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Editôt ou éditard (67)

Aujourd’hui, mon éditorial est à la fois un conseil de lecture et un exemple de ces comportements humains que j’exècre le plus. Si vous lisez le livre que je vous conseille très amicalement, et sans aucun autre intérêt ni raison que de vous faire partager un moment de bonheur, une étape dans l’itinéraire majestueux qui vous mène au nirvana, autre nom du paradis inspiré par la culture indienne, vous comprendrez pourquoi j’ai choisi aussi l’évènement que je réprouve. Là est la surprise…

 

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Tout d’abord, comme nous le faisons traditionnellement pour annoncer deux nouvelles, dont l’une est bonne et l’autre moins, je vais débuter par la mauvaise, celle qui m’a donné un haut le cœur et qui devrait faire rougir de honte son auteur qui, malheureusement pour lui, en est parfaitement incapable. Pour avoir honte encore faut-il en être apte, ce personnage, ministre d’état de notre pays de cocagne, premier policier de France, est Manuel Valls, personnage original du parti socialiste où il n’a pas que des amis. Figurez-vous que ce gaillard qui se trouve à l’aile droite du PS aussi à l’aise que l’énarque Florian Philippot au poste de vice-président du FN a pris la grosse tête. Somme toute rien de bien nouveau chez ces gens qui n’ont jamais connu du travail que la participation à des mouvements politiques, qui les menèrent sur des parcours où seule la langue est un outil de labeur qui leur permet de mieux gagner leur vie qu’à exercer une fonction relative à leurs autres compétences, pour ceux qui en ont s’entend. Licencié d’histoire, il sait en faire… des bonnes et des moins honorables, la dernière en date n’est pas piquée des hannetons. Pour entrer dans son ministère, place Beauvau, il fallait jusqu’à ce jour passer par la grande grille de la place en question. Qui passait par la grande porte ? Tout un chacun, de l’huissier au ministre. Or, piqué par je ne sais quelle trouille sécuritaire ou autre fadaise dont il a le secret, il décide via son directeur de cabinet que cette porte ne sera utilisée que par les sommités du ministère qu’il dirige de main de maître, à l’image de ses prédécesseurs, Guéant et Sarkozy qui ont comme principal point commun les casseroles que chacun sait, à croire que la fonction crée l’organe… Pour un socialiste, faire ainsi une dichotomie hiérarchique aussi marquée et aussi ridicule est un péché mortel. Où sont donc les grands principes d’antan où l’égalité et la fraternité, termes toujours présent dans la devise de notre nation, devaient sans cesse être présentes dans les rapports entre les êtres et encore plus particulièrement lorsqu’ils s’agit de personnes partageant le même lieu de travail et le moyen d’y accéder ? Peu importe les prétextes invoqués pour changer l’itinéraire du vulgum pecus, qui transpire autant que ses supérieurs et peut-être plus, il apparait absolument nul que des fonctionnaires perdent leur temps à révolutionner de si petites choses mais qui ont une importance réelle pour ceux qui en sont victimes. Les manants devront passer par les rues adjacentes pour pénétrer dans l’antre où réside le chef et sa cohorte de factotums.

Le ridicule ne tue pas, malheureusement. Il y a fort à parier que c’est sa peur des Roms qui le pousse à se barricader de la sorte, ne pensez-vous pas ? Valls est arrivé à son troisième temps, celui de la décadence intellectuelle et je vous avoue que je trouve cette valse là bien navrante.

 

Voilà enfin une bonne nouvelle, j’ai lu d’un trait un petit livre de rien du tout qui est composé de sept nouvelles toutes aussi courtes que magnifiques. Celles-ci ont été écrites entre 1903 et 1948 par Hermann Hesse. Ce nom ne dira peut-être pas grand chose à la majorité d’entre vous, ses œuvres ne parvenant pas à entrer dans les programmes d’abêtissement développés par nos ministres de l’éducation nationale, au bénéfice de nos chères têtes blondes qui ne doivent connaître rien d’autre que les lois du marché et les réseaux sociaux stériles et vides de sens. Ces nouvelles sont intenses, riches de symboles et propres à vous donner l’envie de vivre, à l’inverse de beaucoup d’ouvrages modernes qui vous font apprécier la dépression. Vous retrouverez dans l’une d’entre elles la description du père de l’auteur, celle-ci nous montre un homme comme nous aimerions en avoir aux rênes de notre pays, avec un charisme qui n’a pas pour échelle de valeur les sondages d’opinion ou les audiences médiatiques. Je ne peux vous en dire plus sans être flagorneur, j’adore cet auteur et il dit simplement de grandes choses alors que le monde dans lequel nous vivons est cerné par des pleutres qui compliquent à loisir des procédés aussi bas et ridicules que ceux qui les déversent en permanence sur nos écrans de télévision.

Comme d’habitude, les livres que je conseille sont peu coûteux. Il s’agit de « L’homme qui voulait changer le monde » de Hermann Hesse, n° 3442 dans la collection biblio roman des livres de poche. Il ne vous en coûtera que 6 €, mais après lecture, sa valeur est grandiose.

 

A vos portemonnaies…

 

A bon entendeur, devenez sourd.

 

Haroun.

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