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Editôt ou éditard (75)

Le Parisien, journal hautement objectif et dont les compétences professionnelles sont au journalisme ce que la loyauté est à Culbuto 1er, autrement dit complètement étrangères, nous parle aujourd’hui de notre façon d’être moderne et de passer d’une langue faite pour le débat d’idées à une langue construite uniquement pour l’efficacité et le « money making », la façon de faire de l’argent. Les anglicismes dont nous nous réjouissons de garnir nos conversations nous donnent non seulement l’air c… mais prouve aussi que nous risquons de l’être vraiment.

 

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Quelle mouche a piqué le journaliste du Parisien, lui qui d’habitude s’échine à vouloir paraître plus intelligent qu’il n’est, et tous les Dieux savent que c’est facile, il suffit de prendre un air entendu et de dire quelques mots sans intérêt dans la langue de Shakespeare. C’est comme ça dans le monde des « stars », des « people », des gens qu’on nous montre à la télé, qu’on écoute à la radio et dont les têtes d’enfants gâtés couvrent toutes les couvertures et les articles « jet set » des magazines à grand tirage, ce qui est bien pour les cheminées par ces temps hivernaux. Le chérubin s’étonne de la quantité extravagante de mots d’origine anglaise à la télé… C’est à croire qu’il n’est jamais sorti de sa tanière depuis des décennies… Le royaume du politiquement correct impose les mots que l’on ne comprend que très partiellement, l’idéal serait que les gens ne les comprennent pas du tout mais il est difficile de rendre les êtres stupides en quelques dizaines d’années, même une ou deux centaines d’années. Heureusement il faut quelques générations avant d’atteindre le but ultime de tous les gouvernants de la planète, nous rendre bêtes à manger du foin. Pour l’instant nous le fumons seulement mais il ne faut pas désespérer, on va y arriver à devenir des bœufs, c’est tellement facile, cela ne demande aucun effort. Nos gouvernants se réjouissent de nous voir comprendre de moins en moins bien le monde qui nous entoure et font ce qu’ils peuvent pour nous envoyer dans l’enfer de la bêtise, celle qui touche les consommateurs sans cervelle que nous sommes devenus, des lobotomisés rien de moins rien de plus. La première méthode pour obtenir satisfaction de la part de nos présidents, ministres et autres corrompus qui garnissent nos assemblées et hauts comités, est de détruire l’école, pas seulement en faisant des programmes stériles et lobotomisants, en faisant simplement de l’école l’inverse de ce qu’elle devrait être. Les anglicismes ne sont que le fruit d’une mode qui naquit il y a fort longtemps, très longtemps…

 

La question que l’on devrait se poser est « pourquoi les Français entretiennent-ils un rapport amour-haine avec les Américains et depuis quand ? » C’est une question diablement intéressante n’est-ce pas ? Trouvez un peuple qui dit autant de mal des Américains, je rigole mais à peine, que celui de notre beau pays, mais qui copie la façon de s’habiller, de manger, de boire, de consommer et bien évidemment de parler de ceux qu’ils envoient aux gémonies à longueur d’année. Vous n’en trouverez pas beaucoup de ces peuples-là, qui haïssent et aiment à la folie les mêmes gens. Chez nous c’est comme ça, on critique tout ce qu’ils font, la plupart du temps à raison, mais nous faisons de même, original non ? Cela remonte à La Fayette, pas celui des galeries, non, non, celui qui alla donner un petit coup de main aux colons rebelles qui vivaient en Amérique du nord et qui ne voulaient plus entendre parler du royaume d’Angleterre… Comme on les comprend, voilà un autre peuple que nous détestons cordialement aussi… les rosebifs… oups… les Anglais. La Fayette non seulement leur porta assistance mais leur permit, contrairement à ce que disent certains incultes de la télé, de créer la première République moderne en 1781, alors qu’il nous fallut attendre 1789 pour en espérer une bien à nous mais comme Poulidor… en second ! Eh oui, leur indépendance s’est faite le 4 juillet 1776, le 15 novembre 1777 le Congrès Continental adopte un document qui comprend un préambule et treize articles : les « Articles de Confédération » (The Articles of Confederation) rédigés par une commission présidée par John Dickinson, que tous les États adoptent (excepté le Maryland), ratifiés par tous et entrés en vigueur le 1er mars 1781, jusqu’à la date de son remplacement par la Constitution des États-Unis en 1789. Donc la première république moderne est née le 1er mars 1781 chez les ricains…

 

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Voilà pourquoi nous sommes jaloux, nous les avons aidés et malgré notre avance remarquable, notre aisance extrême dans tous les débats et joutes oratoires, nous n’avons pas été capables de mener à bien toute la réflexion de nos philosophes et le travail de sape de la monarchie qu’avaient commencé les Lumières. Mais nous ne devons pas être jaloux car leur langue est simple, sans sophistication, sans les modulations que permet la nôtre. Leur langue, pas celle de Shakespeare, celle des Américains, elle est très différente aujourd’hui, n’est que le reflet de leur recherche inextinguible d’efficacité et de résultats. Notre langue est faite pour réfléchir et pour débattre… Aucune raison de comparer l’incomparable…

 

L’Anglais parlé des Américains est la langue des affaires, simple et directe, le Français est celle de la philosophie, intense, riche et où chaque mot a de multiples sens qu’il faudrait tous connaître pour bien la parler… Pas de combat possible, nous ne jouons pas dans les mêmes catégories…

 

Il faut simplement faire son choix entre devenir stupide ou devenir libre… Là est l’enjeu !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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