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Editôt ou éditard (38)

Vive l’Algérie fran… Oups… Algérienne !

Maintenant que le soufflet est tombé et que l’ambiance s’est un peu calmée, suite au voyage du VRP de la République bananière Française au pays des contrats de gaz et plus si affinité, nous pouvons peut-être faire un vrai point sur ce que nos hommes d’affaires ont rapporté de notre ancienne colonie. Entre les heureux de la rencontre franco-algérienne et les nostalgiques de l’Algérie française, seuls les faiseurs d’argent ont eu droit à la parole apparemment.

 

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C’est une vraie foire commerciale que notre Culbuto 1er avait emmené à Alger pour faire de sa prestation politique une probable relance commerciale. Démarche qui ferait le plus grand bien à toutes les multinationales qui ne paient pas d’impôts ou presque mais qui financent avec joie les campagnes électorales de nos édiles et autres voyous. Donc cet aréopage de gens riches et biens sous tous rapports, comme diraient de putatives belles-mères en lorgnant sur un beau parti pour leur dernière fille à marier, s’est promené aux frais de la princesse pour aller convaincre les Algériens des bienfaits de leurs produits, aussi inutiles que porteurs de profits, pour leurs vendeurs bien entendu. Et oui, nos présidents de pacotille se sont changés, il y a déjà longtemps, en représentants de commerce, ils ne vivent que des prébendes qu’ils tirent des avantages de leurs positions et en particulier de celles offertes par les plus grands bénéficiaires du système consumériste, les sociétés multinationales. Rien qu’à voir le peu de propos de gauche assuré par notre président d’opérette lors d’un dîner offert par une soixantaine de chefs d’entreprises parmi les plus grasses ces derniers jours, il ne faut rien attendre d’un type qui sort de l’éna, il est sorti du moule des profiteurs et, même s’il a été démoulé trop chaud et en a gardé un flegme qui lui va si bien, il n’en est pas moins un adepte de la gestion libérale et croissansiste à l’extrême.

 

Revenons à l’Algérie. Qu’est-il allé faire dans cette galère, s’exclamerait Géronte ? Il devait, pour essayer une fois de plus de remplir son contrat de 0,8 % de croissance l’an prochain, chercher des clients suffisamment argentés pour nous acheter des peccadilles qui donneront un peu de travail et beaucoup de profits à ses bailleurs de fonds du CAC 40. Donc, s’il voulait arriver à ses fins, il devait en passer par quelques sacrifices d’ordre politique. C’est ce qu’il fit, avec brio, en léchant du petit orteil jusqu’au sommet du crâne son alter ego algérien, c’en était presque gênant pour tous sauf pour lui qui recevait en échange autant de compliments que lui avait répandu de bave. Les qualités qu’il a trouvées chez son interlocuteur et qu’il a égrenées durant ces quelques petits jours devant des caméras algériennes et françaises qui n’en perdaient pas une miette, lui ont permis de ne pas avoir à s’excuser des torts du gouvernement socialiste qui commença la guerre d’Algérie. Il y eut bien quelques propos généraux sur les méfaits de la colonisation et des guerres nécessaires pour les supprimer mais ce n’est que du pipi de chat à côté de ce qu’attendaient nos frères algériens. Ne croyez pas que je sois de ceux qui s’autoflagellent à plaisir, non, absolument pas, mais il faut ce qu’il faut. Notre façon d’aller cirer les chaussures de ceux que nous avons exploités n’est-elle pas une réminiscence d’un colonialisme qui ne veut pas dire son nom. C’est un néo-colonialisme économique qui est mis en place, et depuis déjà longtemps et lors de ce voyage ce n’en était qu’un exemple de plus. Or, on ne peut s’excuser d’avoir colonisé si on continue de le faire. C’est exactement le paradoxe que Culbuto 1er devait résoudre durant cette balade nord africaine.

 

De plus, la condescendance dont nous faisons preuve dans nos rapports avec nos ex-colonies, y compris l’Algérie, prouve bien que nous n’avons rien perdu de notre superbe et que nos complexes de supériorité sont bel et bien toujours omniprésents. Les blancs, surtout les chrétiens et en particulier les catholiques, sont de toutes les façons les meilleurs, n’est-ce pas, monsieur de l’Internationale Socialiste qui a son ex-compagne qui en assume la représentation de la France dans ses instances mondiales. Désolé de contrarier les analyses faites autour de ce voyage au pays des merveilles, nous nous prostituons aussi bien devant les Algériens que nous le faisons devant les autres états du Golfe et en particulier le Qatar. Un peu de belles paroles pour attirer le business, le sacrifice est léger et les gains peuvent être salvateurs dans une situation économique proche du chaos.

 

Ce qui est regrettable dans tout cela, c’est que nos frères algériens ne sont pas aussi satisfaits que leur président, et, ce sont bien eux que nous devions assurer de nos regrets et leur confirmer que nous sommes bien maintenant en paix dans le cadre d’une égalité totale entre nous. Cela n’a pas été fait. Point de discussion sur la culture, sur les relations durables, celles qui ne sont pas construites par les commerçants, toujours un discours utilisateur et manipulateur du colon vis-à-vis des sous-êtres que sont les colonisés. Pas un mot non plus des droits de l’homme et de la liberté d’opinion. Surtout pas de vilains mots qui fâchent, hein mon bon Culbuto, toujours aussi cool hein mon gros…

 

Quand les politiciens comprendront-ils que nous sommes conscients de leur médiocrité et que sans notre résignation outrancière, ils seraient depuis longtemps en train de moisir dans les prisons qu’ils remplissent de gens qu’ils ont eux-mêmes éliminés de leur univers ? Ils l’ont compris mais savent que notre résignation, justement, est plus importante que notre colère.

Quand changerons-nous ? Moi c’est fait, et vous ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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