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Doha et le farniente…

Nos ministres, pas tous mais trois d’entre eux, vont aller à Doha, au Qatar, pour fêter la mort annoncée de la planète. Comme c’est gentil, quelle attention généreuse et touchante, ils m’émeuvent profondément, si profondément que je me sens blessé, violé, par la pénétration de leur affabilité naturelle, elle me rentre dedans comme l’iceberg qui creva la coque du Titanic. Le pouvoir du mensonge est immense.

 

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Pendant que Culbuto 1er signe un accord sur le TGV avec Monti, le clown technicien qui gouverne aux destinées de l’Italie chère à mon cœur de par mes origines, le monde continue de pourrir allègrement, sous les yeux et avec l’aide des faiseurs de profits qui n’en ont rien à battre. Un aéroport d’un côté et un train de l’autre, décidément nos gouvernants font tout ce qu’ils peuvent pour procurer du travail à leurs électeurs. Le problème étant que le travail d’aujourd’hui générera le chômage de demain, du fait même que les besoins réels de notre population sont en parfaite opposition aux décisions prises pour satisfaire l’idée fausse de nos énarques sur ces mêmes besoins. Créer du travail avec des outils qui n’ont de durée de vie que l’édition des prochains sondages ne peut durer éternellement. La gestion au jour le jour, à la petite semaine, sans vision précise de ce qu’on veut atteindre et des moyens à notre disposition, va nous mener dans un mur qui est déjà bien ébranlé, plein de fissures et proche de la chute tellement nous nous escrimons à vouloir le mettre à bas. Seul problème, ce mur retient un océan qui, sans lui, risque de nous noyer tous et pour un moment extrêmement long ou même pour toujours ou plutôt jusqu’à l’avènement d’une société moins stupide.

 

La température va augmenter de cinq degrés d’ici à la fin du siècle, entendez-vous Hollande ou n’importe lequel de ses affidés nous parler de ce sombre sujet et nous demander d’y réfléchir afin de nous préparer à de nombreux bouleversements de notre mode de vie ? Jamais, ils rêvent de croissance qui, justement, a entraîné les conséquences dont nous allons subir les effets avant longtemps. Le mépris de nos représentants, ceux que nous avons élus soi-disant démocratiquement, est tel qu’ils nous croient incapables de comprendre les situations qui s’annoncent à grand renfort de problèmes climatiques naturels. Mais même si nous admettions que ce ne sont pas nos modes opératoires qui ont engendré les soucis qui s’annoncent, comment peut-on refuser d’en prévoir les sorties possibles en revenant sur nos opinions économiques qui sont, objectivement, incohérentes et dangereuses pour la planète et donc nous. Bien évidemment il est plus facile pour nos chefs d’enfoncer nos têtes dans le sable et nous demander, à l’instar des autruches, de surveiller nos œufs, que de nous dire la vérité ou, dans tous les cas, de nous présenter l’éventualité de nos futurs gros désagréments. Ils préfèrent jouer les hommes occupés, tantôt à sauver l’euro, tantôt les entreprises, tantôt le monde, mais toujours sans consistance, sans persistance et sans réelle implication. Ils font semblant, ils feignent la sur-occupation. Ils se moquent de nous surtout.

 

Ceci m’amène à vous parler de l’art de ne rien faire. Je fais partie de ces gens qui pensent qu’il vaut mieux ne rien faire que de mal faire. Qu’il vaut mieux ne rien faire plutôt que de feindre d’être occupé. Qu’il faut de temps à autre s’arrêter et regarder le temps passer, laisser le temps au temps comme nous le disons souvent sans le faire jamais. Qu’il faut contempler le monde qui nous entoure dans un moment de paix intérieure et extérieure. Sans téléphone portable, sans message, sans mail, sans conversation inutile, mieux vaut un peu de paix que tout cela réuni. Nous avons perdu le sens du beau, nous avons éludé la question de notre environnement et de notre propre nature d’humain en ne les regardant que par le mauvais côté de la lorgnette. Nous ne savons plus ne rien faire, nous poser et profiter de la vie en ce qu’elle a de plus généreux, elle est, elle existe, elle est là et nous passons près d’elle sans la voir, sans la sentir, sans en tirer le bonheur qu’elle souhaite nous faire partager. Quel gaspillage, quel manque de lucidité.

 

Je ne fais pas l’éloge de la fainéantise, pas du tout, j’entends simplement vous communiquer mes impressions sur cette société, où si nous ne courons pas, nous passons pour des perdants, où si nous sommes désœuvrés un moment, nous sommes jugés parfaitement inutiles, ou si nous ne souffrons jamais de l’ennui tout en ne faisant rien, nous devenons dans l’esprit de tous les adeptes du politiquement correct des marginaux destructeurs de la « belle » société dans laquelle on essaie de survivre. Nous vivons dans un monde d’apparence où tout le monde juge tout le monde sans rien savoir. L’occupation ne signifie pas que ce qui nous occupe en vaut la peine.

 

La meilleure preuve nous est donnée quotidiennement par notre gouvernement qui bouge beaucoup, qui est très occupé, mais qui ne règle pas les vrais problèmes qui nous inquiètent sans qu’ils ne s’en soucient.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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