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Détroit et PIB…

La ville de Détroit, aux USA, vient de se mettre en faillite. Elle ne doit pourtant « que » 18.5 milliards de dollars… Reine des villes de l’automobile de la fin du XXème siècle, elle n’est maintenant qu’un champ de ruines à qui on recommande de vendre les œuvres d’art contenues dans ses musées pour faire entrer quelque argent dans les caisses, bien que les conseilleurs sachent pertinemment que cela ne sera qu’une goutte d’eau dans un désert de dettes. Comment peut-on en arriver là et est-ce un phénomène qui va se généraliser ?

 

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Obama confirme son soutien mordicus à la ville du Michigan, qui demande, à un juge, de dire si une procédure de faillite pourrait être acceptée pour tenter de la sauver. Mais Obama a-t-il vraiment les compétences d’un sauveteur lorsque l’on voit l’accumulation de dettes nationales qu’il a engendrées durant son premier mandat et qu’il continue copieusement d’alourdir depuis le début du second. C’est un peu comme si nous demandions à un pompier de mettre le feu à sa caserne… D’une part, l’ère de l’orientation profit touche peut-être à sa fin. D’autre part, les joueurs professionnels que sont nos hommes politiques, jouant mais avec notre argent, vont essayer de comprendre comment fonctionne l’économie pourrie qu’ils ont mise en place, développée et pérennisée depuis de trop nombreuses années, leur gestion à l’aveugle tire à sa fin, tout comme la civilisation qui en naquit. Ils vont être victimes du système qu’ils ont mis en fonction, déréguler au possible et qui les a tous enrichis personnellement et mis dur des piédestaux aux frais de leurs contribuables. Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui sont les victimes de tout cet imbroglio politico-économico-mafieux, parce qu’au bout du compte, qui va payer ? Pas eux dans tous les cas, certainement nous. La gabegie engendrée, mégalomanie et irresponsabilité aidant, par ces gestionnaires du dimanche ne leur fera aucun tort et vous verrez qu’ils auront même l’outrecuidance de se présenter encore aux prochaines consultations électorales, sans honte et sans scrupule, tels de preux chevaliers maléfiques qu’ils sont. Rien n’était assez grand, assez beau pour ces petits rois, ces roitelets de pacotille, la construction à tout va, les locaux de leurs services emplis des enfants de leurs amis, des membres de leurs familles et de tous ceux dont ils voulaient s’attacher le soutien si ce n’est l’affection, ils se permettaient tout et n’importe quoi. Que d’argent jeté dans les poubelles de ces profiteurs qui vivaient, et vivent encore, à leur crochet et donc aux nôtres. Ils n’avaient aucun contrôle ni aucune limite à respecter puisque c’étaient eux qui les avaient fixés en toute irresponsabilité. Croyez-vous qu’il en soit autrement dans notre beau pays de France, ne pensez-vous pas que nos édiles soient aussi dispendieux que leurs collègues d’outre atlantique ? Aussi magouilleurs, corrompus et irrespectueux de leurs devoirs et obligations, que ces mêmes gangsters façon américaine ? Bien sûr qu’ils sont identiques tous ces voleurs et bandits de grand chemin, ils sont humains et sans éthique, c’est leur plus gros point commun. Dès que l’impunité est pressentie, le côté sombre prend le pas assez facilement sur le flanc éthique de chaque homme. Certains résistent, peu, d’autres se mêlent à la meute des cupides pour en retirer le plus possible de profits personnels et pour leurs complices. La cause de nos tourments n’est rien d’autre qu’humaine, elle n’est en rien économique puisque l’économie a été créée par les hommes qui s’en sont servis comme il l’entendait avec les résultats que l’on connait.

 

A la question qui s’intéresse à la putative généralisation de ce phénomène de faillite de services publics, la réponse est oui, non seulement cela va se généraliser mais ce sera tant mieux. C’est le fait de toucher le fond qui nous obligera à réagir, à chasser les marchands du temple et des assemblées qui auraient dû rester populaires au lieu de devenir les terrains de chasse réservés de ces prédateurs sans conscience. Beaucoup de grandes villes sont concernées par ces dépenses délirantes, mégalomaniaques et faites que dans le culte de celui qui les commande. Il serait bon de connaître l’endettement de nos villes, de nos départements, de nos régions, pour celui de l’état, nous le connaissons, il est colossal et égal à notre PIB, à quelques centimes près. Le PIB, cet outil qui n’a aucun sens dès lors qu’il ne mesure que des résultats comptables, sans tenir compte des données humaines et de la satisfaction des échantillonnages choisis pour leurs calculs statistiques, nous devons donc autant que ce que nous produisons en un an. Et comme notre endettement augmente jour après jour, nous ne sommes pas près d’en sortir en admettant qu’on essaie, ce qui n’est pas le cas. Sauf que nous allons produire de moins en moins puisque le pouvoir d’achat baisse de façon drastique pour tous sauf les amis de Sarkozy, les très riches. Cela signifie, si nous produisons moins que le volume de notre dette, celle-ci va augmenter sa croissance à vitesse encore plus soutenue. Ils veulent la croissance mais ils n’ont que celle de nos dettes, les pôvres. En effet, le PIB va baisser mais les dettes vont continuer au même rythme, ceci donne forcément un endettement qui s’accélère puisque la base de comparaison baisse.

Exemple : les chiffres sont choisis arbitrairement juste pour la démonstration.

2013 PIB = 1000,

Endettement = 1000,

Croissance négative ou récession = -1 %,

Endettement supplémentaire 2013 = 4%.

Ratio d’endettement = 1000 / 1000 = 1 = 100 %

 

Cela donne pour référence pour l’année 2014 un PIB en baisse par rapport à celui de 2013 :

2014 PIB (-1 %) = 990

Endettement (+4 %)  = 1040

Nouveau ratio d’endettement = 1040/990 = 1.05 = 105 %

 

Et plus le PIB baissera, plus le ratio sera haut, de même pour le rythme de cette augmentation de l’endettement, plus le PIB baissera vite, plus l’endettement croîtra de même. Voilà comment le PIB se retourne contre ses créateurs et adorateurs… Raisons pour lesquelles il me parait obligatoire de connaître une généralisation des défaillances financières de tous niveaux. Pourquoi ? Parce que le ratio d’endettement déclenche des processus réglementaires sur les marchés financiers. Plus votre ratio est haut (plus vos dettes sont lourdes et votre production en baisse), moins vous avez la confiance des marchés financiers, moins de confiance signifie emprunts plus chers à taux d’intérêts forts, donc endettement renforcé par le montant des frais financiers à payer. Moins d’argent circule, la production continue de baisser, la dette continue de croître, les intérêts deviennent faramineux et résultat… La Grèce, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, l’Italie… Et très bientôt la France ?… Les Etats Unis ?…

 

C’est la raison pour laquelle nous allons droit dans le joli mur d’en face, qui a d’ailleurs une fâcheuse tendance à se rapprocher de plus en plus vite…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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