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Décroissance et politique…

Je vous le disais, je suis plutôt un décroissant, en admettant que l’on puisse me mettre dans une boîte, celle-là me serait la moins pénible à supporter. En conséquence de cela, je suis évidemment contre le productivisme exacerbé souhaité par les gauches et les droites qui, sur ce point, ont exactement les mêmes attitudes et arguments stupides et stériles. Bien sûr les uns prônent la propriété individuelle alors que les autres la collective mais le résultat est là, il faut produire, toujours plus et sans cesse…

 

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Je lis le mensuel « La Décroissance » qui présente un point de vue proche du mien mais à sa manière, avec une vigueur et une analyse certes pointues mais toujours un peu excessives. Je ne leur en veux pas pour ce comportement qui, à mon humble avis, qui a forcément peu d’importance, nuit quelque peu au développement même de leurs idées. Il faut toujours, pour être bien compris, porter à l’excès ses démonstrations afin, qu’à défaut d’être comprises en profondeur, elles soient au moins entrées dans les mémoires. Je ne crois pas à la violence, je ne crois aux idées implantées par la force dans les cervelles de mouton que nous possédons. Comme je le dis souvent, qui peut se targuer d’avoir raison, qui peut se vanter de savoir tout en toutes choses ou de toucher à la perfection ? Personne et certainement encore moins les lobotomisés, qui travaillent comme des forçats tous les jours pour ensuite regarder leur télé-réalité après le journal laxatif de 20 heures. Non, personne n’est certain de connaître et de détenir la Vérité. Donc, il faut admettre que les gens soient différents et que leurs pensées, si tant est qu’ils en aient, puissent mener à d’autres conclusions que les nôtres. Nous vivons dans un monde où tout est limité, que ce soit les matières premières, nos capacités de cognition, et bien d’autres encore. Comment peut-on imaginer connaître une croissance permanente et exponentielle ? Simplement impossible. Mais d’autres ne pensent pas de la même façon et imaginent que la science et les hommes trouveront toujours des solutions à tous les problèmes qu’ils se créent eux-mêmes et qui les empêchent d’atteindre au bonheur.

 

Chose étrange, des économistes américains ont commencé à mettre en doute la crédibilité réelle que l’on devait accorder au classement des nations à partir du PIB, produit intérieur brut. Et ils sont Américains, vous rendez-vous compte, ce sont eux qui nous ont mis dans cette nasse et maintenant, ils sont les premiers à réagir pour essayer d’en sortir, c’était bien la peine… Bien sûr que plus nous avons moins nous accédons au bonheur, que la propriété n’a jamais engendré autre chose que l’insatisfaction tout au contraire de la frugalité. Comment peut-on imaginer des êtres dans le plus parfait dénuement être plus heureux que nous, avec nos I-phones fabriqués par des esclaves, des voitures énormes qui consomment autant de carburant que nous consommons les fadaises qui nous sont racontées par les médias à la solde des corrompus qui nous gouvernent. Nous sommes beaucoup trop loin dans la consommation pour passer de la société du même nom à une autre bâtie sur le respect du monde et de ses habitants dans la frugalité générale. Là aussi c’est impossible. Ce serait une révolution bien plus importante que toutes celles que le monde a connu jusqu’à ce jour. Notre mode de vie est entré dans nos gênes et nous devons nous en défaire volontairement en travaillant dur sur notre volonté et en nous posant la question de la profonde nécessité de ce que nous achetons et consommons. Ce n’est pas gagné. S’il s’agit d’imposer par la force un nouveau mode de vie, même s’il est plus sain et respectueux de tous les principes qui m’animent, je serais contre. Les comportements obligatoires n’entraînent que le rejet et la lutte. Il faut que les gens comprennent où est leur intérêt, le leur comme ceux de leurs frères humains et du monde dans son entier et sa petitesse à la fois. Il faut qu’ils adhèrent à un nouveau mode de fonctionnement comme ils avaient adhéré à la société de consommation qui les a abusés. On ne peut exiger d’eux qu’ils changent du jour au lendemain mais nous pouvons les aider à prendre conscience de cette nécessité, de cette ultime voie qui permettra à leurs enfants et petits-enfants de connaître le bonheur de vivre dans une nature à la fois magnifique et source de notre propre existence.

 

En continuant de détruire tout ce que nous touchons, c’est leur avenir que nous compromettons, c’est une hypothèque que nous ne pouvons prendre sur un bien qui ne nous appartient pas, mais dont nous avons uniquement un usufruit plus que temporaire. Nous devons prêcher la fin du gaspillage en donnant l’exemple, en en parlant à chaque fois que nous en avons l’opportunité, nous nous devons à nos enfants, nous n’avons aucune raison plus importante de vivre que de protéger la survie de notre progéniture dans l’espérance pour elle d’un bonheur potentiel.

 

Même si je crois en ce que je pense, même si j’ai la conviction que seule une décroissance organisée et gérée peut encore sauver ce qui nous entoure, je ne souhaite pas imposer par tous les moyens mon objectif personnel, seule convaincre par la justesse de nos idées peut induire des changements en profondeur et durables.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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