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Editôt ou éditard (83)…

Loin de vouloir me moquer des conséquences désastreuses que provoquent encore aujourd’hui les intempéries, je voudrais attirer l’attention de mes quelques lecteurs sur le fait que là aussi nous sommes responsables, au moins en partie, de ce qui nous arrive. Nous avons pris pour habitude de dire que le temps, le climat, la nature ne peuvent être maîtrisés. C’est vrai, mais, là aussi, en partie seulement. Tout d’abord ce n’est pas parce qu’on le dit qu’on n’essaie pas de le faire, secondairement, même si nos tentatives semblent ridicules, elles ont des conséquences dont on ne connait pas exactement les limites…

 

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Quand nous avons supprimé toutes les haies qui délimitaient les parcelles de terres arables, que ce soit pour des raisons administratives telle que le remembrement, ou des justifications productivistes en réalisant des immenses plaines que des tracteurs géants pouvaient labourer avec des charrues à vingt socs, nous avons aussi supprimé ce qui fixe les eaux de pluie un temps nécessaire à leur imprégnation profonde de ces mêmes terres. Plus de haies, plus de bosquets, l’eau ne trouve rien pour l’arrêter et s’écoule en grossissant toujours plus au fur et à mesure de sa progression vers des niveaux moins hauts. En plus de détruire la faune et la flore, les gains de productivité ont aussi détruit le monde agricole et lui ont donné une facette industrielle qui ne lui appartient pas. L’agriculture est liée au temps, au climat, pas aux cadences infernales calculées et décidées par des hommes avides d’argent. Tellement avides d’argent que ces mêmes hommes sont ceux qui autorisent des constructions dans des zones inondables, si près des lits des rivières et des côtes que la moindre tempête met tous les habitants de ces maisons, qui ne devraient pas être là, en péril, ainsi que ceux qui y vivent. Alors j’entendais un propriétaire de maison inondée dire qu’il savait que ce risque existait mais il espérait que cela n’arriverait pas. Triste sort que celui réservé à un être qui sait et qui fait l’opposé de ce qu’il devrait en fonction de son savoir. Je le plains mais je lui dis aussi qu’il faut qu’il assume ses responsabilités et que les assurances qui sont une solidarité entre les gens ne devraient pas lui rembourser ses dégâts. S’il ne le savait pas, il pourrait y avoir droit mais le fait de savoir le rend responsable.

 

Or la responsabilité a disparu, corps et bien, de notre société. Plus personne n’est responsable de rien et la faute est toujours renvoyée à des groupes diffus de gens, à des institutions dont les « responsables » ne le sont pas et sont encore moins coupables. Bien entendu, nous sommes tous responsables, ne serait-ce que d’avoir donné le pouvoir à des mécréants. Ceci est de notre responsabilité pleine et entière et nul n’a le droit de se plaindre s’il n’a jamais rien fait pour que cela change. Et même si nous ne pouvons pas arrêter ces décideurs sans responsabilité, nous pouvons partir, nous pouvons disparaître de leur vue et ne pas jouer au jeu maudit qu’ils nous réservent. J’ai aussi l’habitude de dire mais je reconnais que cela est un peu « dur », rien ne peut nous contraindre à vivre des vies que nous ne souhaitons pas, et si la lutte ne suffit pas, mieux vaut mourir libre que vivre dans la honte et la résignation. Là nous touchons à un second symbole de notre déliquescence, après la responsabilité l’esprit de sacrifice a disparu également. C’est d’autant plus triste que ce n’est pas un sacrifice que de vouloir donner à nos enfants un monde meilleur que celui que nous avions… Non, ou je me trompe ?

Une grande sècheresse sévit en Californie, la vallée centrale qui court du nord au sud de cet état américain est dans un état pitoyable. Des forêts sont tellement sèches qu’un simple regard embrasé suffirait à les changer en d’horribles et interminables incendies. Des tempêtes de neige sévissent dans les états du nord-est des USA, des ouragans sont de plus en plus nombreux sur le sud-est et le golfe du Mexique. Le Royaume Uni est sous les eaux tout comme la France et les pays voisins. Obama a décidé de lutter contre le réchauffement climatique, le pôvre, il vient de découvrir à quel point son pays avait nui à la planète entière et comment son « American Way of Death » a empoisonné le monde dans une course à la consommation sans fin. Ils sont en cela copiés par tous ces pays émergents qui ne veulent pas être en reste et profiter d’un amoncellement de biens qui donne tout sauf le bonheur. Obama se moque de nous tous, les humains, il ment comme d’habitude, il est de plus suivi par tous les petits esclaves qu’il a à sa disposition pour accomplir la destruction de la planète que le productivisme a planifiée, j’espère, sans le savoir. Même si le climat a des cycles dont nous ne dominons ni les raisons ni les amplitudes, notre intervention permanente et irréfléchie sur la terre, qui nous a donné la vie, donne des résultats absolument contraires à nos propres intérêts d’utilisateurs de cette même terre dont nous ne sommes que les locataires de nos enfants qui le seront des leurs.

 

Je vous donne un autre exemple, les terres arables diminuent chaque jour un peu plus en surface mais aussi en profondeur. La culture intensive a fait retirer toutes les haies et a permis à des tracteurs toujours plus gros et plus lourds de tirer des charrues à n’en plus finir. Les terres se tassent en profondeur et deviennent imperméables, ce qui génère des courants d’eau de ruissellement qui dévastent les prés et les champs pour aboutir dans les lits des rivières qui débordent à leur tour. Le fait de retirer tous les insectes vivants de la terre retirent aussi les aérations de cette même terre dues à la circulation de ces millions de vers et autres petits animaux, autre facteur de tassement. Donc plus la terre est dure et plus nous devons donner de puissance à nos tracteurs qui s’alourdissent et plus ils sont lourds, plus ils tassent la terre qu’ils écrasent et plus il faut des tracteurs encore plus puissants. Plus la terre est dure et plus le labourage devient difficile, et donc on augmente encore la puissance de nos engins qui s’alourdissent encore plus et plus ils sont lourds, plus ils tassent la terre qu’ils écrasent et plus il faut des tracteurs encore plus puissants. Etc, etc, etc…

 

Mais jusqu’où s’arrêteront ils ? Disait Coluche… Je lui réponds : au diable !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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