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Editôt ou éditard (45)

Le combat commence ? Quand ?

Je m’aperçois que le fait de reprendre, à chaque fois, les mauvaises actions de nos gouvernants, quels qu’ils soient, des voleurs de la gauche caviar ou des voyous de la droite gangster, m’oblige à toujours répéter les mêmes choses… Cela limite le champ de mes réflexions et donc de mon développement personnel et, comme mon père me le disait souvent : « Un homme peut se faire « baiser » une fois par quelqu’un, il peut même se faire « baiser » dix fois  par dix personnes différentes, mais s’il se fait « baiser » dix fois par le même énergumène… C’est qu’il aime ça !

 

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Je vous confirme que je n’aime pas ça du tout et que la preuve de mon désamour du viol permanent, dont nous sommes victimes, est attestée par l’existence de ce blog qui se voudrait plus agressif encore qu’il ne l’est, si je m’écoutais vraiment. Mais je ne peux imaginer la violence, qu’elle soit révolutionnaire ou pas, elle ne se justifie jamais et seuls les belliqueux lobotomisés soutiendront l’inverse. Je suis un « pacifiste violent » car la violence en question peut revêtir de multiples affublements. Il n’est pas nécessaire de faire couler le sang pour faire passer ses idées et encore moins les faire partager. Les inquisiteurs de tout poil ne trouvent aucune excuse à mes yeux. Ne serait-ce que pour une seule raison, cette inhumanité ne peut être supportée. Cette raison est simple, nous ne sommes jamais sûrs d’avoir raison, nous sommes convaincus, certes, du bien fondé de nos raisonnements, pour ceux qui en tiennent encore, mais nous ne pouvons être certains que ce qui est vrai pour nous le soit pour tous, jamais, ô grand jamais. C’est ce qui fait que les dialogues tournent toujours plus ou moins courts.

 

Regardez les débats sur les écrans de nos lanternes magiques, entre fainéants de tous les partis politiques. Ils ne se parlent pas, ils ne s’écoutent pas, ils n’échangent absolument rien et ils en sont bien incapables. Ils ne font que s’écouter eux-mêmes et en boucle, les éléments de langage deviennent des ritournelles vides de sens et stéréotypées. Ceci me pousse, de plus en plus, à ne pas croire que la fonction politique soit une position professionnelle. On ne peut déléguer ad vitam aeternam, et, de façon héréditaire qui plus est, la représentation de nos opinions à des gens qui n’écoutent que ce qu’ils disent et pensent, quoique je doute qu’un Copé ou un Moscovici pensent. Ils ne réfléchissent pas, ils appliquent bêtement ce que des énarques enseignent à de futurs énarques ou à leurs semblables. Une réflexion personnelle donnerait des phrases différentes d’un interlocuteur à l’autre, or, dans leur cas, que nenni. Chacun dans son propre milieu, qui la gauche d’Ali Baba, qui la droite de Rackam le Rouge, ne fait que répéter à l’antienne les mêmes mots, pour ne pas dire les mêmes maux, qui génèrent les mêmes insanités. Et le plus fort de tout est que les deux font les mêmes choses, que l’austérité juste de la gauche soit différente de l’austérité injuste de la droite ne saute pas aux yeux des malheureux bailleurs de fonds que nous sommes devenus à nos corps défendant.

 

Je sais ce que vous vous dites… « Et alors, comment pouvons-nous lutter contre tout ce qui nous insupporte et nous rançonne de façon permanente et irrémédiable ? » Je vois que vous ne m’écoutez pas, ou plutôt que vous ne me lisez qu’en diagonale, je vous l’ai déjà écrit mille fois, ce n’est pas vrai, je n’ai écrit que 344 articles depuis le début de ce blog, mais bon… Pardonnez-moi mes excès d’optimisme… De toute façon je n’arrête pas de vous l’écrire, réfléchissez, renseignez-vous, bâtissez-vous votre opinion et partagez-la avec tous ceux qui vous entourent. Ce partage ne doit pas être, à l’instar de nos politichiens tant honnis, qu’une litanie de comportements à tenir que vous n’appliquerez jamais vous-mêmes. Non, le seul partage qui mérite votre intérêt est celui de l’exemple que vous allez donner, l’application de vos réflexions à vous-même d’abord et dans leur intégralité. Ne demandez jamais à quiconque de faire ce que vous ne sauriez faire vous-même en matière de rapports humains. Qu’il est facile de donner des leçons qui ne sont pratiquées que par les autres, c’est un peu comme l’austérité défendue par les imbéciles du FMI et de l’Union Européenne, elle ne s’applique qu’aux peuples européens mais jamais aux castes qui les dirigent, n’est-ce pas étrange ?

 

Après avoir construit cette opinion autonome et personnelle, appliquez-la, pratiquez-la, montrez-vous en le faisant et expliquez votre attitude à tous ceux qui auront le courage de vous poser la question. Je sais que je suis un utopiste pas distingué, mais je m’en réjouis, la réalité n’est qu’un rêve réalisé. Peut-être, un jour, serons-nous assez courageux et nombreux, quoique le nombre ne soit pas important, pour dire stop, pour sortir de chez nous un matin et dire non. Arrêter de travailler, de consommer, d’utiliser tous les outils, qui permettent aux voyous qui nous gouvernent et à leurs commensaux, de contrôler nos faits et gestes et de nous berner dans une continuité sans fin, arrêter de payer, d’acheter, de vendre… Il ne suffit que de cela pour détruire le monde pourri dans lequel on veut nous entraîner, et, le comble repose sur le fait que ce blocage peut anéantir toute cette société malade en quelques jours, au maximum en quelques semaines tant cette société en question ne vit que par le vent qu’elle génère elle-même de ses mouvements inutiles et destructeurs.

 

Le ferez-vous un jour ? Je préfère ne pas répondre pour vous, j’aurais trop crainte d’avoir raison d’être pessimiste… Ou me trompé-je ?

 

Cela fait 345 fois que je vous le dis !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

  1. Jokari Répondre

    Mon cher Haroun, vous avez tout juste.

    1. La politique ne devrait pas être un métier.
    2. Nous avons le pouvoir d’anéantir la démesure ambiante.

    Ne soyez pas pessimiste ! Regardez ce qui se passe en ce moment en Italie avec le mouvement Grillo et ses 162 « citoyens ordinaires » qui siègent au Parlement. Attendons un peu, les français sont
    plus lents (et surtout beaucoup moins touchés par les problèmes économiques), mais la réaction viendra.

    À lire, la tribune d’Albert Ogien dans le Libé du jour.

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