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Donnez-moi le ton… oups… le thon !

Hier, suivant le conseil d’un de mes chers amis très taquin, j’ai envoyé une offre de service à un site internet d’information connu, Rue 89. C’était une expérience intéressante du fait de mes idées et de la manière, peu orthodoxe, que j’ai choisie pour les défendre et les présenter à mon lecteur préféré, vous en l’occurrence, oui vous, ne faites pas le coquet, c’est bien de vous que je parle. Bien m’en prit car la réponse arriva à la vitesse de la lumière, pas celle de celui qui me répondit, mais celle qui éclaire nos journées qui s’allongent en ce printemps précoce. Le message accusant réception de mon offre était court mais en disait long…

 

Thon.jpg

 

Voici la réponse dans son intégralité mais sans le contenu de la signature :

Bonjour,

Je ne suis pas emballé par votre ton, désolé.

Bien à vous,

Mathieu Deslandes

Rédacteur en chef adjoint de Rue89

 

Et voici ma réponse à sa réponse :

Bonjour,

Ne soyez pas désolé, si vous jugez mon blog sur sa forme ne le soyez pas du tout. Ce qui est important est le contenu analytique lorsqu’il y en a. La forme peut changer tout en gardant le fond s’il a quelque valeur.

 

L’originalité de mon propos ne peut vous convenir, soit, mais ne me dites pas que vous n’êtes pas emballé lorsque vous évaluez uniquement l’emballage. Je pensais que l’ennemi marqué des « anti-mariage-gay », qui lui aussi sait connaître des excès de langage, aurait eu une vue plus acérée sur le contenu que sur le contenant.

 

C’est moi qui suis désolé.

Bonne journée.

 

Et enfin, la réponse à ma réponse à la réponse :

1) Où voyez-vous un quelconque propos original ?

2) Vous avez proposé des chroniques. Une chronique, c’est d’abord un ton.

Envoyé de mon iPhone

 

En dehors du fait que nous sommes heureux de savoir que Mathieu Deslandes possède un iPhone, pourquoi je vous raconte tout ça me direz-vous ? C’est une bonne question ! Tout simplement parce que nous mettons ici le doigt sur ce qui fait que nos journaux ne servent plus qu’à allumer nos cheminées, et c’est la seule raison qui leur reste pour être appelés encore « journaux à grand tirage ». Ceci est aussi vrai pour nos magazines qui sont obligés de chercher le scandale, pour gagner de l’argent qui n’a plus rien de propre mais au contraire qui sent le soufre, le lucre et le vice. Il n’y a pas une saison où nous n’entendons pas les éditeurs de journaux ou les gens qui y travaillent se plaindre de l’absence de lecteurs, de leur disparition lente, progressive et continue. Mais il est plus aisé de regarder la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien, disait La Fontaine en plagiant une phrase célèbre de la Bible. Nos journalistes, comme je le dis souvent, ne font que répéter inlassablement les messages transmis par leurs maîtres, ils ne prennent aucun risque et restent confortablement installés dans le confort du politiquement correct. Et lorsqu’ils sont engagés, ils deviennent militants et ne rédigent que des pamphlets qui n’ont d’autre intérêt que de brosser dans le bon sens tous les adeptes du même militantisme. Cela n’est pas du journalisme, cela est de la brosse à reluire dans le meilleur des cas et un outil d’agression gratuite entre les mains de quelqu’un qui sait que ses ennemis n’auront pas forcément les moyens de toucher autant de gens par leurs réponses.

 

Alors, actionnaires du Monde et de Libération qui pleurez les sous que vous allez perdre, pleurez encore, faites vos plans de restructuration, débarrassez-vous du peu de bons journalistes qui vous restent (je vous rassure il y en a peu) et embauchez des paparazzis, des coureurs de scandales, des espions malsains qui ne guettent qu’un téton de star ou un débordement d’un personnage de la politique ou du show business, ce qui, de nos jours, est du pareil au même. Remplissez vos colonnes des publicités des gens qui vous dictent votre ligne éditoriale et vous continuerez de vendre du papier, mais ce ne sera que du papier, rien que du papier. Il en sera de même pour vos sites Internet d’une soi-disant information. Le contenant sera plus intéressant que le contenu, comme d’habitude. Vous porterez la responsabilité de votre coupable comportement dans le triste constat de la déliquescence des esprits, dans la disparition des capacités d’analyse et de réflexion. Bien entendu, vous pourrez toujours dire que si les gens veulent du sale c’est à vous de le leur vendre mais… et votre éthique, et votre déontologie, et votre respect de vous-même. Il en est du journalisme comme de la politique, nous avons les journaux que nous méritons comme les gouvernants que nous méritons de même… Cela n’augure pas de bonnes choses de notre état mental de Français moyen, n’est-ce pas ?

 

Le ton est quelque chose d’important, c’est ce qui vous différencie des autres et qui rend votre « chronique » originale. Le problème est que le ton vous différencie sur la forme, une fois de plus, mais pas sur le fond. Il faut toujours attirer le chaland par des artifices tapageurs même si l’on n’a rien de spécial à dire… Mon ton ne plait pas à ce monsieur, normal mon ton s’écrit thon… Il n’aime peut-être pas le poisson…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

  1. djefbernier Répondre

    Assiéger un engin pareil, même avec la forme, cela me paraît très très coton. Peut-être qu’avec une catapulte… Ah ces gens en place, on sait bien ce qui les fait s’accrocher ! Au plaisir de
    vous lire.

    1. Point de Vue Incorrect Répondre

      On s’amuse comme on peut et nous n’en avons pas tellement l’occasion. Mais rien ne vaut l’expérience pour montrer aux gens dans quel monde nous vivons…

      Bonne journée.

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