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Démocratie distributive ?

Dès que nous avons une logique industrielle qui régit la fabrication et la vente d’un produit, nous appliquons des comportements productivistes mais aussi orientés sur le profit à la fois dans son élaboration mais dans les techniques de « marketing » et de vente que nous développons pour le mettre sur le marché. Cette attitude, qui se veut celle normale de toute entreprise d’un monde où les chiffres sont plus importants que quoi que ce soit d’autre est-elle celle qui, réellement, assure un « développement durable » ?

 

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Tout d’abord l’expression même de « développement durable » est un oxymoron de la pire espèce. En effet, il ne peut y avoir de développement qui dure dans un monde où tout est limité, les matières premières en particulier, et, de plus, la consommation. Comment peut-on imaginer qu’une croissance exponentielle peut être durable ? Seuls des imbéciles et des économistes néo-libéraux, pléonasme, peuvent y croire, les politiciens se contentant de faire mine d’y croire car eux ont été formés pour comprendre mais ne jamais dire la vérité. Nous créons des produits, les fabriquons en essayant d’être les moins chers possibles pour pouvoir en vendre le plus possible, est-ce là une véritable logique durable ? En transformant la politique en économie, la démocratie a quitté le domaine de la réflexion pour entrer dans celui de la comptabilité. Il ne s’agit plus de partager, en toute tolérance une civilisation, mais de répartir « démocratiquement » des produits aux éléments de la civilisation en question. On quitte les vues philosophiques qui ont bâti notre société pour donner dans le panneau de l’égalité dans la jouissance matérielle. Or la démocratie n’est pas la répartition égalitaire des produits manufacturés par l’homme mais bien la liberté de chacun de penser, faire et pratiquer ce qu’il souhaite tant que sa liberté intrinsèque ne nuit pas à celles de ses congénères. La démocratie est tristement tombée dans l’environnement matériel du citoyen au lieu d’être une tendance permanente à la réflexion et la remise en question de nos bonnes et mauvaises habitudes humaine et citoyenne. Nous oublions que ce n’est pas le fait d’avoir chacun notre automobile qui nous épargne l’insatisfaction qu’elle ne soit pas la Ferrari ou la Rolls dont on aimerait être pourvu. C’est exactement là que le bât blesse, on nous donne l’impression d’être égaux dans la consommation mais tout ce cinéma n’est qu’apparence, d’ailleurs si c’est du cinéma ce sont forcément et indubitablement des apparences et des décors qui enjolivent la réalité banale et usuelle. C’est cette course folle à la satisfaction, que nous n’atteindrons effectivement jamais, qui fait fonctionner notre civilisation axée sur la consommation démocratique.

 

C’est cette course aux profits qui est le moteur des entreprises, qui pousse celles-ci à d’abord rationaliser le plus possible leurs productions, économiser sur tous les postes où quelque chose est à gagner et en particulier les coûts humains, mais aussi les économies qui peuvent être réalisées en ne respectant pas les obligations légales comme celles éthiques qui touchent aussi bien au respect de l’environnement qu’aux autres secteurs qui font partie intégrante de notre humanité. La course éperdue au profit justifie tout et en particulier la disparition de la recherche de la qualité et de l’évitement du gaspillage. Cela semble paradoxal pour ce qui concerne le gaspillage mais si vous y réfléchissez bien vous constaterez que le profit immédiat nous fait gaspiller sur le long terme, regardez-y à deux fois et vous devriez en être convaincu. Ceci est aussi l’effet de toute compétition, l’obligation de résultat nous crée aussi l’obligation de l’usage de tout moyen susceptible de nous les faire atteindre. La politique du résultat, la compétition permanente et la pression constante sur le toujours plus, comme disait François de Closets, maintient notre société dans la limite de l’immédiateté et l’absence totale de vue à terme moyen ou long.

 

Un petit exemple, dans une autre vie, j’ai été quelques temps entraineur de Tae Kwon Do. Je m’occupais des petits, à partir de 6 ans. Notre club était récent et n’avait pas encore de vue sur des titres en championnat, l’effort étant plus porté sur la structure et l’encadrement que sur les compétitions et les résultats qu’elles supposent. Deux faits générateurs ont déclenché, après des débuts satisfaisants, une dégénérescence de l’ambiance et une détérioration des relations entre les membres. Le premier fut l’entrée en compétition de notre club dans le circuit habituel des associations sportives. On ne peut se développer sans argent, celui-ci provient des membres et des subventions des différentes communautés dont ces groupes dépendent, mairie, conseil général, régional, etc. Donc, comme on ne peut développer indéfiniment la quantité des membres, il ne reste plus, pour trouver de l’argent, que de trouver des moyens de faire augmenter les subventions. Pour cela, il faut des résultats. La seconde raison fut que notre art martial devint un sport, qui plus est olympique et là fut la catastrophe. Les résultats ne suffisaient plus, il fallait aller au-delà de ses propres limites et gagner coûte que coûte, quelles qu’en soient les voies, pour devenir les champions parmi les champions. Peu importait la beauté du geste, la philosophie qui sous-tendait les arts martiaux dans leur globalité et celle du nôtre en particulier, ce qui importait était de gagner, même s’il fallait tricher, ce qui comptait était le résultat. Bien évidemment, j’arrêtai immédiatement ma participation à cette stupide démarche qui retire toute noblesse au terme même de sport. Dès qu’un art ou un sport devient un support reconnu aux yeux du public, l’argent entre dans sa vie et le change en un produit bassement et uniquement matériel et le mute en un support de publicité et un générateur de profits. Cela ne peut nous suffire, cela ne peut plus durer.

 

Encore une fois, ce jeu ne dépend que de nous, nous pouvons ne plus consommer bêtement, sans réfléchir, ne plus travailler sans savoir pourquoi nous travaillons. Bien sûr, vous allez me dire « mais comment survivrons-nous ? » Tout est à créer, tout est à inventer, puisque ce que nous avons fait entretient un monde où se partagent, de façon très inégale, les chances de survie les plus élémentaires, où une petite minorité ne manque de rien et l’immense majorité se prive de tout, y compris des moyens de se sustenter ou de s’hydrater.

 

Vous êtes heureux de savoir que les trois quarts du monde crève pendant que nous remplissons nos poubelles de ce qui pourrait les nourrir pendant des années, pas moi…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

19 Commentaires

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    En transformant la politique en économie, la démocratie a quitté le domaine de la réflexion pour entrer dans celui de la comptabilité. Il ne s’agit plus de partager, en toute tolérance une civilisation, mais de répartir « démocratiquement » des produits aux éléments de la civilisation en question. On quitte les vues philosophiques qui ont bâti notre société pour donner dans le panneau de l’égalité dans la jouissance matérielle.

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