qu’il allait souffrir ? C’est très simple, en le voyant marcher, la tête légèrement enfoncée dans ses épaules, il avait le doute en lui et en politique le doute n’est pas permis, surtout à ce niveau. Le balancement léger de ses bras montrait sa crainte, le mot est un peu fort mais il exprime ce qu’il m’a fait sentir à son approche du ring. Il partait battu. Son air sérieux et concentré avait du mal à cacher son inaptitude à ce débat, et, il a fallu la longue expérience de la manipulation des hommes qu’il possède pour arriver à sauver les apparences. Il n’a pas amené dans le débat des thèses massues qui auraient pu déstabiliser son adversaire, il était en manque d’arguments parce que, malheureusement pour les Français, ce que disait Hollande était et est toujours vrai.

Comment vous opposer à quelqu’un qui vous parle de justice alors que tous les actes que vous avez commis, soit vous soit vos confrères du gouvernement, vont à l’inverse de ce principe républicain ? Comment pouvez-vous répondre à cela autrement que par des phrases à l’emporte-pièce comme « c’est une contre-vérité », encore fallait-il le prouver et il ne l’a pas fait. Hollande l’a même aidé en assumant le fait qu’il gardera quelques unes des réformes faites par l’équipe de bras cassés qui n’aiment que les riches à laquelle appartient le clown triste Juppé. Il a bien essayé jusqu’au bout, car il n’est pas si sot, il s’est bien rendu compte que la partie était perdue et c’est pour cela qu’il ne pouvait pas décoller de sa chaise, il aurait voulu amélioré son score mais le coup de sifflet final avait retenti. Il repartit comme il était venu mais avec le poids de son échec en plus. Double échec, il avait mal défendu le patron du cirque et avait mis Hollande sur orbite en se faisant laminer comme une simple plaque de tôle. Il ne fallait pas aider à la désindustrialisation mon bon…

Je vous avais promis, après vous avoir donné mes raisons de ne pas être de gauche, de vous donner celles qui m’empêchent d’être de droite. En fait, c’est très simple, il suffit de regarder notre gouvernement et vous comprendrez… Vous trouvez dans mes articles, et sans cesse, les mots respects, justice, loyauté, fraternité, partage, équité, etc. Ces mots qui définissent à mes yeux l’Homme vrai ne sont pas usités par nos bandits chez qui le mot corruption avoisine trahison, lâcheté, prébende, cupidité, intérêt, copinage, malversation, etc.
Je rêve d’une société juste et honnête où la dignité est offerte à chacun, la droite que défendent les partis en présence chez nous est loin de mon idéal.

Celui qui croyait être David s’est changé en Goliath… Et vice versa… Je crois que l’UMP s’est retrouvé abasourdi par le nouveau Hollande, ne sachant par quel bout monter sur le pédalo, tout simplement parce que de pédalo il n’y a plus. Ils ont été victimes de leur autosatisfaction et de leur propre suffisance, de leur très haute opinion d’eux-mêmes. Ils vont déchanter et c’est heureux.

Malgré une semaine sans fausse note pour le Hollande, je ne voterai pas pour lui, ni pour personne.

Haroun.

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