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Du cheval pour des boeufs…

La recherche insatiable et inextinguible du profit nous conduit souvent à des extrémités ubuesques, à des comportements stupides et antisociaux. Mais ces attitudes n’existeraient pas ou, tout du moins, ne se seraient pas pérennisées, si notre complicité active ne confortait pas ces tricheurs et ces menteurs professionnels dans leurs tristes positions de profiteurs et d’opportunistes. C’est ainsi que nous consommons des ânes, des mules et des chevaux en lieu et place des vaches habituellement dans nos assiettes.

 

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Mais avant toute chose une remarque est à mettre en avant, que nous souhaitions manger de la viande à tous les repas me semble complètement incongru. Je ne parle pas ici de nutrition ou de diététique mais simplement du fait qu’il me parait absolument incroyable que beaucoup d’entre nous ne puissent imaginer un repas sans viande. Jadis Henri IV fit de la poule au pot le dimanche ses heures de gloire et en devint un roi bienfaisant, mais de là à passer nos vies à massacrer des animaux pour juste les déguster à chaque fois que nous passons à table me semble étrange. Les obèses, les victimes d’IVC, de cholestérol, de diabète, de tous les maux ayant plus ou moins d’attache avec notre alimentation, tout cela ne suffit pas à nous convaincre de manger autrement, voire même de vivre autrement. Je ne rentrerai pas dans le débat de l’abattage des animaux de boucherie et de leur élevage intensif qui, déjà en eux-mêmes sont des problèmes majeurs de la filière alimentaire, je ne m’intéresse qu’aux conséquences de notre acharnement à manger toujours plus riche. Cela commence à s’inverser avec une remontée du « naturalisme » qui passionne certains jeunes et cette avancée des réflexions moins consommatrices de ces « certains jeunes ». Je souhaite, j’espère de toutes mes forces que ces jeunes seront de plus en plus nombreux.

 

Cette surconsommation permanente permet à nos industriels de croire qu’ils pourront nous donner n’importe quoi dans leurs beaux emballages tant que nous serons motivés à avaler des produits toujours plus nombreux et sans cesse moins onéreux. Or une chose est impossible, manger bon et pas cher. C’est définitivement IMPOSSIBLE. Quand on veut de la quantité, il faut abandonner la recherche de la qualité dans l’esprit de ces industriels malhonnêtes qui sont plus mobilisés par les profits générés par une demande qui n’a de cesse de croître que par la santé de ceux qui les enrichissent. Leur marketing est odieux et ne nous offre rien d’autre que du rêve et du poison. Notre demande de ces produits, toujours moins chers, obligent ces industriels nauséabonds, qui ne veulent en rien voir baisser leurs marges et leurs profits, à trouver des solutions qui nous satisfassent tout en garantissant la même rentabilité voire l’améliore pour leurs entreprises.

 

J’ai vu hier une partie de l’émission « Mots croisés » sur France 2, chaîne de la lèche présidentielle et gouvernementale s’il en est, comme sa consœur TF1, chaîne irregardable de stupidité et de jeux lobotomisants. Le type qui défendait les industriels de l’agroalimentaire ne manqua pas d’avancer l’argument imparable des emplois dont cette industrie est pourvoyeuse. Ce chantage en dit long sur la mentalité de ces gens qui se croient tout permis sous prétexte qu’ils donnent du travail à des milliers de personnes, y compris le droit de les abandonner. Malheureusement les gouvernements sont sensibles à ces arguments fallacieux pour des raisons qui se veulent surtout électoralistes. Nos politiciens sont les rois du « on verra bien demain » et repoussent toujours plus loin l’étendue de leur irresponsabilité.

 

En un mot comme en mille, tout ce qui arrive est normal selon le concept de notre société de consommation outrancière et sans honte. Des équidés, ânes, mules et chevaux, se retrouvent sur le marché de la viande en Roumanie, par la faute de la Communauté Européenne gérée par des fonctionnaires dont la seule caractéristique commune à toutes leurs nationalités est l’ablation du cerveau à la naissance. Bien sûr les professionnels de la viande y voient une aubaine et mettent en place leurs machineries machiavéliques. Quelques intermédiaires véreux et la création ou l’usage de filiales discrètes situées dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg suffiront à commercialiser des milliers de tonnes de viande à de vils prix contenants de viles marges bénéficiaires au su de la qualité de la viande en question. Quand on sait que c’est une filiale de la compagnie qui hache la viande qui a vendu cette même viande à sa maison mère et qu’on dit que cette société mère ignorait ce qu’elle avait vraiment acheté, on se moque « un peu beaucoup » de nous, ne croyez-vous pas ?

 

Par ailleurs, ceux qui ont déjà vendu des produits quels qu’ils soient à des grands industriels ou distributeurs le savent, ces grands messieurs sont les premiers à dire à leurs fournisseurs qu’ils sont capables d’acheter directement aux producteurs au vu des quantités qu’ils achètent, et, c’est ce qu’ils font le plus souvent en assassinant financièrement les producteurs en question. Ce chantage est permanent vis-à-vis des intermédiaires. Quand des entremetteurs existent dans des affaires entre producteurs et grands faiseurs, c’est que ceux-ci, les industriels et les distributeurs, y trouvent leur compte et seulement dans ce cas.

 

Pour ma part, tout le monde savait tout et tout le monde est condamnable. Les premiers à condamner sont les acheteurs finaux de ces produits pourris, c’est-à-dire nous. Achetez de la viande, du poisson ou tout autre produit carné ou de la mer une fois par semaine, votre alimentation en sera mieux équilibrée et vos achats seront plus chers mais de meilleure qualité… Mais le ferez-vous ? J’en doute…

 

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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