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Editôt ou éditard (23)…

Les Grecs et la troïka

 

La troïka est un ensemble de trois choses. Les Grecs sont un ensemble de presque dix millions d’habitants. Enoncé du problème : soumettre l’ensemble des Grecs à l’ensemble de la troïka. Cette mathématique moderne ne suffit pas à expliquer comment les trois clowns, qui composent la troïka, espèrent faire avaler aux Grecs que le travail hebdomadaire doit passer à six jours… Quel bon en avant pour un pays au bord du précipice…

 

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Nos amis Grecs ont un sens de l’humour qui tend à s’émousser depuis que l’Europe, aidée en cela des corrompus qui tiennent le pouvoir dans leur pays merveilleux, essaie de les faire rester de force dans une communauté qui n’a plus de sens et qui ne survit que par des traitements de plus en plus radicaux. Je peux le comprendre, je crois même que je n’aurais plus d’humour du tout si j’étais à leur place que personne n’envie. Alors depuis une dizaine de jours l’offre avait été faite, par la célèbre troïka, de rétablir la santé grecque en appliquant une liste de mesures aussi drastiques qu’incongrues. Une quinzaine de propositions avaient donc été donnée par la Commission Européenne, le FMI (fonds monétaire international) et la BCE (banque centrale européenne) aux politichiens grecs qui tiennent les rênes de plus en plus élimées de ce peuple exsangue. Parmi ces propositions l’une a attiré mon attention, le passage à la semaine de six jours de travail. Il s’agit en fait de relever la durée légale du travail à six jours. Conséquence immédiate en cas de réalisation de cette demande, une baisse réelle des salaires (d’environ 20 %) par la disparition des heures supplémentaires qui ajoute, en théorie, une flexibilité qui permettra une compétitivité accrue des entreprises grecques.

 

Premier souci ; la Grèce n’est plus, depuis déjà un certain temps, un pays industriel et cela ne touchera finalement que les 6 à 7 % que représente l’industrie manufacturière hellène. Autrement dit, encore un coup d’épée dans l’eau pour sortir de la crise mais… Mais l’application de cet allongement de la durée de travail servira dans les services et dans le reste de l’économie et en particulier dans l’agriculture. Si l’on ajoute à cela une baisse des charges sociales pour les entreprises de 5 %, quinze jours de congé donnés n’importe quand dans l’année pour des besoins saisonniers, on imagine dans quel état va se retrouver le pays dans quelques temps. S’il est vrai qu’une réforme du travail doit se faire tant en Grèce qu’en France ou partout, pourquoi doit-elle se faire uniquement sur le dos des salariés sans aucune atteinte aux profits des actionnaires ni à leurs droits et devoirs. On a un peu l’impression de voir les progrès de la compétitivité se faire financer par ceux qui en tirent le moins d’avantages et c’est un doux euphémisme.

 

Deuxième souci ; ce qui gêne la Grèce ne repose pas sur la durée du travail mais en la capacité des gens à acheter des biens produits par les entreprises locales. Les salaires sont ridiculement bas et ne suffisent plus à faire vivre les sociétés qui n’investissent plus. Même si les salariés travaillaient 24 heures sur 24 cela ne changerait rien, les Grecs ne pourraient pas acheter plus qu’ils ne le font faute de moyens. Alors est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer comment ces braves gens pourront se sortir de l’ornière où leurs gouvernements successifs les ont précipités.

 

Voilà ce qui attend tous les pays d’Europe les uns après les autres, nous sommes au début de cette nouvelle organisation de la récession volontaire que nos politichiens nous promettent et pour une fois, ils tiendront cette promesse.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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