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Editôt ou éditard (21)… Big is beautiful ?

La question mérite d’être posée dès l’instant où nous voyons nos élus, au plus haut niveau comme au plus bas, se prosterner sur les genoux, se rouler dans la fange abjecte de leur petitesse, devant les grandes entreprises qui font et qui défont le monde pourri dans lequel nous allons abandonner nos enfants… J’en ai honte pour eux !

 

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C’en est d’autant plus absent de tout sens quand ces élus sont de gauche et que certains d’entre eux étaient vraiment à gauche de la gauche « classique » – c’est à dire non révolutionnaire – à deux coutures de pantalon du parti communiste.

La même question doit surgir des méandres de votre cerveau de lobotomisé que celle qui jaillit dans l’immense poubelle qui me tient lieu de tête. Pourquoi diantre se pose-t-il cette question ? On le sait tous bien que « Big is beautiful » et que les riches ont toujours été admirés par les pauvres, les nobles par les roturiers, les lobotomiseurs par les lobotomisés… Pas moi, sacré nom d’une pipe ! Comme je vous l’ai déjà écrit mille fois, il ne faut pas tout mélanger, ce n’est pas parce que quelque chose est utile qu’il faut pour autant le mettre sur un piédestal qu’il ne mérite et ne demande pas. Les grandes entreprises sont utiles mais ne sont pas admirables, elles nous en donnent la preuve quotidiennement, ce sont les grandes sociétés multinationales qui développent le moins de patriotisme économique, le moins de solidarité financière. Elles ne le font pas méchamment, elles ne sont pas faites pour ça. Là est le problème. Dans nos temps troublés par les crises à répétition qui, en fait, ne font qu’une seule et même crise qui nous a délivré à maintes reprises des symptômes différents caractérisant le même mal, nous sommes tellement mobilisés sur nos soucis quotidiens que nous n’en voyons plus ceux qui touchent au moyen et long terme.

 

Pourquoi cette question aujourd’hui ?

Il s’avère que durant sa campagne électorale présidentielle, l’inventeur du Gouda, Mr Hollande, a visité à plusieurs reprises l’Allemagne. Bien entendu, ce fût en tout bien tout honneur qu’il rencontra ses amis socialistes allemands mais fait moins remarqué mais tout aussi intéressant et certainement plus, il rencontra aussi les « rois » de l’industrie triomphante allemande, les barons des bourses germaniques, les riches industriels qui nous demandent de jouer la compétitivité avec nos salaires pour qu’ils puissent augmenter les leurs et qui font qu’aujourd’hui les Allemands n’ont plus de salaire minimum et que leurs revenus ont baissé de vingt à trente pour cent.

C’est comme cela que début mars, Hollande va outre Rhin pour partager un moment de haute intensité avec des gastronomes en culottes de daim qui vont lui dire la messe, leur messe… Peter Löscher (Siemens), Hans Peter Keitel (patron du BDI, le Medef sans la jupe), Paul Achleitner (Deutsche Bank), Johannes Theyssen (EON). Le diner voit deux autres convives qui se joignent aux joyeux drilles teutons et notre nouveau président en quête de filons qui lui permettront de sortir d’une crise qu’il a participé à créer. Ces deux compères n’étaient autres que Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll qui porte bien son nom.

Quand le onze juin dernier, le président du conseil de surveillance de Siemens et Thyssen-Krupp, encourage notre guimauve à persister dans la rigueur et la compétitivité, entouré de grands patrons allemands et français, Hollande ne fait que poursuivre un débat commencé plus tôt chez ses hôtes.

 

Mais là n’est pas l’intérêt de cette rencontre pour nous autres les payeurs… Ce qui aurait dû nous intéresser se situait ailleurs… Qui est ce Macron, Le Foll on connait, pas d’inquiétude, mais ce gars là ? Et puis qui a monté et mis en scène le spectacle qui nous est offert ? Jean-Louis Beffa, ancien patron de Saint Gobain, membre du conseil de surveillance du « Monde », est le grand ordonnateur de cette sympathique réunion entre les patrons français et allemands qui, de toute façon, vont se réunir une nouvelle fois, sur le port de Saint-Tropez où leurs yachts sont bien rangés et bien propres comme chaque année.

Et le problème est là ! Un grand patron ne connait que des grands patrons. Lorsque ce grand patron présente, introduit (en tout bien tout honneur… quoique), un homme politique à ses pairs, croyez-vous qu’il n’a pas d’idée dans, autour et derrière la tête. Bien sur qu’il en a et toujours les mêmes, celles de sa caste.

Mais tout ça ne pouvait se faire sans l’accord du conseiller spécial de Chamallow… Emmanuel Macron, un nom qui sonne comme un textile synthétique, est le secrétaire général adjoint de l’Elysée mais beaucoup oublient de dire qu’il est aussi associé gérant chez Rothschild et Cie. Comment voulez-vous que notre bibendum soit pressé de doubler le capital déposable sur les livrets d’épargne alors que le roi des spéculateurs et de l’évasion fiscale est son conseiller. Tous les banquiers qui s’occupent de gestion de fonds sont équipés de services juridiques internes et externes capables de vous monter, en quelques minutes, une fondation à Vaduz, une société anonyme aux Bahamas, un holding au Luxembourg, une petite offshore en Irlande ou dans les îles Anglo-Normandes. Et il est conseiller d’un président de gauche, de notre président de gauche, qui va nous serrer la ceinture comme l’aurait fait n’importe lequel des abrutis de droite. Le ver est dans le fruit, le propriétaire du  fruit en question le sait mais son intérêt est de vendre le fruit et donc de taire qu’il est rongé de l’intérieur. Les acheteurs en puissance… C’est nous !

 

Donc, comme on peut le voir, nous sommes mal partis, avant même la fin d’un état de grâce qui n’a jamais commencé, nous sommes trahis depuis avant son élection, maintenant nous allons déguster.

Les abandons et les cadeaux offerts aux pétroliers et en particulier à Shell nous avaient donné le ton, mais la partition n’est pas terminée, la curée que les néolibéraux continuent d’espérer va certainement avoir lieu.

Soyez prêts, frères humains, votre monde se mourra si vous ne le protégez pas. Votre avenir est entre vos mains pas entre celles des grands patrons ou des politiciens de tout poil.

Vos libertés disparaissent de jour en jour un peu plus et vous fermez les yeux sur cette misère pour en obtenir une fausse sécurité dont vous n’avez pas besoin.

 

En conclusion, « Big is not beautiful, big is awful. Because it is selfish and profit making oriented » (en Français, ce qui est grand n’est pas beau, c’est affreux. Parce qu’il ne pense qu’à lui et est orienté uniquement sur ses profits).

 

Haroun.

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