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Des municipales… Démunis si pâles…

Les municipales sont en passe de nous montrer comment, à partir de promesses non tenues, des mandats locaux peuvent payer le prix des erreurs sur un plan national. Les quelques 36000 communes françaises vont devoir se choisir la bande de joyeux drilles qui va les gouverner durant six années. Lorsque les élus sont travailleurs et probes, six ans cela peut être estimé court, si ce sont de dangereux prévaricateurs, c’est extraordinairement long. A cela s’ajoutent les soucis d’intercommunalité, de métropole, de grand ceci ou cela, enfin beaucoup de bruits pour toujours plus d’impôts…

 

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Il est certainement vrai que nous avons une division administrative beaucoup trop lourde et la quantité de communes y est pour sa part. Effectivement cela mériterait d’être réformé et dans le sens d’une simplification renforcée. Pas le choc de simplification dont parle Culbuto 1er et qui ne se réalisera jamais, non celui que des gens vraiment « normaux » pourraient mettre en place après avoir réfléchi sans esprit de clocher ni des convictions bornées et contraires à l’intérêt des citoyens et des habitants. Il faut moins de communes et moins de fonctionnaires qui se multiplient en fonction des niveaux administratifs, toujours plus nombreux, et donc, par voie de conséquence, toujours moins efficaces. Pour vous donner un exemple de complication à la française, savez-vous combien nous avons de niveaux administratifs possibles ? Neuf ! Vous rendez-vous compte que ce sont neuf couches de fonctionnaires qui s’agglutinent les uns sur les autres, qui font et défont en fonction de règles qui, parfois, s’opposent et se contrarient. Entendons-nous bien, je ne fais pas partie de ces gens qui conspuent les fonctionnaires et les traitent de fainéants, non, même s’ils le sont. Je veux simplement dire que nous avons les fonctionnaires que nos élus souhaitent, pour des raisons toujours malsaines d’accaparement de voix qui peuvent se révéler importantes au moment d’élections difficiles. Quelles sont ces huit couches administratives ?

La commune, l’intercommunalité, la métropole, le grand Paris et bientôt toutes les capitales régionales, le canton, le département, la région, l’État, l’Europe.

Cela fait beaucoup, cela fait trop, cela est incohérent.

 

Les intercommunalités furent inventées pour diminuer les frais de fonctionnement des communes en rationalisant les gestions du personnel comme des coûts globaux, c’est un échec, des embauches, la plupart du temps amicales ont fait que le nombre des employés communaux et d’intercommunalité a explosé comme tous leurs coûts de fonctionnements. Pourquoi, est la question la plus intéressante… Tout simplement parce que les soucis électoraux sont toujours les premiers à satisfaire lorsqu’on est un candidat qui envisage de devenir propriétaire de son mandat et des avantages y afférents. On ne peut rationaliser sans sacrifier des emplois et des dépenses croisées entre les communes membres d’une même intercommunalité. Or, sacrifier n’est pas un mot qui convient à une réélection putative, les électeurs oublient plus difficilement la perte d’emploi d’un des leurs que l’augmentation des impôts que sa conservation génère. Alors, on ne licencie pas et, pour gagner quelques voix supplémentaires on embauche même sans compter ou si peu. C’est la gabegie la plus complète, la plus dramatique. Ce nombre croissant de fonctionnaires fait aussi croître les impôts qui les financent, les entretient dans cet état végétatif que produit immanquablement l’excès de personnel dans une organisation sans but. Cette pléthore d’agents se partage un travail qui, lui, ne croît pas avec le personnel qui est supposé le traiter. Je veux dire par là que la quantité surabondante d’employés, non seulement n’a pas grand chose à faire mais entretient une ambiance négative sur leur propre lieu de travail du fait même que n’ayant rien à faire, toutes les discussions futiles et infantiles laissent libres cours à des échanges peu amènes entre ceux-là mêmes qui s’ennuient et se regardent en chiens de faïence.

 

Ces métropoles que l’on voit surgir partout, ce grand Paris qui donnera bientôt naissance à un grand Marseille, un grand Lille, un grand n’importe quoi surtout, sont encore des nouveaux moyens de matérialiser, si besoin en était, la nécessité de nos édiles de s’entourer de gens acquis à leurs causes et dépendant d’eux. Tout cela va encore coûter beaucoup d’argent et donc vos impôts croîtront à la même vitesse que ces machines à dépenser le fruit de votre travail.

 

Le président qui s’attaquera à tout ce cirque n’est pas né et Culbuto ne dira pas le contraire, lui le défenseur des riches et des multinationales qui financent ses campagnes électorales, avec son sourire narquois qui annihile les pauvres qui lui faisaient confiance dans le combat annoncé contre la finance et ceux qui nous ruinent. A quand le dixième niveau administratif ? Je vous laisse deviner…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

  1. michel-la-six Répondre

    Voilà le problème posé par les fonctionnaires, ici municipaux, disséqué méticuleusement, exposé dans toutes ses causes. Tableau bien sombre d’une situation qui semble sans issue, liée à la
    nature, des hommes en général, de chacun d’entre nous quand surgit l’intérêt. Ce qui prouve que la règle est l’unique moyen de faire changer les choses, si ceux qui l’établissent ne dépendent pas
    d’un statut qu’elle viendrait contrarier. C’est dans ce cadre là qu’on pourra rendre utile La Sixième République qui semble nécessaire.

    Pour rester optimiste, puisant dans le sujet que Vous avez choisi et si bien présenté, j’ai dessein d’un article qui donnerait idée d’une solution possible parmi d’autres à venir.

    A bientôt.

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