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Des ânes gouvernent l’école !!!

Pour occuper mon temps comme pour générer quelque argent, je donne des cours de Français, d’histoire, de géographie et d’économie à des lycéens. Cela a été pour moi l’occasion de constater à quel lamentable niveau se situe l’instruction publique de notre pays. Non pas que les matières et leurs contenus soient de piètre qualité, non, non. Il s’agit simplement d’un enseignement qui ne correspond pas à ce que l’école doit donner à ses élèves, c’est beaucoup plus grave qu’un souci de qualité… C’est un problème de philosophie !

 

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Tout d’abord, je m’insurge sur le fait de la qualification même du ministère qui est chargé de la divulgation de la Connaissance à nos jeunes citoyens. Le terme même d’éducation nationale est à la fois impropre et ne correspond pas à la mission qui est déléguée à l’état dans l’apprentissage de ses futurs membres « actifs ». Qu’attend-on exactement de l’état ? Nous demandons à l’état d’instruire nos enfants, de leur donner l’envie d’apprendre, de leur communiquer la curiosité nécessaire à la recherche et à l’acquisition de connaissances qui leur permettront de s’épanouir et de se révéler dans leur plénitude d’êtres humains responsables et pensants. Évidemment, nous ne présentons pas les choses de cette manière lorsqu’on se rend à une réunion parents professeurs, mais c’est l’esprit dans lequel devraient être faits tous les enseignements. Nous ne demandons pas à l’état ni à l’école « d’éduquer » nos enfants, cela est notre fonction principale en parents responsables que nous sommes. L’éducation n’a jamais été déléguée à l’école, tous d’abord parce qu’elle n’en a pas les moyens ni les outils, ensuite parce que ce sont nos enfants et qu’il paraît impensable que d’autres que nous les forment dans leurs comportements sociétaux, dans leurs fois éventuelles, dans leurs rapports avec leurs congénères. L’école doit instruire ses élèves et rien de plus. Que des cours de morale soient donnés à nos enfants, si l’école respecte une laïcité totale et sans compromis, pourquoi pas mais c’est un maximum. Il serait plus intelligent d’assurer des cours de « vraie » instruction civique, plutôt que de la morale à deux sous dans laquelle les maîtres et les professeurs peuvent intégrer des données qui sont à l’opposé de celles des parents.

En réparant cette erreur monumentale, de nommer éducation ce qui devrait se limiter à l’instruction, permettrait aux parents que nous sommes de bien comprendre la mission de nos écoles, collèges, lycées et universités. Donc, l’état devait appeler Ministère de l’Instruction Publique ce qu’il nomme à contre-sens éducation nationale, comme cela était d’ailleurs fait dans le passé. Mais les hommes politiques veulent tout régenter et manipuler les bœufs qu’ils croient que nous sommes… parfois à raison… Raison pour laquelle, ils entendent, en pleine complicité entre les tendances politiques majoritaires en France, éduquer au lieu d’instruire. Nous sommes en devoir de refuser cette pénétration hostile dans nos sphères éducatives privées.

 

Par ailleurs, l’école ne doit pas entasser un maximum de connaissances dans les pauvres petites têtes blondes dont nous assumons la parenté. Il ne s’agit pas de quantité mais bien de qualité de connaissances, même pas de qualité mais d’objectif déclaré de l’instruction et de sa méthodologie. Il s’agit bien de philosophie de l’enseignement dont on parle ici. Que demandons-nous à l’institution responsable de l’instruction de nos enfants ? Lui demandons-nous de farcir la mémoire de nos chérubins ? Ou bien de leur donner l’amour de la connaissance ? Ou encore le désir de découvrir par leur seule volonté les informations qui les ravissent et qui les enthousiasment ? Ou tout simplement lui demande-t-on de donner à nos petits les méthodes pour apprendre à apprendre ?

Vous avez tous constater que nos bébés apprennent beaucoup mieux les matières qu’ils aiment que celles qu’ils apprécient moins. Pour leurs matières favorites, il est inutile de les pousser, de les encourager. En revanche, pour les autres il faut trouver des moyens de les y intéresser, de leur faire découvrir ce qu’ils ignorent encore de ces sujets qui sont aussi riches que ceux qu’ils adulent. Bien entendu, ils auront, comme nous l’avons eu en notre temps, des thèmes favoris et il ne s’agit pas de les en éloigner, mais, afin de leur assurer un minimum de culture générale, il est question ici de leur développer le minimum de curiosité nécessaire à l’acquisition d’un niveau moyen de connaissance. C’est la raison pour laquelle je parle d’apprendre à apprendre et non pas d’emmagasinement de connaissances. Si nous leur communiquons l’envie d’apprendre et la méthode pour le faire, ils apprendront dix fois plus vite et sans efforts ou beaucoup moins. Ce qui est l’inverse de ce que nos écoles font actuellement.

 

Hier j’étais sidéré de voir ce qu’un gamin de 3ème devait apprendre en histoire géographie. On lui remplit la tête de doctrines économiques toutes basées sur les modes de gestion politiquement corrects prodigués par nos politichiens chéris, on lui parle de développement, de parts de marché, de développement durable mais vu par la société productiviste dans laquelle nous vivons. Il ne s’agit plus d’instruction mais de manipulation, d’endoctrinement, de mise sous tutelle intellectuelle, mais certes pas d’amour de l’apprentissage.

 

J’accuse nos gouvernants, et cela depuis des siècles, de faire de nous et de nos enfants les outils d’une stratégie économique à laquelle on ne nous a pas demandé d’adhérer mais qui nous est imposée par la force. Après avoir été endoctrinés par les prêtres, nous voilà matraqués par les politiciens qui ne rêvent que de pouvoir sur le dos de gens dont l’autonomie et la responsabilité sont limitées, voire inexistantes.

 

L’école est faite pour éveiller notre intelligence, nous donner les outils pour l’utiliser en toute autonomie et selon notre propre volonté. Elle ne doit pas avoir pour but ultime de faire de nous des dictionnaires ambulants ou des livres de sciences. Qu’elle nous apprenne à apprendre serait le moins qu’elles puisse faire et sa seule ambition.

 

Mais est-ce qu’un peuple responsable et qui utilise son cerveau est souhaité par nos gouvernants de par le monde ? Est-ce qu’un peuple cultivé, intelligent et autonome n’est-il pas plus difficile à tromper ? Bien sur que oui ! Vous comprenez maintenant pourquoi tous les systèmes scolaires de la planète reposent sur l’abêtissement général de nos enfants et des enfants de nos enfants.

 

Ce n’est donc pas un hasard de voir les niveaux baisser tout en ayant toujours plus de connaissances stockées dans leurs cervelles… Faut-il conserver notre modèle scolaire ? Poser la question est déjà y répondre, non !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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